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X-Gest : gratuité imposée par l’État gabonais, mais une reprise en main encore incertaine

Réunis, il y a quelques jours, autour du vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, les ministres de l’Éducation nationale, Camelia Ntoutoume-Leclercq, et celui de L’Économie numérique, Mark Alexandre Doumba, ont acté l’interdiction immédiate de tout paiement exigé des usagers sur la plateforme éducative X-Gest. En interdisant avec fermeté toute facturation, le gouvernement gabonais a voulu réaffirmer un principe clair : l’accès au service public de l’éducation doit rester gratuit. Cependant, la reprise en main de cette application par l’État gabonais se heurte encore à des accueils.

La décision d’interdire les paiements sur X-Gest a été motivée par la polémique née de l’instauration d’un abonnement annuel de 2 000 FCFA, jugé ambigu et susceptible de remettre en cause l’égalité d’accès à l’information scolaire. « C’est un service public. Il n’est pas question de faire payer quoi que ce soit aux parents », a martelé le vice-président du gouvernement, rappelant les engagements de l’État.

Si la mesure apparaît sans équivoque sur le plan politique, sa mise en œuvre soulève toutefois de nombreuses interrogations. Car derrière l’affirmation d’une gratuité totale se cache une réalité plus complexe : l’État ne dispose pas encore des leviers techniques et opérationnels pour imposer pleinement cette décision.

Comme l’a reconnu le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale, Christian Louembet Onguele, dans un entretien accordé au quotidien L’Union de ce jeudi 9 avril, la reprise effective de X-Gest reste conditionnée à plusieurs facteurs, notamment le transfert des codes sources, encore en discussion avec le concepteur de l’application.

L’affaire met en lumière une dépendance persistante vis-à-vis du promoteur de la plateforme. Tant que l’État ne maîtrise pas totalement les codes sources et l’hébergement des données, il lui sera difficile de garantir une application conforme à ses orientations, y compris la gratuité.

Cette situation apparaît d’autant plus paradoxale que l’État affirme avoir déjà investi près de 1,2 milliard de FCFA dans le développement de l’outil, auxquels s’ajoutent des coûts mensuels de maintenance. Malgré cet engagement financier, le contrôle technique reste partiel.

Autre difficulté majeure : la capacité à assurer la maintenance de la plateforme. Le ministère reconnaît ne pas disposer, à ce jour, des ressources nécessaires — qu’elles soient financières ou humaines — pour gérer de manière autonome X-Gest.

Dès lors, une contradiction se dessine : comment interdire toute source de revenus liée à l’application tout en garantissant son fonctionnement, sa sécurité et son évolution ? La question d’un modèle économique viable demeure entière.

Dans ce contexte, la décision d’interdire les paiements, bien que politiquement forte, pourrait se heurter aux réalités du terrain. Sans maîtrise technique complète ni solution de financement durable, son application effective reste incertaine.

Le gouvernement a certes engagé un travail conjoint entre les ministères concernés pour trouver une issue, mais les chantiers à mener — transfert de compétences, formation de développeurs, sécurisation des infrastructures — nécessitent du temps.

Une question demeure dès lors en suspens : l’interdiction des paiements sur X-Gest pourra-t-elle être pleinement respectée sans une reprise en main totale et immédiate de la plateforme ?

Pour l’heure, la réponse reste incertaine.

Rappelons qu’il y a eu une tentative de monétisation de X-Gest à partir du 1er décembre 2025. La plateforme est devenue payante (1 000 FCFA/trimestre ou 2 000 FCFA/an), ce qui a suscité la polémique actuelle.

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