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Economie gabonaise : A qui appartient le port d’Owendo ?

Poser la question ici, c’est déjà répondre. En effet, le port d’Owendo est un véritable capharnaüm entre les mains de mafieux et d’étrangers qui ont totalement, ou presque, verrouillé le secteur du transit et bien d’autres. Même les douaniers ne sont pas exempts de tout reproche. Ils sont accusés, à tort ou à raison, d’huiler le business dans cette mangeoire à ciel ouvert, mais très hermétique pour les nationaux du Gabon d’en bas.
Voilà pourtant un secteur d’activité (le port) où l’argent tourne et où des Gabonais peuvent exceller. Le comble c’est que, jusqu’à un passé récent, nos compatriotes expatriés s’étaient organisés par communauté, défendant ensemble et de manière soudée leurs intérêts et fermant la porte aux nationaux. On cite des Libanais, des Camerounais et des Maliens…
En effet, on raconte, par exemple, que pour se lancer dans le transit, il faut avoir un porte-monnaie bien garni. Et c’est là où est tout le problème. Ainsi, comment comprendre que quelqu’un, venu de l’étranger et qui ne connaît pas grande monde à Libreville, se retrouve, du jour au lendemain, patron d’une société de transit ? Un compatriote nous expliquait que pour se lancer dans ce domaine, il faut obtenir des autorités douanières locales un profil provisoire en attendant que les autorités sous-régionales vous délivrent, comme elles peuvent vous le refuser, un profil définitif. Document qui vous permet d’exercer dans le domaine. Sauf qu’à Libreville, les Sarakolé l’obtiennent plus vite sans trop savoir comment alors que les autochtones peinent à l’avoir. Passons !
Il se dit aussi que si les étrangers ont réussi à verrouiller le port, c’est bien avec l’aide des autorités locales avec qui ils mèneraient des affaires louches non sans graisser la patte à certains douaniers véreux ou corrompus. En réalité, ces étrangers ne sont que des prête-noms. Ce sont bien des personnalités gabonaises qui se cacheraient derrière eux et qui empochent le gros du pactole… Tout est donc fait pour que ceux qui sont regardés comme des intrus ne puissent pas accéder à la citadelle sacrée afin qu’ils ne découvrent pas la mafia qui règne là-bas. Il est temps de mettre fin à ce désordre qui ne dit pas son nom et où, si l’on n’y prend garde, certains éléments du CTRI vont aller se sucrer (s’ils n’y sont pas déjà) et faire en sorte que la logique qu’ils ont trouvée se perpétue. Tant qu’il y aura à boire et à manger au port, il sera difficile d’y mettre de l’ordre tant les intérêts de certains nababs de l’ancien régime, dont certains ont des atomes crochus avec le CTRI, sont énormes.
Et pourtant, il va bien falloir mettre le pied dans cette fourmilière afin non seulement de séparer le bon grain de l’ivraie, mais aussi et, surtout, voir comment l’Etat peut aider des compatriotes d’origine à se mouvoir là-bas en tirant leur épingle du jeu. Le Gabonais doit cesser de mendier dans son propre riche pays en ayant toujours sa main en dessous de celle du donateur expatrié qui, parfois, le regarde misérablement lorsqu’il pose un geste de « générosité » à son endroit.
Nous avons parlé du transit et de la douane, mais ce n’est pas le seul secteur juteux au port où des Gabonais peuvent exceller. Il y en a d’autres. Au moment où l’Etat dit vouloir lutter contre le chômage des jeunes en particulier, il faut rapidement recenser toutes les niches d’emplois dans le privé et où des compatriotes peuvent trouver leur compte.
Il est donc temps de mener une bonne et vraie réflexion sur le port d’Owendo et ce qui y existe comme activité privée. L’Oprag, les douanes, le Conseil gabonais des chargeurs et des acteurs libres devraient y jeter un coup d’œil. Non pas pour négocier une sorte de Yalta entre acteurs du port, mais pour voir comment l’Etat peut y introduire, sans calcul et intérêt personnel, des compatriotes au chômage qui peuvent trouver leur compte là-bas.

GPA

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