Plus de trois mois après le lancement des élections professionnelles au Gabon, la Fédération des Syndicats des Travailleurs des pays affiliés à la Cipres (FESTAC) tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué signé par son secrétaire permanent, Richard Ndi Bekoung, et rendu public ce 23 juillet 2026, l’organisation syndicale fait part de ses profondes inquiétudes face à un processus qu’elle juge marqué par de nombreuses irrégularités et par une absence persistante de transparence.
Présentées par les autorités comme un levier de modernisation du dialogue social et de consolidation de la démocratie syndicale, ces élections suscitent désormais de vives interrogations au sein des partenaires sociaux. La FESTAC estime que plusieurs dysfonctionnements observés depuis le lancement du scrutin ont considérablement entamé la crédibilité de l’opération.
Parmi les griefs formulés figurent l’opacité dans la constitution des listes électorales, la mise en place contestée des commissions électorales, des délais de campagne jugés insuffisants ainsi que l’absence de garanties de transparence indispensables à la sincérité du vote. Selon l’organisation, ces manquements ont alimenté un climat de méfiance entre les syndicats et les pouvoirs publics.
La centrale syndicale s’inquiète également du fait que, plus de trois mois après les opérations électorales, les résultats définitifs n’ont toujours pas été publiés. Une situation qui, selon elle, entretient une véritable paralysie institutionnelle. Les organisations syndicales demeurent dans l’incertitude quant à leur représentativité, tandis que les administrations et les entreprises ne disposent toujours pas d’interlocuteurs officiellement reconnus pour conduire le dialogue social.
À cette situation s’ajoute le constat que certaines administrations et entreprises n’ont pas encore organisé les élections, malgré les échéances fixées par le calendrier national, accentuant davantage les interrogations sur l’aboutissement du processus.
Dans son communiqué, la FESTAC relève que deux lectures émergent désormais dans l’opinion publique. La première attribue les retards à des difficultés administratives ou logistiques inhérentes à l’organisation d’un scrutin d’envergure. La seconde évoque la possibilité d’une stratégie visant à affaiblir le mouvement syndical en retardant la reconnaissance des organisations représentatives et en limitant leur capacité d’action dans un contexte de réformes.
Sans prendre position sur ces hypothèses, Richard Ndi Bekoung estime toutefois que le manque de communication officielle et l’absence de publication des résultats contribuent à alimenter les suspicions et à fragiliser le climat social.
Face à cette situation, la FESTAC appelle le gouvernement à agir rapidement afin de restaurer la confiance. Elle demande notamment la publication sans délai des résultats définitifs, l’organisation des scrutins dans les administrations et entreprises encore concernées, la diffusion d’un rapport officiel sur les conditions d’organisation des élections ainsi que l’établissement d’un calendrier précis pour la reprise et la consolidation du dialogue social.
Réaffirmant son attachement aux principes de transparence, de justice sociale et de démocratie syndicale, la FESTAC assure demeurer disponible pour participer à toute initiative susceptible de renforcer durablement le dialogue social au Gabon.
Par R.E



