Une affaire explosive secoue la diplomatie française. Lors de la présidentielle gabonaise de 2016, le quartier général de l’opposant Jean Ping avait été attaqué dans des conditions dramatiques, faisant des dizaines de morts et de blessés. Une élection qui avait plongé Libreville dans le chaos après la réélection controversée d’Ali Bongo. Selon le site du magazine Marianne, dans sa rubrique Monde/Afrique, le ministère français des Affaires étrangères aurait freiné l’enquête visant à identifier l’implication de ressortissants français. Sur 315 documents jugés pertinents, seulement 35 ont été transmis aux magistrats, alimentant les soupçons d’une justice sacrifiée au profit des intérêts diplomatiques.
Le dossier au centre des révélations : l’attaque sanglante du quartier général de l’opposant Jean Ping. Selon les témoignages, des hélicoptères ont ouvert le feu avant que des hommes cagoulés n’envahissent les lieux, faisant des dizaines de morts et de blessés. L’enquête française cherchait à déterminer si des ressortissants français, notamment un ancien officier de l’armée de terre devenu conseiller du régime, étaient impliqués dans ce massacre.
Mais l’instruction a buté sur un mur. Sur 315 documents jugés essentiels, le Quai d’Orsay n’en aurait transmis que 35, soit à peine 11 %, après plusieurs mois de rétention. Des alertes internes dénonçaient déjà un manque de coopération « très visible », pointant la responsabilité de hauts responsables de la diplomatie française.
Aujourd’hui, la France est accusée d’avoir sacrifié la justice sur l’autel de ses intérêts diplomatiques et économiques au Gabon. Fin 2024, un signalement pour entrave à la justice a été déposé auprès du parquet. L’affaire relance les interrogations sur la solidité des liens franco-gabonais et sur l’influence persistante de la Françafrique.
Dans cette enquête où politique, diplomatie et justice se croisent, les révélations pourraient encore faire trembler les relations entre Paris et Libreville.



