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Omar Bongo Ondimba/Célébration des 10 ans de sa disparition : Coûts et financements de l’événement ?

Depuis ce 1er juin 2019, avec le lancement de caravanes médicales gratuites, le Gabon vit au rythme des manifestations commémorant les 10 ans de la mort du président Omar Bongo Ondimba, disparu le 08 juin 2009 à Barcelone, en Espagne, après avoir passé 42 ans à la tête du Gabon.

A cette occasion, sont prévus une messe œcuménique, un méga concert gratuit et surtout l’arrivée d’une batterie de chefs d’Etats de la sous-région. Ce programme, qui traduit le gigantisme voulu par les organisateurs, en tête desquels Pascaline Bongo, peut, en revanche, susciter de nombreuses interrogations que ne s’empêcheront pas de se poser les populations gabonaises, notamment quant aux coûts et aux financements de cette célébration, surtout dans un contexte économique marqué par des mesures d’austérité drastiques.

Qui finance ?

Pourtant, au moment même où les Gabonais redoutent déjà les conséquences induites par la dernière augmentation des prix des carburants, nombreux parmi eux sont à se demander à combien va se chiffrer ce dixième anniversaire et qui va le financer ? Si l’obtention d’une réponse précise et nette à ces questions relève du domaine de l’utopie, il n’est pas inutile de rappeler les activités prévues à cette occasion pour s’en faire une idée. Selon la communication officielle de la présidence de la République, il est prévu, entre autres, une exposition photos du président Omar Bongo Ondimba, une cérémonie œcuménique dans l’enceinte du palais présidentiel, un grand concert gratuit au jardin botanique avec, comme tête d’affiche, le chanteur de gospel congolais Moïse Mbiye. L’activité diplomatique n’est pas en reste. En effet, le magazine Jeune Afrique, très au fait de cet évènement, rapporte les arrivées en terre gabonaise de Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, Ibrahim Boubacar Keïta du Mali et de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée Equatoriale. Seraient, par ailleurs, de la partie Paul Kagame du Rwanda et Faustin-Archange Touadéra de la Centrafrique.
La fondation Omar Bongo Ondimba, dirigée par Pascaline Bongo et Obo Initiative sont présentées comme les principales promotrices des caravanes médicales qui se tiennent en ce moment sur l’étendue du territoire national et qui, depuis le 1er juin dernier, ont marqué l’ouverture des manifestations consacrant cet événement. Faut-il croire, par exemple, que ce sont ces deux organismes qui supportent toutes les charges financières liées à l’organisation d’un telle cérémonie, aux fonctionnements protocolaires et aux séjours des chefs d’Etats de la sous-région attendus en terre gabonaise ce samedi ?

Un devoir de clarté dans la gestion de la chose publique

Une interrogation qui prend toute sa valeur dans le climat actuel de tensions sociales exacerbées par des mesures d’austérité prises à tour de bras par le gouvernement dans la volonté, affirme-t-il, d’assainir les finances publiques : gel des recrutements à la fonction publique, gel des bourses au secondaire, projet de décote de 5, 10 et 15 % sur les salaires supérieurs à 650 000 Fcfa, retour au paiement par trimestre des pensions aux retraités, hausse ininterrompue des prix des carburants et ses corollaires, etc. Les populations gabonaises, encore échaudées par le scandale du Kevazingo, ont besoin davantage de clarté dans la gestion de l’argent et des biens publics. Cela permettrait, en effet, de faire adhérer plus facilement ces populations aux réformes en cours, convaincues que les efforts de serrage de ceinture qui leur sont imposés sont aussi consentis par les décideurs dans chaque dépense qui engage le budget de l’Etat.
Sinon, comment dissiper ce sentiment de suspicion auquel faisait allusion Moukagni-Iwangou, du temps où il se tenait encore aux cotés de Ping et des autres opposants, lorsqu’à l’occasion d’une conférence de presse, il disait : « J’exige qu’un bénéfice d’inventaire soit opéré afin de s’assurer que l’origine des fonds procède de la liste civile portant traitement de la fonction présidentielle et non de la captation privative de la richesse nationale… » ?

 

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