La salle polyvalente de la base de la (SETRAG) a servi de cadre, mercredi, à une rencontre stratégique consacrée à la sécurité ferroviaire. Autour de la table : élus municipaux, représentants institutionnels, responsables administratifs et acteurs communautaires, tous mobilisés autour d’un objectif commun : renforcer la protection des populations riveraines du chemin de fer.
Au-delà d’un simple atelier technique, cette concertation marque une nouvelle étape dans la gouvernance territoriale du Transgabonais, infrastructure clé du développement économique national.
Le Transgabonais, pilier économique et responsabilité partagée
Véritable colonne vertébrale logistique du pays, le Transgabonais relie les zones d’exploitation minière et forestière au port d’Owendo. Son rôle stratégique dans l’économie nationale impose toutefois une vigilance permanente en matière de sécurité, notamment dans les zones habitées longeant la voie ferrée.
Représentant le Directeur général Christian Magni, la directrice de la communication, Mme Reine Sonia Okoua Obame, a rappelé d’emblée cet impératif : performance et sécurité doivent aller de pair. Malgré les campagnes de sensibilisation déjà menées, des comportements à risque persistent : traversées imprudentes, occupations anarchiques de l’emprise ferroviaire, constructions non conformes.
Face à ces défis, la SETRAG entend désormais privilégier une approche plus inclusive, impliquant davantage les collectivités locales et les communautés.
Les communes, relais opérationnels essentiels
Le maire d’Owendo, M. Arnaud Sandie Nombo, a salué une initiative « responsable et structurante », reconnaissant que l’urbanisation progressive de certaines zones à proximité des rails a accru l’exposition des riverains aux dangers ferroviaires. Il a plaidé pour une réponse collective, inscrite dans la durée, et assuré de l’engagement plein et entier de la municipalité.
Les échanges ont ensuite porté sur les bases juridiques encadrant cette démarche, notamment le décret n°00132/PR du 27 janvier 1978 relatif à la Police des Voies Ferrées en République gabonaise. Ce texte confère aux collectivités un rôle déterminant dans l’application des règles de sécurité.
Dans le cadre du dispositif présenté par Mme Mboute Inès Romilda, cheffe du département sociétal et RSE, et M. Ngagnia-Ndjabounda Eddy Clerck, chef de division des relations communautaires, les communes seront appelées à :
- relayer les messages de sensibilisation auprès des chefs de quartier ;
- accompagner le recrutement de volontaires communautaires ;
- formaliser les associations locales ;
- faciliter le déploiement opérationnel des actions sur le terrain.
De son côté, la SETRAG s’engage à assurer la formation et l’encadrement des volontaires, à garantir leur rémunération selon les modalités établies, et à mettre en place un système de suivi et d’évaluation des actions conduites.
La stratégie s’aligne également sur la Norme de performance 4 relative à la santé et à la sécurité des communautés, traduisant la volonté de l’entreprise de se conformer aux standards internationaux en matière de responsabilité sociétale.
Un consensus pour des équipes mixtes sur le terrain
Les discussions, franches et constructives, ont permis de dégager un consensus autour de la création d’équipes mixtes associant agents de la SETRAG, représentants communaux et membres des communautés riveraines.
L’ambition est claire : passer d’interventions ponctuelles à un mécanisme permanent, structuré et coordonné de prévention des risques ferroviaires.
Parmi les résultats attendus figurent une meilleure compréhension des dangers liés au trafic ferroviaire, un engagement renforcé des collectivités locales et le lancement du processus de constitution d’associations communautaires dédiées.
Vers une culture partagée de la sécurité
Au terme de la rencontre, le message est sans équivoque : la sécurité ferroviaire ne peut reposer sur la seule responsabilité de l’opérateur. Elle doit devenir une culture partagée, intégrée aux dynamiques locales de gouvernance.
À Owendo, cette réunion du 11 février 2026 aura ainsi posé les jalons d’un partenariat renouvelé entre l’entreprise ferroviaire et les territoires traversés par le rail.
Une feuille de route est attendue pour le 18 février afin d’encadrer la mise en œuvre opérationnelle de ce vaste programme.



