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Budgétisation par Objectifs de Programme (BOP) : BOA jette l’éponge !

Le 1er janvier 2015, le Gabon avait basculé dans la BOP. Censée faire passer le pays d’une gestion de moyens à une gestion de résultats et de performance, la BOP a été indexée par BOA, lors du conseil des ministres du 17 mai dernier, comme étant la cause de l’échec de ses promesses d’un Gabon émergent : logements sociaux, infrastructures routières, modernisation de l’administration, Gabon industriel, des services et vert…

 

Incroyable mais pourtant vrai, quand on sait comment BOA et ses sbires (Manfoumbi, Otandault Adjahou…) ont chanté les mérites de la BOP et fait perdre des milliards de Fcfa au contribuable pour imposer la mise en place de ce système budgétaire que d’autres vrais pays ont vite fait de récuser après l’avoir essayé dans certains secteurs pilotes sans prendre le risque de le généraliser dans toute l’administration. Un apprenti sorcier qui voulait passer pour le « bon élève économique » de la sous région, mais qui vient de capituler après trois ans d’essai forcé.

 

La gestion chaotique des finances publiques sous BOA

 

C’est bien l’un des domaines qui montrent à quel point BOA n’est pas capable de gouverner ce pays. Selon les données de son Bureau de Coordination du Plan Stratégique Gabon Emergent (BCPSGE), de 1980 à 2009 (donc en 30 ans), le Gabon aurait engrangé 4326 milliards de FCFA tandis que de 2010 à 2015 (en 5 ans), BOA aurait mobilisé et cumulé 4579 milliards de FCFA. « En six ans, nous avons fait plus qu’en 30 ans » s’exclamait Yves Fernand Manfoumbi l’ex DGB et patron du BCPSGE en 2016. Mais comment eux (les émergents) ont-il géré tout ce pactole et avec quels résultats sous nos yeux aujourd’hui ? BOA a institué lui-même à la présidence de la République le plus grand réseaux de corruption que ce pays n’a jamais connu : la commission des finances publiques présidées par son ex DC Accrombessi sans compétence en la matière ; un visa d’opportunité des marchés publics qui fait que BOA à tout moment peut annuler un marché déjà attribué à un opérateur économique ou décidé lui-même d’en accorder à qui il veut. Résultat, la firme OLAM a déjà acheté tout le Gabon (terre, mer) ; Santullo a obtenu sans mise en concurrence un portefeuille de plus de 400 milliards de Fcfa de marchés publics ; des émergents ont volé plus des centaines de milliards (quelques uns seulement sont en prison Ngambia (infrastructures) et Ngoubou (pétrole)) alors que le gros des troupes campent encore au gouvernement et au bureau politique du PDG avec des sous-sols et des comptes bancaires bien garnis. BOA est en tête de cette mafia à en juger par les sulfureuses affaires judiciaires de vol d’argent qui le serrent l’étau en France et aux Etats-Unis. Mais le Gabon a surtout eu droit à une dette qui est passé de 20% du PIB en gros en 2009 à 70% presque en 2015 sans que de nouvelles écoles, des vrais routes,  et l’accès total des populations aux soins, la réduction significative de la pauvreté et le recul du chômage n’accompagnent ces endettements.

En 2009, le Gabon dépensait 250 milliards par an pour se nourrir, l’on est passé aujourd’hui à plus de 700 milliards par an. Que BOA dise dans quels secteurs il peut  valablement affirmer que le Gabon, grâce à son action, se porte bien ou est cité en modèle de référence, sauf peut être en matière de crime rituels, de corruption des opposants et de détournement. Le milliard est devenu l’unité monétaire du régime. Quand on parle de détournement d’argent, il ne s’agit pas de 40 ou 20 millions, mais de 20 à 100 milliards par des groupuscules d’émergents au service de BOA, lui-même qui les place à  ces fonctions d’un conseil de ministres à l’autre au de leur adhésion d’obscurantistes sectes et pratiques corporelles surannées.

Entre temps ceux qui ont de la matière grise pour gérer l’Etat sont marginalisés dans les ministères. Résultat, les routes manquent, les hôpitaux soignent mal voire tuent et ceux qui ont un peu de moyens préfèrent aller à l’étranger  se soigner (même à côté en Guinée équatoriale ou au Cameroun) ; les lycées et collèges sont pléthoriques ; Libreville est une grande poubelle à ciel ouvert, etc.

L’arrêt de la BOP va donc accélérer le cycle de prédation  et de criminalisation de l’argent du pays par BOA et sa bande. Concrètement la BOP permettait, en dépit de tout, de localiser dans la loi de finances, l’utilisation du moindre centime de Fcfa, en permettant de savoir quel fonctionnaire gère tel projet de construction, d’aménagement du territoire, de logement, de route à quel coût, puis dans quel délai de livraison. Ce système de gestion complexe avait ce mérite. Sa mise à mort va permettre à BOA de revenir probablement à l’ancien mode de gestion qui ne présentait les crédits qu’en bloc sans qu’on ne sache exactement qui engage tel ou tel projet ou crédit. Du coup, cela va faciliter les détournements massifs d’argent.

La problématique de la BOP s’explique aussi par ce que la junte, voulait qu’on dise qu’ils ont été les premiers en Afrique centrale à appliquer une directive CEMAC qui promeut la gestion budgétaire axée sur les résultats. Mais dans le fond, tout s’est déroulé dans l’impréparation totale des administrations qui n’avaient pas été associés, comme c’est toujours le cas avec ce régime d’amateurs, à la conception de ce système budgétaire.

 

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