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Rentrée scolaire 2020-2021 : les décisions de Patrick Mouguiama Daouda snobée dans certains établissements scolaires

Nombreux étaient les gabonais qui avaient salué les décisions récentes prises par le ministre en charge de l’éducation nationale, le Pr Patrick Mouguiama Daouda, d’autant que celles-ci allaient dans le sens de soulager les portes-monnaies des parents d’élèves en cette période difficile de rentrée scolaire. Il n’aura pas fallu longtemps pour que ces mêmes parents déchantent en découvrant le lundi 9 novembre 2020 que certains responsables d’établissement scolaires font fi de ces mesures ministérielles.

On savait déjà que la rentrée des classes offrait l’occasion aux affairistes de tout bord et autres escrocs de se faire du beurre dans les poches des parents d’élèves, à partir de la vente de fournitures et matériels scolaires, à la limite superflus, ou en ajoutant des rubriques fantaisistes dans les frais d’inscription et d’écolage. Pourtant, cette situation semble s’être aggravée aujourd’hui avec le boulevard d’opportunités financières que les cupides ne cessent de voir dans la survenue de la pandémie de la Covid-19 au Gabon et des bénéfices qu’ils peuvent en tirer.

C’est surement dans le but de stopper ces pratiques peu orthodoxes, que le ministre en charge de l’éducation nationale, le Pr Patrick Mouguiama Daouda a pris récemment une batterie de décisions, dont celle de fixer les inscriptions à 3 000 francs CFA au pré-primaire, 5 000 francs CFA au primaire et 10 000 francs CFA au secondaire. S’ajoutait également celle portant l’interdiction d’exiger aux parents d’élèves pendant la réinscription, les rames de papier et les rouleaux de papier toilette, déjà fournis lors de la rentrée des classes de l’année académique 2019-2020, qui s’est arrêtée au mois de mars dernier, en raison de la survenue de la pandémie du Corona virus dans notre pays.

Pourtant de nombreux parents qui se sont rendus dans certains collèges et lycées de la place, le lundi 9 novembre 2020 dernier, afin d’inscrire ou de réinscrire leurs rejetons, ont vite déchanté, pensant être les victimes d’une blague du ministre de l’éducation nationale. Certains n’ont d’ailleurs pas pu faire les inscriptions car n’ayant dans leurs poches que le montant recommandé par la tutelle. Au lycée Paul Indjendjet Gondjout, par exemple, en plus des 10 000 francs CFA de frais d’inscription, il faut ajouter une rame de papier et une somme de 2 000 francs CFA qu’un des responsables de cette structure justifie par « le Ministère, c’est le Ministère. Ici nous avons nos réalités », nous rapporte le journal en ligne 7jours info. Ou encore, comment comprendre qu’au lycée Jean Hilaire Aubame Eyeghe de Nzeng Ayong, l’uniforme scolaire vendu habituellement au prix de 15 000 francs CFA, soit passé à 21 000 francs CFA, soient 6 000 francs CFA en plus, qui s’expliqueraient par la fourniture de trois bavettes ? Ces bavettes qui valent 2 000 francs CFA l’unité, ont-elles été recommandées par la tutelle pour faire partie du paquetage des uniformes scolaires ? Pas sûr !

Toujours est-il que ces bavettes uniformisées pourraient poser autre un souci, en dehors de celui du poids financier qu’elles représentent déjà pour un parent ayant plusieurs élèves sous sa charge. En effet, avec des bavettes uniformes, le risque de voir les élèves, surtout les plus jeunes du collège, s’échanger cet attifement, même de manière accidentelle lors des jeux dans la cour de récréation, serait plus grand, avec des conséquences sanitaires insoupçonnées. Pourquoi ne pas laisser à chaque parent le loisir d’équiper son enfant en bavettes (plus personnalisée), tel que cela se fait déjà depuis la mise en place de la mesure rendant obligatoire son port dans les endroits publics ? Surtout que le membre du gouvernement vient d’ordonner la fin de la commercialisation des polos et t-shirts à l’effigie des établissements scolaires, ainsi que le paiement de l’uniforme scolaire au prix de 15.000 FCFA soit 8000 FCFA la chemise et 7000 FCFA le pantalon ou la jupe.

Attendons maintenant de voir comment le Pr Patrick Mouguiama Daouda va gérer ces différentes pratiques qui s’apparentent à de l’insubordination.

 

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