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Entourloupe démagogique à DN : Ndoutoume Ngome, un escroc politique ?

Brillamment battu au premier tour de l’élection législative du 06 octobre 2018 à Mitzic (nord du Gabon), Jonathan Ndoutoume Ngome, ministre délégué aux Affaires sociales de l’usurpateur Boa et militant de Démocratie nouvelle (DN), s’est récemment exprimé dans un entretien accordé à notre confrère en ligne Gabonreview. Sans pudeur, il affirme, en signe de défiance, qu’il entend rester au gouvernement malgré cette débâcle électorale.

Un ministre en perte de vitesse

Ces élections marquent, pour les actuels ministres de DN, une fin de parcours politique au gouvernement et pourraient abréger la présence de René Ndemezo’o lui-même à la tête du Conseil économique, social et environnemental (CESE). En cause, un ministre battu à l’élection n’a aucune légitimité à rester au gouvernement et, par voie de conséquence, Jonathan Ndoutoume Ngome, pas seulement lui, mais l’ensemble des ministres qui ont essuyé une déculottée à ces élections, doit plier bagages : Moukagni-Iwangou, Michel Menga et d’autres encore en sursis comme Estelle Ondo (en ballotage au second tour à Oyem). Une vague d’opposants qui avaient cru qu’en ralliant la mangeoire de la junte putschiste ils auront un bail de long terme du seul fait de leur trahison et de leur participation (pour certains) au monologue d’Angondjé.
Le PDG a clairement signifié à tout ce beau monde qu’il n’a pas besoin d’eux pour couler le bateau Gabon. Boa, la légion étrangère et tous les PDGistes aux commandes dans les administrations, les services publics et les sociétés étatiques le font déjà bien depuis 9 ans que Boa est là. Or, l’appétit vient en mangeant. Pour eux, à l’instar de Ndoutoume Ngome, il n’est pas question pour Boa de les foutre dehors parce que, pour reprendre les jérémiades du natif de Mitzic, leur présence au gouvernement participerait à l’apaisement social et politique du pays suite à ce monologue, d’une part, et, d’autre part, ils apporteraient un plus à l’efficacité de l’action du gouvernement malgré leur défaite cuisante à ces élections législatives.

La porte de sortie pour les traites  « échoués »

Ce que ces nouveaux défenseurs de la politique du ventre ignorent et qui n’échappent ni à Boa ni aux Gabonais est la signification de leur échec. Précisément, s’ils apportaient quelque chose à l’apaisement social et politique depuis la présidentielle volée par Boa à Jean Ping en août 2016 dans le sang, ils auraient effectivement été plébiscités tous dans leurs circonscriptions électorales respectives, en grands leaders qu’ils s’étaient auto-proclamés et donneurs de leçons à Jean Ping qu’ils affublent depuis lors de tous les noms de démons. Voilà des messieurs qui, sans honte aucune, sont tous battus dès le premier round (un coup KO) des élections législatives ainsi que leurs listes locales désavouées par les populations, mais qui continuent quand même de bivouaquer afin de faire croire qu’ils sont utiles à quelque chose dans ce pays. On comprend qu’ils soient toujours mus par la même motivation qui les a poussés à marcher sur les cadavres des martyrs du 30 août 2016 pour aller se faire du blé chez l’usurpateur Boa en échange de leur reconnaissance de son pouvoir et de leur soumission à sa personne.
Sur un tout autre plan, leur défaite signifie aussi que c’est leur vision du pays qui n’intéresse pas les populations qui, à près de 80 % (abstention) ont manifesté leur désapprobation de ce système fait de politiciens corrompus, démagogiques, qui ne luttent que pour leurs intérêts personnels et leurs familles et non pour le plus grand nombre. Une abstention qui signifie qu’il vaut mieux ne pas aller voter pour éviter que leurs voix ne soient transformées par Mbourantsouo (Cour constitutionnelle) et son nouvel homme à tout faire, Moïse Bibalou Koumba (CGE), en une victoire du PDG qu’ils ont pourtant sans sanctionné dans l’isoloir.
Universitaire de métier (enseignant-chercheur), Jonathan gagnerait, s’il veut réellement être utile à quelque chose dans ce pays, repartir à l’UOB donner des cours aux étudiants plutôt que de raconter des inepties politiques et faire un sophisme stérile et honteux qui pourrait pousser à se poser légitimement des questions sur son éthique. Dans quel manuel de science politique a-t-il lu qu’un ministre battu à une élection est systématiquement reconduit au gouvernement sans la moindre discontinuité au nom d’une efficacité technocratique toujours attendue ? Nous sommes manifestement en présence d’un cas flagrant d’escroquerie intellectuelle et politique. Lui qui, depuis des années, a été un farouche opposant à Ali Bongo, surtout pendant la dernière élection présidentielle de 2016, est subitement devenu un « inconditionnel fidèle » d’Ali Bongo. Simplement pour avoir été nommé ministre, bénéficié de voitures de fonction, de voyages à l’étranger, des fameux 40 millions donnés aux ministres par trimestre ?

Novembre noir…

Le PDG, avec ses 80 % de députés et des listes locales (mairies et conseils départementaux), a montré qu’il n a pas besoin de l’opposition, encore moins de vendeurs d’illusions affamés (DN, US, PSD, PDS) qui ne valent rien sur le terrain ou n’ont, au final, aucune base politique locale à marchander à son usurpateur de chef Boa. Le mois de novembre s’annonce chaud pour les uns et les autres qui sont en train de réaliser que Boa les a tous piégés et leur mort politique, comme ce fut le cas de Mba Abessole en son temps, est proche. Boa et sa clique à la présidence, de toutes les façons, se rient d’eux et se frottent les mains suite à leur humiliation par les populations. Le Ntsun’Ali, c’est pour bientôt.

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