Les traces de l’effraction sont encore visibles. La porte principale fracturée, des bureaux mis à sac, du mobilier disparu et un silence pesant qui contraste avec l’effervescence habituelle des lieux. Au siège de la Fédération des Syndicats des Travailleurs des Pays Affiliés à la CIPRES (FESTAC), à Libreville, la stupeur a laissé place à l’incompréhension après deux cambriolages perpétrés en l’espace de quelques jours.
À l’intérieur du bâtiment, les dégâts témoignent de la violence des intrusions. Selon les premiers constats, les malfaiteurs se sont emparés de plusieurs chaises et de ventilateurs avant de vandaliser différents bureaux. Plus inquiétant encore, la porte centrale du siège a été forcée à deux reprises, signe d’une détermination qui interroge et nourrit les inquiétudes des responsables de cette organisation syndicale panafricaine.
Pour les dirigeants de la FESTAC, il ne s’agit pas d’un simple fait divers. C’est un symbole qui est frappé. Depuis plusieurs années, cette institution œuvre à la promotion du dialogue social, à la défense des droits des travailleurs et au renforcement de la solidarité entre les organisations syndicales des États membres de la Conférence Interafricaine de la Prévoyance Sociale (CIPRES). Voir ce lieu ainsi profané suscite une émotion particulière.
« Ce sont des actes de vandalisme ignobles et incompréhensibles », déplore le Secrétaire permanent de la FESTAC, Richard Ndi Bekoung, visiblement marqué par la répétition de ces attaques.
Pour lui, ces agressions portent atteinte non seulement au patrimoine matériel de la Fédération, mais également à une institution dont la vocation est de défendre les intérêts des travailleurs africains.
Face à cette menace, des mesures d’urgence ont été prises. L’ensemble des équipements de Tribune des Droits Sociaux, le média panafricain de la FESTAC, a été mis à l’abri afin de préserver les outils de communication de la Fédération. Une décision dictée par la volonté de protéger un instrument essentiel de sensibilisation et d’information sur les questions sociales à l’échelle du continent.
Mais au-delà de la sécurisation des locaux, la FESTAC entend obtenir justice. Une plainte contre X sera déposée dans les prochains jours afin de permettre aux services compétents d’ouvrir une enquête et d’identifier les auteurs de ces actes de vandalisme répétés.
Ces cambriolages relancent également le débat sur la sécurité des institutions syndicales et associatives au Gabon. Lorsque des espaces consacrés au dialogue social deviennent eux-mêmes des cibles, c’est tout un symbole qui vacille. Pour les responsables de la Fédération, il est impératif que toute la lumière soit faite sur cette affaire afin d’éviter que de tels actes ne se reproduisent.
En attendant les conclusions de l’enquête, les bureaux de la FESTAC portent encore les stigmates de cette double intrusion. Derrière les portes fracturées et le mobilier disparu demeure une même détermination : poursuivre, malgré tout, la mission de défense des droits sociaux et de promotion de la solidarité entre les travailleurs du continent africain.
Par R.E




