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Chronique politique : Dans le clair-obscur de l’alternance

Par Guy Nang -Bekale, Docteur d’Etat en Sciences Politiques. Tél : 077 35 89 49
« J’ai choisi de twister les mots et de révéler certains faits pour qu’un jour nos enfants sachent ce que certains ont été ; ce que d’autres ont obtenu et ce que nous avons fait du Gabon ».

Il y a quelques jours, un extraordinaire événement s’est ajouté à la guerre entre la Russie et l’Ukraine. C’est la rébellion du Groupe Wagner et son chef Evgueni Prigojine contre son compère et mentor Vladimir Poutine, information qui a été diffusée, à cœur joie, dans le monde entier par les grands médias occidentaux. La rébellion a été brusquement désamorcée par le Président biélorusse Alexandre Loukachenko, ami commun de Vladimir Poutine et Evgueni Prigojine. A la guerre en cours hors de la Russie a failli s’ajouter, vrai ou pas, une violente et meurtrière opération militaire à l’intérieur du pays de Lénine. Finalement, le plan d’attaque de Wagner a été réputé et considéré comme une tentative de  « coup du père François » très connu en France. Un coup de Maître, une intelligence ruse de la Russie.

Moralité, quand un contexte politique est compliqué et sensible, il faut l’analyser avec beaucoup de calme, de vigilance et de discernement. Je commence par le rappel de cette situation qui met en scène, d’un côté, un mollasson nommé  Volodymyr Zelensky et de l’autre, trois gaillards : Vladimir Poutine, Alexandre Loukachenko et Evgueni Prigojine, parce qu’elle décrit et résume l’état désastreux de la planète qui est en danger par la déperdition et la dégradation de ce qui incarnait les valeurs des peuples : la souveraineté des Etats, la sécurité des populations, l’intangibilité des frontières, les droits de l’homme, le respect de la loi, de la vie, la morale et la foi en Dieu.

Depuis plus de 60 ans, le Gabon connaît un développement artificiel, incohérent et anarchique qui est l’œuvre des femmes et des hommes incompétents et égoïstes, qui donnent l’impression de ne pas avoir de sentiment patriotique et humain ; parce que devenus esclaves du pouvoir politique, de l’argent et solidement agrippés aux privilèges et aux honneurs faciles.

Les habitudes et les faits sont têtus et tenaces. Il n’y a vraiment plus rien à espérer des PDgistes. Non seulement ils s’obstinent, vaille que vaille, pour se maintenir au pouvoir avec un chef qui est objectivement très malade ; mais surtout, ils démontrent qu’ils n’aiment pas et ne connaissent pas le Gabon, leur pays, et les gabonais leurs compatriotes. La décision inconcevable, incompréhensible et  grotesque que vient de prendre la première Assemblée générale du Centre Gabonais des Élections (CGE) est d’une stupidité incomparable. Sans au préalable rendre compte aux populations des opérations et des activités préparatoires des élections, « aux lendemains apaisés » comme ils disent, ces Messieurs et Dames sont passés directement à l’annonce d’un calendrier électoral qui manque de logique, de cohésion et qui ne peut convaincre aucun observateur débutant sur la transparence des futurs scrutins. Le pouvoir ne peut pas organiser des élections transparentes qui donneraient une chance à l’alternance politique ou pour les perdre. L’incompétence, l’amateurisme et l’incapacité du CGE à gérer, sans risques et critiques, quatre scrutins concomitants sautent aux yeux. Cette institution de création récente, quoique placée sous la tutelle de deux anciennes très chevronnées, qui excellent en matière de frauduleux  montages électoraux du pays, ne peut pas manager correctement quatre élections groupées : présidentielle, législatives, municipales et départementales. Les experts gouvernementaux qui ont validé cette malhabile décision sont des Êtres ignares, inaptes à comprendre la réalité et à s’y conformer. Le Gabon est en pleine décadence. Il manque de responsables sérieux, courageux et clairvoyants. Au moment où le système de trois mandats successifs fait couler larmes, sueurs et sang en Afrique ; les Bongo, au pouvoir au Gabon depuis plus de 50 ans,  font fi de cette donne politico-électorale qui s’installe en force dans l’espace francophone ; après avoir insidieusement voulu instituer la transmission du pouvoir d’Etat de père en fils comme en monarchie. Les juristes de la Cour constitutionnelle n’ignorent pourtant pas ce qu’est la République ; sauf s’ils  veulent réaliser le projet d’Omar Bongo qui avait en son temps tenté de faire du Gabon un royaume. Il ne faut pas badiner avec la loi, le droit, la liberté, la république, la démocratie et la souveraineté qui sont des valeurs très précieuses pour les patriotes du Gabon et du reste du monde. Quand une société n’est plus régie par ces valeurs, elle se sclérose et va inévitablement à sa dégénérescence, à sa disparition. Une société sans valeurs de références, sans patriotisme et patriotes, et sans idéal et idéalistes ne peut jamais rêver de grandeur et de puissance. Le Ministère de l’Intérieur, la Cour constitutionnelle et le Centre Gabonais des Élections (CGE) sont, par leur noble nature, condamnés à appliquer la loi et la justice envers toutes les entités sociales ; non point parce qu’ils sont la loi ou la justice, mais simplement parce qu’ils sont serviteurs et dépositaires du pouvoir de le faire. Leurs missions et leurs mandats sont sacrés et doivent faire l’objet d’une administration sérieuse, intelligente et impartiale. La boule puante que le CGE vient de balancer dans la Cour gabonaise dégage une odeur de merde qui n’augure rien de bon pour les résultats des prochaines élections.

Un pays c’est d’abord la population et le territoire au sein desquels sont logées les richesses naturelles et les ressources humaines. Présentement, le Gabon est bloqué par un petit groupe de satanistes qui s’abreuvent du sang des sincères patriotes et se nourrissent de leur part de biens « mal acquis ». Les données essentielles qui caractérisent l’actualité du moment sont entre autres : L’irrespect de la fête nationale du 17 août par un pouvoir impopulaire formé de gabonais et d’étrangers qui surfent sur la peur des citoyens pour se maintenir au sommet du pouvoir d’Etat par la violence, la ruse, la démagogie et qui ont pour seul programme d’actions l’enrichissement à outrance. Un Chef d’Etat illégitime impotent, presque grabataire, qui finit un deuxième mandat usurpé et immérité et s’obstine à vouloir continuer à exercer la fonction de Président de la République. Un jeune Président français loquace, peu expérimenté et en fin de règne, qui joue tantôt à colin-maillard, tantôt à la roulette russe avec les dirigeants françafricains, dont celui du Gabon. Un peuple qui réclame depuis sept ans sa victoire, qui est aussi celle de l’opposant Jean Ping, son président élu. La préparation des votes, par les institutions partiales et partisanes inféodées au pouvoir PDG, dans un désordre et une confusion générale présage les violences à venir. Les grossiers parachutages des candidats du PDG inconnus et sans intérêts avérés dans certaines circonscriptions électorales. Voilà le socle des élections de la honte de cette année 2023 (si elles ont lieu) qui comportent un réel danger. Les spécialistes de la fraude ont tout mis en ordre pour s’autoproclamer vainqueurs de la présidentielle : bureaux de votes secrets, bulletins de vote dissimulés dans des urnes privées, procurations établies en grand nombre, consistantes cagnottes pour corrompre les membres des bureaux des votes… etc… On est tenté de croire que les contours de l’Assemblée nationale, des Conseils locaux, voire du futur gouvernement seraient déjà définis. Concernant la présidentielle, le PDG en maître du jeu accélère le processus électoral par peur de se faire doubler par les événements, même  par une opposition démunie des moyens adéquats de contre-attaque.

Les méthodes de travail des responsables politiques et électoraux du PDG sont si indignes, répugnantes et dégueulasses qu’elles s’apparentent à une invitation à la colère, à la haine, aux violences populaires qui ne sont jamais le fait du hasard, mais la conséquence des actes d’agression répétés du pouvoir politique. Les relations incestueuses et les complicités qui lient la Cour constitutionnelle, le Ministère de l’Intérieur et le CGE sont connues de tous les leaders politiques de l’opposition. Comme chaque gabonais a un parent, un ami, une connaissance dans tous les gouvernements et tous les partis politiques existants ou en création au Gabon ; il s’ensuit que chaque parti politique a au moins en son sein un citoyen qui est de mèche avec le pouvoir. Ce méli-mélo met à nu les « stratégies » de l’opposition, l’affaiblit et bloque le changement de pouvoir étatique. Vivement août 2023.

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