En marge du sommet Africa Forward 2026, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a multiplié les rencontres stratégiques de haut niveau, confirmant la montée en puissance de la diplomatie gabonaise sur la scène africaine et internationale. Entre coopération économique, souveraineté industrielle, intégration régionale et ambition panafricaine, la séquence de Nairobi marque une nouvelle étape dans le repositionnement diplomatique du Gabon.
Après son tête-à-tête avec le président français Emmanuel Macron, le président Brice Clotaire Oligui Nguema s’est ensuite entretenu avec son homologue ivoirien Alassane Ouattara, réaffirmant la solidité des relations historiques entre Libreville et Abidjan, héritées des présidents Félix Houphouët-Boigny et Omar Bongo Ondimba. Les échanges ont porté sur le renforcement des investissements ivoiriens au Gabon, la souveraineté alimentaire avec l’objectif de mettre fin aux importations de poulet dès 2027, ainsi que sur la candidature du Gabon à l’organisation du sommet de coordination de l’Union africaine en 2027, soutenue par les nouvelles infrastructures du Palais des Congrès Omar Bongo Ondimba.
À Nairobi, le chef de l’État gabonais a également tenu une importante réunion économique avec Christel Bories, dirigeante du groupe Eramet, maison-mère de la Compagnie minière de l’Ogooué.
Cette rencontre a permis de confirmer l’engagement du groupe en faveur de la transformation locale du manganèse gabonais, conformément à la doctrine présidentielle visant à valoriser les ressources naturelles sur le territoire national. « Il y aura de la transformation de minerai de manganèse au Gabon », a affirmé Christel Bories à l’issue de l’entretien, annonçant également une nouvelle phase de financement pour la modernisation du Transgabonais, infrastructure jugée essentielle à l’industrialisation du pays.
Le Gabon entend ainsi tourner progressivement la page du modèle purement extractif pour bâtir un véritable écosystème industriel créateur d’emplois et de valeur ajoutée locale. Cette stratégie s’inscrit dans un calendrier fixé par les autorités gabonaises, avec pour horizon la fin progressive des exportations de manganèse brut à partir de 2029.
Enfin, le président gabonais s’est entretenu avec son homologue kényan William Samoei Ruto afin de renforcer l’axe de coopération entre Libreville et Nairobi. Les discussions ont porté sur l’éducation, la coopération Sud-Sud et l’intégration africaine.
Le chef de l’État gabonais a notamment salué la qualité du système universitaire kényan et exprimé sa volonté de diversifier les destinations de formation des étudiants gabonais vers les grandes institutions africaines. Les deux pays ont également mandaté leurs équipes techniques pour travailler à la formalisation d’un accord de coopération bilatérale.
Au-delà des dossiers sectoriels, cette séquence diplomatique dense illustre la vision portée par le président Oligui Nguema : une Afrique conçue comme « un continent d’opportunités, d’innovation et de transformation », fondée sur des partenariats équilibrés et une coopération africaine renforcée.
De la France, à la Côte d’Ivoire, puis au Kenya, en passant par les grands groupes industriels internationaux, le Gabon entend désormais conjuguer diplomatie politique, souveraineté économique et leadership continental, avec l’ambition affirmée de redevenir un acteur central des grandes dynamiques africaines.



