Réuni sous le thème « Restructuration et Redynamisation », le Parti gabonais du progrès (PGP) a tenu son 5ᵉ congrès ordinaire le 6 juin dernier à Libreville. À l’issue des travaux, les congressistes ont renouvelé leur confiance à Benoît Joseph Mouity Nzamba, réélu président du parti avec 95,65 % des suffrages, afin de poursuivre la direction de cette formation politique fondée par feu Pierre Louis Agondjo Okawé.
Ce congrès marque une étape importante dans la vie du PGP, près de vingt ans après l’annulation de ses précédentes assises à la suite d’un conflit interne ayant opposé Benoît Joseph Mouity Nzamba à Séraphin Ndaot Rembogo. Cette crise avait finalement consacré la légitimité du premier à la tête du parti.
Devant les militants venus de l’ensemble du pays ainsi que plusieurs responsables de l’opposition réunis dans la salle des fêtes Samba, le président du PGP a livré un discours fortement marqué par une critique du contexte international et national. Selon lui, les rapports de domination entre les grandes puissances continuent de peser sur les peuples africains, notamment à travers l’exploitation de leurs ressources naturelles.
Évoquant la situation du Gabon, Benoît Joseph Mouity Nzamba a dénoncé un système qu’il estime favorable à une minorité privilégiée au détriment de la majorité des citoyens. Il a également rendu hommage aux résistants gabonais qui ont combattu la colonisation, rappelant que la création du PGP en 1990 s’inscrivait dans cette continuité historique de lutte pour la souveraineté et la justice sociale.
Le dirigeant progressiste a par ailleurs rappelé que le PGP demeure un parti national, démocratique, populaire et de gauche, attaché au rassemblement des forces vives du pays. Revenant sur la transition politique ouverte en août 2023, il a estimé que les attentes des populations n’ont pas été satisfaites, évoquant une « désillusion » face à la persistance des difficultés économiques et sociales.
Selon lui, le thème de ce congrès traduit la volonté du parti de se restructurer afin de renforcer son rôle au sein de l’opposition, notamment à travers la Coalition pour la nouvelle République (CNR), dont il est membre.
Prenant la parole, le président de la CNR, le professeur Vincent Moulengui Boukossou, a salué la tenue de ces assises tout en exprimant ses inquiétudes sur l’évolution du pluralisme politique au Gabon. Il a rappelé le rôle historique joué par le PGP dans le retour du multipartisme au début des années 1990 avant de dresser un tableau critique de la situation nationale, évoquant le chômage des jeunes, les difficultés économiques, l’endettement, les insuffisances des services publics ainsi que les problèmes persistants d’accès à l’eau et à l’électricité.
Pour le responsable de la CNR, ce 5ᵉ congrès doit permettre au PGP de consolider son organisation et de définir une stratégie politique durable en faveur d’une alternance démocratique. La réélection de Benoît Joseph Mouity Nzamba ouvre ainsi une nouvelle étape pour cette formation politique, qui entend renforcer sa présence sur la scène de l’opposition gabonaise.
Par C.O




