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Police nationale du Gabon/Droit de cuissage légalisé : Suspicion de harcèlement sexuel à la DGDI

Il ne fait plus bon, d’ailleurs il n’a jamais été bon d’être belle et s’engager au sein des corps habillés. Là-bas, les étalons n’ont aucune pitié pour les juments. Il y a quelques années déjà nous dénoncions ici la pratique du harcèlement sexuel à l’armée de l’air. Aujourd’hui c’est une compatriote au grade de brigadier au sein de la police nationale qui s’est rapprochée de notre rédaction pour dénoncer le harcèlement sexuel dont elle est victime de la part de son ancien étalon et supérieur hiérarchique à la direction générale de documentation et de l’immigration.

La victime reconnaît avoir eu une relation consentie avec un de ses supérieurs en 2017. Quelques temps après, ce dernier décide librement d’y mettre un terme. S’était-il trompé ? On n’en sait rien. Sauf que la victime raconte que quelques temps après, son ancien « bébé » décide de faire de sa vie un cauchemar. N’en pouvant plus, la victime se résout à saisir la justice afin de freiner le flic amoureux. Hélas, les hommes en noir ont certainement conclu à une perte de temps, le dossier n’ayant pas trouvé grâce à leurs yeux. Elle a donc fini par s’ouvrir à notre rédaction. Nous livrons ici son émouvant récit. Afin de préserver son identité, nous avons décidé de prendre une partie de ses initiales : « Je suis K.L., policière de la promotion 2010 A en service à la documentation. Je viens aujourd’hui dénoncer le harcèlement sexuel dont je suis victime actuellement. Je ne trouve pas normal que quelqu’un puisse être persécuté et harcelé pendant autant d’années. De 2017 à 2020 nous ne parlons que du même problème. J’ai entretenu une relation amoureuse avec un de mes supérieurs, directeur, dont je garde le nom par discrétion, mais il se reconnaîtra. Cette relation est devenue aujourd’hui un pire cauchemar pour moi. Durant cette relation, je n’ai jamais bénéficié de quoi que ce soit de cet homme, rien, même pas une maison, une voiture…mais ma vie est devenue un pire cauchemar. Je dis bien un pire cauchemar. Ce qui fait que je n’ai même pas droit à ma prime. Aussi, toutes les fois qu’ils me mettent un nouveau chef de service, il demande toujours qu’on ne me donne pas la prime et, par-dessus tout, il va même jusqu’à demander à ce que je n’aille pas en stage et, pour couronner le tout, il ne cesse de mettre des gens derrière moi. En effet, le 8 juin 2017, il envoie des assassins me faire enlever au niveau des Hauts-de-Gué-gué d’où j’ai pu m’enfuir grâce à un sujet burkinabé qui avait payé mon taxi parce que je n’avais pas d’argent sur moi pour me rentrer à la maison.
Si je dénonce aujourd’hui dans la presse, c’est parce que j’en ai marre, je ne fais pas de la politique, mais je suis policière. Je dénonce ce harcèlement parce que je n’ai personne pour me soutenir. Je n’ai pas d’issue. Je suis d’une famille pauvre. Je n’ai pas de parents hauts placés ni dans la police. Si je suis fonctionnaire aujourd’hui, c’est grâce au colonel Brice, de la présidence. C’est lui qui m’a mise à la police. Je suis fatiguée que ce monsieur me harcèle. Je ne peux plus sortir en paix. Je suis filée de partout et, plus encore, je suis accusée de tout et de rien … Je n’en peux plus. Je ne peux plus supporter ça de peur que je ne meure d’une tension ou d’un AVC et laisse mes enfants. Aussi, je suis en danger et mes enfants aussi. Je demande de l’aide aux plus hautes autorités (président, ministre de l’Intérieur, ministre du Travail et toute instance capable de m’aider à retrouver la paix et la liberté). Je suis fatiguée de vivre dans la peur de 2017 à 2020. J’ai mes enfants que je veux voir grandir. S’il vous plaît, je n’en peux plus. Ce qui me désole est que c’est le monsieur lui-même qui a mis fin à notre relation…que j’ai acceptée, même s’il y avait des menaces. Il a fallu qu’il me fasse quelque chose pendant longtemps et tout le temps je lui disais ‘’non, mais arrête, sinon je vais réagir parce que je suis humaine dès lors que c’est vous qui avez mis fin à notre relation, c’est vous qui avez demandé à ce que tout soit terminé. Vous ne pouvez plus me faire la pression, m’injurier, me traiter comme vous le faîtes là’’. A un certain niveau, j’étais obligée d’intervenir. Lorsqu’il me parlait je répondais ».
A la question de savoir si les responsables de son administration sont informés de la situation la réponse est : « ils connaissent la situation. Le commandant en chef m’avait reçue à cause de la situation. Il a fait appel au monsieur. La suite je ne la connais guerre, mais je pense qu’il avait parlé au monsieur. Pour moi, je considérais que j’étais libre d’aller au travail… Mais, malheureusement, ce n’était pas le cas… Comme je ne pouvais pas me rendre à l’inspection du travail, je me suis rendue au tribunal pour rencontrer le procureur Nzahou. C’est le procureur Nzahou qui avait appelé le commandant en chef et qui avait demandé à ce que le commandant puisse me recevoir. Je suis allée voir le commandant en chef comme un papa, comme d’autres responsables et je lui ai fait état de la situation. Je considère qu’ils sont informés de la situation et qu’ils peuvent régler le problème à leur niveau. Mais si ça continue jusqu’aujourd’hui, c’est qu’il y a quelque chose qui ne va pas et je ne peux pas continuer à vivre comme ça ».
La situation que dénonce KL, de nombreuses compatriotes au sein des corps habillés la connaissent. Sauf que nombreuses entretiennent une certaine omerta pour ne pas perdre la place ou être bloquées au niveau du grade. Car, sauf si on est la fille de…, le passage en grade se fait sur le canapé. Dès que le chef supérieur dit qu’il veut, vous répondez « à vos ordres » Et les ordres sont les ordres. On ne les conteste pas.
Rompez !

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