Input your search keywords and press Enter.

Libreville : un faux agent pénitentiaire démasqué après sept ans d’imposture au Palais de justice

Libreville, 4 juin 2026 – L’affaire fait grand bruit dans les milieux judiciaires gabonais. Un homme identifié comme Exaucé Mavoungou a été interpellé après avoir passé près de sept ans au sein du Palais de justice de Libreville en se faisant passer pour un brigadier-chef de la Sécurité pénitentiaire, nous rapporte La presse judiciaire gabonaise.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’intéressé évoluait quotidiennement dans l’enceinte judiciaire aux côtés de magistrats, greffiers, officiers de police judiciaire, gendarmes et agents pénitentiaires, sans que son identité ou son statut ne suscitent la moindre suspicion.

L’affaire a éclaté à la suite d’une présumée tentative de soustraction de scellés judiciaires. Les faits se seraient produits lors d’une opération de transfert de pièces à conviction contenant une importante quantité de chanvre indien au Tribunal spécial de première instance de Libreville. Le suspect aurait tenté de détourner une partie de la substance saisie.

Son comportement aurait attiré l’attention d’une technicienne de surface qui, constatant des agissements inhabituels, a aussitôt alerté les responsables compétents. Interpellé sur place, l’homme a été placé à la disposition des enquêteurs.

Mais l’enquête a rapidement pris une tournure inattendue. Conduit devant l’Inspection générale des services de la Sécurité pénitentiaire pour des vérifications administratives,

Exaucé Mavoungou s’est révélé être un parfait imposteur. Les contrôles effectués dans les registres officiels ont établi qu’il ne figurait dans aucun effectif de la Sécurité pénitentiaire, ne possédait aucun matricule professionnel et ne disposait d’aucun titre lui permettant d’exercer cette fonction.

Les faits pourraient désormais être requalifiés en usurpation de fonction publique, une infraction prévue et réprimée par le Code pénal gabonais. Le port illégal d’un uniforme officiel, l’utilisation de galons réglementaires et l’exercice apparent d’une mission relevant de l’autorité publique pourraient également être retenus contre lui.

Au-delà du cas individuel, cette affaire soulève de nombreuses interrogations. Comment un individu sans qualité ni titre a-t-il pu accéder pendant plusieurs années à une institution aussi sensible ? Qui lui a fourni les attributs de la Sécurité pénitentiaire ? A-t-il bénéficié de complicités internes lui permettant d’échapper aux contrôles ? Et quelles étaient ses véritables activités au sein du Palais de justice ?

Face à la gravité des faits et aux failles de sécurité qu’ils mettent en lumière, le dossier a été confié à la Direction générale des recherches (DGR), chargée de poursuivre les investigations.

Le mis en cause devrait être présenté devant le procureur de la République afin que soient déterminées les suites judiciaires de cette affaire, qui ébranle déjà l’institution judiciaire gabonaise.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *