L’affaire, très suivie par les milieux sportifs et médiatiques, a connu son épilogue judiciaire. Freddy Koula Moussavou, figure médiatique bien connue dans le milieu sportif au Gabon, a été condamné ce mardi 03 mars, par le tribunal correctionnel de Libreville, pour injures publiques à l’encontre de Pierre Alain Mounguengui, souvent désigné par ses initiales PAM.
Des propos tenus en direct sur Gabon Première
Les faits remontent à une émission diffusée aux heures de grande écoute sur la chaîne publique . Au cours du programme, Freddy Koula avait publiquement qualifié Pierre-Alain Mounguengui de « piètre dirigeant sportif » et de « minable ancien arbitre », des propos tenus dans un contexte de débat autour de la gouvernance du football national.
Ces déclarations, largement relayées sur les réseaux sociaux et reprises dans plusieurs espaces de discussion, avaient suscité une vive polémique au sein de l’opinion, divisant supporters et observateurs du football gabonais.
Une requalification des faits par le tribunal
Initialement poursuivi pour diffamation, Freddy Koula a finalement vu les faits requalifiés par la juridiction en injures publiques. Dans son jugement, le tribunal a statué « publiquement, contradictoirement, en matière correctionnelle et en premier ressort ».
Le dispositif du jugement est sans équivoque :
Requalifie le délit de diffamation initialement retenu à l’encontre de Freddy Koula Moussavou en celui d’injures publiques ;
L’en déclare coupable ;
En répression le condamne à 06 mois d’emprisonnement avec sursis et à 200 000 Fcfa d’amende ;
Reçoit Sieur Pierre-Alain Mounguengui en sa constitution de partie civile ;
Condamne en conséquence Freddy Koula Moussavou à lui payer la somme de 2 000 000 Francs CFA à titre de dommages et intérêts ;
Le condamne en outre aux dépens.
En clair, le prévenu écope d’une peine de six mois d’emprisonnement avec sursis — ce qui signifie qu’il n’ira pas en prison sauf en cas de nouvelle infraction —, d’une amende de 200 000 francs CFA et devra verser 2 millions de francs CFA à la partie civile en réparation du préjudice moral subi.
Un signal fort pour les acteurs médiatiques
Au-delà de la personne de Freddy Koula, ce jugement apparaît comme un rappel à l’ordre pour l’ensemble des intervenants médiatiques. La liberté d’expression, bien que fondamentale, trouve ses limites dans le respect de l’honneur et de la dignité d’autrui.
Dans un contexte où les débats sportifs sont souvent passionnés, la décision du tribunal souligne que les plateaux de télévision — a fortiori ceux d’un média de service public — ne sauraient devenir des tribunes d’attaques personnelles. La responsabilité éditoriale des producteurs et animateurs est également implicitement posée.
Vers un appel ?
Reste désormais à savoir si Freddy Koula fera appel de cette décision rendue en premier ressort. La loi lui en offre la possibilité dans les délais prévus par la procédure pénale.
En attendant une éventuelle suite judiciaire, ce verdict marque un précédent dans les rapports parfois tumultueux entre acteurs du football gabonais et commentateurs médiatiques. Il rappelle surtout que la parole publique, surtout lorsqu’elle est prononcée devant des milliers de téléspectateurs, engage son auteur devant la loi.



