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Disparition de l’étudiant Mboumba Magosso Lainere Christ-Didier : Noyade ou crime rituel ?

Un jeune étudiant (19 ans) en 1ère année SGI à l’USTM, parti se baigner avec des amis, est recherché par sa famille depuis le 13 avril à Masuku. Sa famille est vent debout devant cet énième cas de disparition mystérieuse dans le G2.

Les faits remontent au samedi 13 avril 2019. Ce jour-là, des étudiants sont allés chercher leur condisciple, Lainere, chez lui, au quartier Maboukou, pour une baignade dans une rivière de la place. Sur place, le groupe trouve effectivement l’étudiant et son colocataire qui a déconseillé à l’étudiant, aujourd’hui recherché, de partir avec ses camarades. Comme s’il savait ! Ce conseil n’a pas plu au chef de la bande, le dénommé Atsoualoula Délice, qui a pratiquement forcé le jeune étudiant à les suivre.

Ils sont donc allés pour ce qu’ils appellent dans leur jargon un groove. Dans un bar du coin appelé « Le Trou », ils se sont ravitaillés en boissons alcoolisées. Mboumba Magosso a confié son téléphone à la gérante du bar, puis ils ont emprunté le sentier, derrière le bar, qui mène à la rivière, un affluent de l’Ogooué, dont l’accès est soumis à une autorisation de gendarmes qui veillent sur les installations de la SEEG. Il faut noter que dans ce groupe de douze étudiants il y avait une fille non étudiante appelée dans leur jargon estudiantin « infiltrée ».

Dix minutes après leur départ, un groupe de deux étudiants revient pour rajouter deux autres casiers de boissons. Furieux, ils demandent à la gérante si elle n’a pas vu leur condisciple Mboumba Magosso. Cette dernière leur dit non et les deux étudiants la somment de restituer le téléphone de Lainere. Ce qu’elle fit. Dix à quinze minutes plus tard, l’infiltrée ressort tout ébouriffée, égratignée, pieds nus, la chemise ouverte laissant entrevoir sa paire de soutiens. En passant devant le bar, la gérante lui demande ce qui se passait. A peine avait-elle dit quelques mots qu’elle avait poursuivi son chemin. A partir de cet instant, on n’a plus eu de nouvelles de Lainere jusqu’aujourd’hui.

Cédric Mouenzi Mounguengui, l’un des frères aînés de l’étuidiant, est informé de la disparition de son petit frère par le grand frère du colocataire de Mboumba Magosso aux environs de 18 heures. A son tour, Cédric informe la famille à minuit. Le lendemain matin, ayant constaté le manque d’informations suite à l’interdiction de communiquer avec la famille, interdiction faite aux étudiants par le recteur, la famille a envoyé un de ses membres à Franceville. Parmi les étudiants qui étaient avec Mboumba à la rivière, il y avait un certain Moussavou, ressortissant de Mouila, ancien camarade de classe de terminale du disparu. Le lundi matin, Moussavou Kombila Eric, mandaté par la famille, est rejoint par le père du disparu pour porter plainte à la DGR, à la PJ et au commissariat central de Franceville. A la gendarmerie de Mbaya, où le recteur et les étudiants ont déclaré la disparition par noyade, les gendarmes présentent les effets du disparu aux membres de la famille. Parmi ces effets, il y a, entre autres, un téléphone portable, un pantalon, un tee-shirt et un sac contenant un morceau de tissu rouge et des cordes tissées à des fins initiatiques. C’est seulement le mardi 16 que le commandant la brigade nautique, accompagné de deux gendarmes et de l’oncle du disparu, a initié des recherches le long de l’Ogooué sans la présence des étudiants ayant fait la déclaration. Constatant que ni les recherches ni l’enquête n’évoluaient au niveau de la gendarmerie, le procureur a été saisi afin de dessaisir la gendarmerie de l’affaire. Ce qui a été fait et l’affaire a été remise à la DGR et le groupe d’étudiants a été arrêté pour interrogatoire.

Après avoir entendu la gérante du bar et des riverains, il semble que l’hypothèse de la noyade, évoquée dans la déclaration des étudiants et du recteur, est un mensonge monté de toutes pièces pour trois raisons au moins. Primo, la piste empruntée ne conduit pas jusqu’à l’Ogooué, mais à une rivière. Deusio, l’accès à la rivière est conditionné à une autorisation préalable de la gendarmerie qui sécurise la base de la SEEG et, tercio, le temps écoulé lors des allées et venues des étudiants pour se ravitailler en boissons était si court qu’il est impossible de croire que ces derniers étaient effectivement à l’Ogooué situé à plus de cinq kilomètres du bar.

Tout ceci fonde la famille de l’infortuné Mboumba Magosso à créditer la thèse d’un crime rituel tel que cela est monnaie courante au Gabon. Néanmoins, la famille du porté disparu ne compte pas se laisser conter.

Affaire à suivre !

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