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Monnaie / Retrait des anciennes pièces : à Libreville, des commerçants anticipent illégalement la démonétisation

Alors que la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a fixé au 1er novembre 2026 le retrait du cours légal de plusieurs anciennes gammes de pièces dans les six pays de la CEMAC, certains commerçants de Libreville refusent déjà de les accepter. Une situation qui entretient la confusion chez les consommateurs.

À Libreville, la perspective du retrait de certaines anciennes pièces de monnaie suscite déjà des incompréhensions dans les circuits commerciaux. Plusieurs consommateurs rapportent le refus de commerçants d’accepter certaines pièces, au motif qu’elles seraient désormais désuètes et dépourvues de valeur marchande. Pourtant, le calendrier établi par la BEAC est sans ambiguïté : leur démonétisation ne prendra effet qu’à compter du 1er novembre 2026.

Jusqu’au 31 octobre inclus, les pièces concernées conservent donc leur cours légal et doivent pouvoir être utilisées dans les transactions commerciales. Le refus anticipé de ces moyens de paiement crée ainsi un décalage entre la réglementation monétaire et les pratiques observées sur le terrain, au détriment des consommateurs.

La mesure de la Banque centrale concerne précisément cinq anciennes gammes de pièces, identifiables par leurs années d’émission : 1958, 1959, 1971, 1976 et 1985. Elle ne signifie nullement que toutes les pièces, quelles que soient leurs valeurs faciales, sont concernées. Les gammes 2006 et 2024 conservent, quant à elles, leur cours légal et leur pouvoir libératoire.

Pour accompagner cette opération, la BEAC a prévu une période d’échange allant du 1er novembre 2026 au 31 octobre 2027. Du 1er novembre 2026 au 31 juillet 2027, les anciennes pièces pourront être échangées auprès de la BEAC, des banques commerciales et des établissements de microfinance. Du 1er août au 31 octobre 2027, seuls les guichets de la Banque centrale assureront cette opération.

Cette confusion révèle surtout un déficit de sensibilisation autour d’une réforme qui concerne directement les populations. La BEAC, en collaboration avec les banques, les associations de commerçants et les organisations de consommateurs, gagnerait à renforcer sa communication.

Car si la modernisation du parc monétaire est nécessaire, elle ne saurait justifier une pénalisation prématurée des usagers. Jusqu’au 31 octobre 2026, les anciennes pièces visées restent valables. La réglementation doit être respectée autant par les consommateurs que par les commerçants.

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