Input your search keywords and press Enter.

Moutsiangou part, les 1 700 milliards restent : le nouveau défi de la Cour des comptes

Moutsiangou Alex Euv, le Premier président de la Cour des Comptes sortant à l’issue du CSM

Quelques jours seulement après avoir placé le recouvrement de près de 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes au cœur de l’actualité judiciaire, Alex Euv Moutsiangou quitte ses fonctions de Premier président de la Cour des comptes. Le Conseil supérieur de la magistrature, réuni le 16 septembre 2026 à Port-Gentil sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, a désigné Pamphile Moussavou Ibouanga pour lui succéder.

Le calendrier donne forcément une résonance particulière à cette décision. Le 1er septembre dernier, à l’occasion du bilan de l’activité de la Cour des comptes, Alex Euv Moutsiangou avait mis en avant un montant de 1 700 milliards de FCFA de débets et d’amendes prononcés au fil des années et dont le recouvrement devait désormais être suivi. Selon les éléments publiés à cette occasion, la Cour avait notamment réalisé 368 missions et affichait un taux d’exécution de 89,40 %.

Derrière le chiffre, l’enjeu est considérable : il ne s’agit plus seulement de contrôler, d’auditer ou de rendre des décisions, mais de faire en sorte que celles-ci produisent effectivement leurs effets financiers. La Cour des comptes avait d’ailleurs entrepris de compiler ses décisions dans un recueil couvrant les juridictions financières, avec les arrêts rendus, les justiciables concernés et les montants en cause.

C’est donc dans cette séquence que le CSM a procédé à une nouvelle répartition des responsabilités. Alex Euv Moutsiangou est désormais appelé à exercer comme conseiller au Secrétariat permanent du Conseil supérieur de la magistrature, tandis que Pamphile Moussavou Ibouanga prend la tête de la Cour des comptes.

Le communiqué rendu public à l’issue de la session du CSM confirme que les travaux du 16 septembre ont porté notamment sur la carrière des magistrats, les nominations et les affectations au sein des différentes juridictions.
La prudence s’impose toutefois dans l’interprétation de ce changement. Le communiqué du CSM ne fournit pas de motif particulier expliquant le remplacement d’Alex Euv Moutsiangou à la tête de la Cour des comptes. En l’absence d’éléments officiels supplémentaires, rien ne permet donc d’affirmer qu’il s’agit d’une sanction ou d’établir un lien de causalité entre son départ et l’annonce des 1 700 milliards de FCFA. Le changement relève, à ce stade, d’une décision de gestion de carrière et d’affectation des magistrats.

Le choix de Pamphile Moussavou Ibouanga n’est par ailleurs pas celui d’un inconnu de la juridiction financière. Son parcours est étroitement lié à la Cour des comptes, où il a exercé comme conseiller-maître et président de chambre. Des documents officiels de la juridiction financière montrent notamment qu’il participait déjà à des travaux d’audit aux côtés d’Alex Euv Moutsiangou plusieurs années auparavant.

Cette expérience constitue un élément important dans la compréhension de la transition. Le nouveau Premier président ne découvre pas le fonctionnement de la juridiction financière : il en connaît les mécanismes, les contraintes et les dossiers.
Son arrivée intervient surtout au moment où la Cour est appelée à franchir une étape supplémentaire : passer du temps du contrôle à celui de l’exécution des décisions.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *