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Construction de l’Hôtel des Impôts : Où sont passés les 25 milliards ?

Alors que Nkéa Ndzigue a annoncé la « fin de la récréation » aux « corrompus du gouvernement » et de l’administration, l’affaire des 25 milliards destinés à la construction de l’Hôtel des Impôts à l’avenue Jean Paul II refait surface.

Les responsables des impôts de l’époque, dont le mollah Ogouma, actuel gouverneur du Woleu-Ntem, devraient être entendus en leur qualité de successeur de Michel Mpega qui dit avoir laissé 25 milliards dans un compte sécurisé de BGFIBank pour la construction de l’hôtel des impôts. Nous ayant assignés en justice vendredi dernier pour diffamation, nous pensions qu’Ogouma allait enfin se présenter à la barre afin d’apporter sa part de vérité dans cette rocambolesque affaire et lever les zones d’ombre sur une gestion incroyable de l’argent public par des dépositaires de l’autorité de l’Etat au-delà de leurs prérogatives légales et administratives. Mais ni lui, encore moins son avocat n’étaient présents.
Les règles de gestion des comptes publics et des deniers de l’Etat sont claires. C’est le cas de la loi organique n° 20/2014 du 21 mai 2015 relative aux lois de finances et à l’exécution du budget. La tenue de la comptabilité publique, c’est-à-dire des recettes de l’Etat d’où qu’elles viennent (impôts, douanes, pêche, domaine, collectivités locales, pétrole, mines, taxes diverses, impôts sur les revenus, TVA, ressources d’emprunt (dettes)…) incombent au trésor public. Il semble que des dispositions particulières peuvent amener un responsable de l’administration publique à faire déposer de l’argent public soit dans une banque privée ou à la Caisse de dépôts et de consignations. Le dépôt de la faramineuse somme de 25 milliards de Fcfa, directement saucissonnés sur les recettes des impôts, a-t-elle obéi à cette logique ? Seul Michel Mpega le sait.
Un confrère, il y a quelques mois, affirmait que dès sa prise de fonction, Ogouma aurait fait transférer cette somme au trésor public en 2019. Dans ce cas, le trésor devrait publier les copies des transactions (ordre de virement, montant, date et compte correspondant du trésor public, ordre de perception de recettes correspondant à la somme de 25 milliards de Fcfa émis par le TPG ou le receveur provincial de l’Estuaire).
Des éléments manquants qui montrent qu’un grand flou entoure encore cette affaire de la disparition dans les comptes de BGFIBank de 25 milliards destinés à la construction de l’hôtel des impôts de Libreville.
Initié en 2009 par l’ancien directeur général Michel Mpega, le projet avait commencé à prendre forme par le lancement d’un appel d’offres en 2011 sous la direction de Joël Ogouma. La signature des marchés des travaux est intervenue en juin 2012 et un rapport de la direction des marchés publics a validé ledit projet. A l’heure où l’on parle, le chantier a été abandonné et l’argent aujourd’hui n’est localisable nulle part avec certitude. Pire, la direction générale des impôts a été chassée, en novembre 2018, de l’immeuble Orchidée (centre-ville) où elle louait des bureaux pour ses services avec des impayés cumulés à 700 millions de Fcfa. Et quel est le bailleur qui a mis la DGI dehors ? Suivez notre regard…
Qu’on le veuille ou pas, nous sommes devant un cas manifeste de détournement de fonds publics si l’on s’en tient aux dispositions du décret n° 15/PR/MINECOFIN du 6 janvier 1976 portant règlement général sur la comptabilité publique qui précise, en son article 21, que « les fonds publics sont obligatoirement déposés au trésor, sauf dérogation autorisée par le ministre de l’Economie et des Finances. Ils ne sont pas générateurs d’intérêts et ils sont insaisissables ». Au moment des faits, cette autorisation avait-elle été donnée ? Rien n’est moins sûr et il n’y aurait pas eu tout ce bruit. Où est passé l’argent au moment où le successeur de Mpega Michel, Joël Ogouma, clame son innocence ?
Voilà un job pour Francis Nkea Ndzigue.

 

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