Input your search keywords and press Enter.

Importation du pétrole depuis le Togo par le Gabon : Qui l’aurait cru ?

Pays non pétrolier, le Togo aurait fournit au Gabon, durant le premier semestre 2018, du gas-oil pour un montant de 7,7 milliards de francs cfa, selon le ministère de l’Économie relayé par africapostnews.com. L’information a le mérite de relancer les spéculations sur une sorte de contrebande ou de surfacturation de l’or noir importé de ce pays d’Afrique de l’ouest. Elle met aussi en lumière le trafic du pétrole nigérian et un immense marché noir du pétrole au large des côtes togolaises.

Dire que le Gabon est malade de partout est une réalité. Dire que ce pays est dirigé par des gens sans véritable conscience patriotique un abus. Car même dans le secteur pétrolier, qui fait la fierté de ce pays depuis son indépendance et constitue son identité économique, les émergents, c’est à dire Boa et les affidés qui le suivent, ont décidé de faire baisser la cullote du Gabon devant tout et n’importe quoi. Une vraie honte. Comment un petit pays comme le Togo, qui ne produit pas de pétrole, mais plutôt le coton (sa principale culture industrielle) peut-il devenir le fournisseur en pétrole du Gabon ? Comment en est on arrivé là ?
Pour mieux contrôler l’argent du pétrole, Boa a mis en place, dès 2010, une société dite « nationale » des hydrocarbures appelée en anglais « Gabon oil company » (Goc). Cette société est chargée de récupérer, sous forme de brut, les parts de pétrole qui reviennent à l’Etat gabonais auprès de toutes les sociétés de production (Total, Shell…). C’est la Goc qui vend donc directement ce pétrole en passant dans les circuits (traiders) suisses et hollandais. En réalité, c’était une mauvaise manière de prendre le problème, car il était ailleurs. Producteur de pétrole depuis les années 1960, le Gabon avait créé la Sogara (1964) pour gérer les permis pétroliers et la distribution, mais aussi pour raffiner le pétrole pour les besoins de la consommation nationale. En effet, en tant qu’unique raffinerie du pays, la Sogara produit du fuel, du bitume, du gas-oil, de l’essence, du kérosène et d’autres hydrocarbures comme le pétrole lampant et le gaz de pétrole liquéfié. A près de 80 % sa production est destinée au marché national dont les besoins sont estimés à 550 000 tonnes. Elle est détenue à 75 % par des capitaux privés, soit 43 % pour le groupe français Total ; l’Etat gabonais détient seulement 25 % des parts du raffineur, Portofino Assets Corporation 16,99 % de parts, Petro Gabon 11,67 % et le groupe italien Eni International 2,50 %. Les installations ont vieilli après plus de quatre décennies d’exploitation. Ce qui explique les incendies, les pannes techniques, les arrêts de production sur de longues périodes (plusieurs semaines) récurrentes qui provoquent des pénuries de carburant. A cela il faut ajouter le problème du stockage des produits pétroliers. Une mission qui échoit à la Société gabonaise d’entreposage des produits pétroliers (SGEPP) dirigée actuellement par le même Mboussou qui a laissé la CNAMGS en crise financière.
La gestion de la Goc (nominations fantaisistes, détournements d’argent massifs) explique actuellement, à coté des problèmes inhérents à la Sogara et la SGEPP, les pénuries de carburant.
Concrètement, la gouvernance approximative de ce secteur par Boa fait que le Gabon ne soit plus capable de produire et stocker sur place la quantité de pétrole qu’il faut par rapport aux besoins du pays. Pire, cela réduit le Gabon, sans honte, à aller acheter « le pétrole sale » dans le marché illégal du Togo pour plus de 7 milliards de Fcfa. Comme ce pays ne produit pas de pétrole, il s’agit en réalité d’un trafic du pétrole nigérian via le Togo qui devient la plate-forme ouest-africaine de la contrebande du pétrole nigérian. Alimentant ainsi le crime économique organisé, le blanchiment d’argent et des dérives déstabilisatrices possibles (prise d’otage, terrorisme, détournements de bateaux pétroliers, financement du terrorisme (Boko Haram et Mouvement du Delta du Niger), voire une guerre civile. Voilà comment le Gabon, pays pétrolier depuis plusieurs décennies, se retrouve associé à un réseau international de crime pétrolier organisé.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.