À l’occasion de son 43ᵉ anniversaire, célébré du 18 au 20 octobre 2026 à Libreville, la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) réaffirme ses ambitions d’intégration. Entre souveraineté financière, sécurité et développement économique, l’organisation doit désormais transformer ses engagements en résultats concrets pour les populations.
Le financement, condition de survie de la Communauté
Dans un message transmis par visioconférence, le président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, a alerté sur les difficultés financières susceptibles de compromettre la pérennité de l’institution. Il a appelé les États membres à honorer leurs contributions, rappelant que l’intégration régionale nécessite des ressources à la hauteur des ambitions affichées.
La paix et la sécurité, l’intégration économique, la préservation du bassin du Congo, le développement des infrastructures et la valorisation du capital humain figurent parmi les priorités de cette vision. L’objectif est de faire de la CEEAC une véritable communauté de peuples et de résultats.
Représentant le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, le vice-président du gouvernement, Hermann Immongault, a abondé dans le même sens. Il a plaidé pour l’application effective de la contribution communautaire d’intégration et évoqué la perspective d’une banque de développement régionale. Pour Libreville, l’autonomie financière constitue une condition essentielle de l’indépendance politique de l’organisation.
La Vision 2050 face à l’exigence des résultats
Pour le président de la Commission de la CEEAC, le Dr Ezéchiel Nibigira, la Vision 2050 et le plan stratégique 2026-2030 doivent permettre de franchir une nouvelle étape. Ces instruments visent notamment le renforcement de l’intégration économique, la consolidation de la paix, l’amélioration des infrastructures, la gestion durable des ressources, l’inclusion sociale et la gouvernance institutionnelle.
L’enjeu est de faire évoluer la Communauté d’une institution principalement normative vers une organisation opérationnelle, capable de traduire les décisions politiques en réalisations perceptibles dans le quotidien des populations.
Créée le 18 octobre 1983, la CEEAC a connu une période d’inactivité entre 1992 et 1998, avant d’engager une nouvelle dynamique de réformes, marquée notamment par l’adoption du traité révisé en 2019 et l’installation de sa Commission en 2020.
Des obstacles structurels persistants
Malgré ces avancées, l’intégration régionale demeure confrontée à plusieurs difficultés : insuffisance des infrastructures, faiblesse des échanges intracommunautaires et obstacles à la libre circulation des personnes et des biens. À cela s’ajoute l’irrégularité des financements, qui fragilise la mise en œuvre des programmes communautaires.
Les célébrations de Libreville, marquées par une marche de l’intégration, une cérémonie officielle et l’ouverture d’un village culturel, ont ainsi dépassé le simple cadre festif.
À 43 ans, la CEEAC se trouve devant une exigence majeure : mobiliser durablement les ressources et la volonté politique nécessaires pour concrétiser la Vision 2050. Sa crédibilité se mesurera désormais à sa capacité à renforcer la sécurité, dynamiser les échanges régionaux et améliorer les conditions de vie des populations d’Afrique centrale.
Par JEAN FÉLIX NZENGUE BOULENDE



