Le climat social se tend dans le secteur pétrolier gabonais. Trois organisations syndicales majeures – l’Organisation Nationale des Employés du Pétrole (ONEP), le Syndicat Autonome des Pétroliers (SAP) et le Syndicat des Employés, Ex-Employés, Retraités du Pétrole et Activités Connexes (SEERPAC) – ont adressé une correspondance ferme aux autorités, conditionnant leur participation aux travaux de la commission en cours à une exigence précise visant la société Perenco Oil & Gas Gabon.
Dans une lettre adressée au ministre du Pétrole et du Gaz ainsi qu’au ministre en charge du Travail, les syndicats du secteur pétrolier annoncent qu’ils suspendront toute participation aux séances de travail si l’entreprise Perenco ne se conforme pas aux mêmes obligations que les autres opérateurs du secteur. En ligne de mire : l’exercice de validation conjointe des simulations relatives à la mise à disposition du personnel, considéré comme un préalable indispensable à la poursuite des discussions.
Les organisations syndicales exigent que Perenco se présente à Libreville, au plus tard le 8 mai 2026, munie de son fichier de simulations, afin de se soumettre à cet exercice au même titre que les autres entreprises concernées. À défaut, elles préviennent qu’aucune avancée ne sera possible au sein de la commission.
Ce bras de fer intervient dans un contexte de négociations sensibles autour de la situation des travailleurs du secteur pétrolier, notamment en ce qui concerne les modalités de mise à disposition du personnel, les échéances de paiement et les conditions de basculement. Les syndicats insistent sur la nécessité d’aboutir à des procès-verbaux clairs, qu’ils soient d’accord ou de désaccord, détaillant notamment les dates précises de paiement et les engagements des différentes sociétés.
Par ailleurs, ils indiquent que ces discussions devront également permettre d’aborder les points spécifiques propres à chaque entreprise, à commencer par Perenco, avant d’être étendues aux autres opérateurs.
En toile de fond, c’est la pression des travailleurs qui s’intensifie, notamment à Port-Gentil, principal bassin pétrolier du pays. Les représentants syndicaux affirment être attendus par leur base avec des résultats concrets, traduits par des accords formalisés ou, à défaut, des constats de désaccord clairement établis.
Face à ce qu’ils qualifient d’impasse potentielle, les syndicats brandissent la menace d’un durcissement du mouvement. En cas de statu quo après l’échéance fixée au 8 mai, ils indiquent qu’ils se tourneront vers leurs bases afin de définir une « réponse syndicale appropriée », conformément aux dispositions du Code du travail.
Cette prise de position marque une nouvelle étape dans les tensions sociales qui traversent le secteur pétrolier gabonais, où les enjeux économiques se doublent désormais d’un rapport de force entre syndicats, entreprises et autorités publiques. Les prochains jours s’annoncent déterminants pour l’issue de ces négociations.




