Le Gabon est le théâtre d’une coupure généralisée des réseaux sociaux, notamment ceux du groupe américain Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp), depuis le 17 février 2026. Cette décision, émanant de la Haute Autorité de la Communication (HAC), a provoqué une onde de choc dans le pays, suscitant des justifications de la part de la Présidence de la République.
Interrogée sur TV5 Monde Info le 18 février 2026, Mélodie Samba, porte-parole adjointe de la Présidence de la République du Gabon, a défendu la suspension comme une « mesure ponctuelle » et « assumée ». Selon elle, cette action n’est ni une erreur ni un dérapage, mais un choix stratégique visant à contraindre le groupe Meta à engager des négociations formelles avec l’État gabonais. « Il a fallu suspendre pour qu’ils nous appellent« , a-t-elle déclaré, soulignant que Meta n’avait pas répondu aux « plus d’un an et demi » d’alertes du gouvernement concernant diverses problématiques. Les raisons invoquées par la Présidence sont multiples : une « recrudescence d’informations diffamatoires« , des « manipulations politiques qui entravent la cohésion sociale« , et la diffusion de « contenus à caractère violent, voire pornographique, qui entrave nos mœurs, nos us et coutumes au Gabon« .
Mélodie Samba a insisté sur le fait qu’il ne s’agit pas d’une coupure totale d’Internet, mais spécifiquement des plateformes du groupe Meta, et que cette suspension doit permettre de « réguler » et de « passer au cadre des négociations demandées, dans le respect de nos institutions, de nos valeurs« . Elle a également reconnu que « les Gabonais vont attendre » le temps que les négociations aboutissent à une « régularisation effective ».
Cependant, cette décision est loin de faire l’unanimité. L’opposition et la société civile quant à elles, dénoncent un « recul grave » des libertés. Des voix s’élèvent également pour souligner l’impact économique de cette coupure, notamment sur l’économie informelle qui utilise largement ces plateformes pour le commerce et la communication.
La coupure des réseaux sociaux au Gabon met en lumière une tension croissante entre la volonté des autorités de réguler l’espace numérique et les préoccupations concernant la liberté d’expression et l’accès à l’information. Alors que la Présidence justifie sa décision par la nécessité d’un « recadrage » et d’un dialogue avec les géants du numérique, l’opposition et la société civile y voient une menace sérieuse pour les libertés fondamentales et la démocratie. L’issue des négociations avec Meta et la durée de cette suspension restent incertaines, laissant les Gabonais dans l’attente d’une résolution.



