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Fête de la Libération : Le Gabon se souvient du 30 août 2023, jour de basculement.

À l’approche du 30 août, le Gabon se prépare à commémorer la « Fête de la Libération”, une date désormais gravée dans l’histoire du pays. Cette journée marque le deuxième anniversaire du coup d’État qui a mis fin à des décennies de régime et ouvert une nouvelle ère pour la nation. Les événements qui ont précédé et suivi ce basculement sont essentiels pour comprendre la signification profonde de cette commémoration.

La veille du basculement : une tension palpable

La nuit du 29 au 30 août 2023 a été le point culminant d’une période de forte tension au Gabon. L’annonce officielle des résultats de l’élection présidentielle, qui donnait Ali Bongo réélu pour un troisième mandat, a été faite sur la télévision d’État sans aucune annonce préalable, suscitant l’incrédulité et la colère. L’opposition avait déjà dénoncé des « fraudes orchestrées par le camp Bongo » avant même la clôture du scrutin, revendiquant déjà la victoire.

Dans ce climat de suspicion et de contestation, le gouvernement avait décrété un couvre-feu, coupé l’internet et les chaines de télévision et de radio, France 24 et RFI, des mesures qui ont accentué l’isolement et la frustration de la population. L’atmosphère était chargée d’incertitude, et l’intervention militaire du 30 août est apparue comme l’aboutissement inévitable de cette tension généralisée.

Le 30 août 2023 : un coup d’État pour la « Libération »

Le 30 août 2023, au petit matin, un groupe d’officiers militaires gabonais, se présentant comme le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI), a annoncé à la télévision nationale la dissolution des institutions, l’annulation des élections et la fin du régime en place. Le Général Brice Clotaire Oligui Nguema, chef de la Garde Républicaine, a été désigné comme le nouveau leader de la transition. Ali Bongo Ondimba a été placé en résidence surveillée, marquant la fin d’une dynastie politique de plus de cinquante ans.

Cette intervention militaire a été largement perçue par une partie de la population comme un acte de « libération », d’où le nom donné à cette journée commémorative. Les militaires ont justifié leur action par la nécessité de restaurer la démocratie et de mettre fin à la corruption et à la mauvaise gouvernance. La « Fête de la Libération » est donc célébrée comme le symbole d’un nouveau départ pour le Gabon, marquant la rupture avec le passé et l’espoir d’un avenir meilleur.

Réactions nationales et internationales

Au niveau national, le coup d’État a été accueilli par des scènes de liesse populaire dans les rues de Libreville et d’autres villes, de nombreux Gabonais exprimant leur soulagement et leur soutien aux militaires. La société civile et une partie de l’opposition ont salué cette intervention comme une réponse légitime à une situation politique bloquée.

Sur la scène internationale, les réactions ont été plus mitigées. Si certaines nations africaines ont appelé au dialogue et à un retour rapide à l’ordre constitutionnel, d’autres ont exprimé une certaine compréhension face aux revendications populaires. L’Union Africaine et la Communauté Économique des États de l’Afrique Centrale (CEEAC) ont suspendu le Gabon de leurs instances, tout en appelant à une transition pacifique et inclusive. Les grandes puissances occidentales ont majoritairement condamné le coup d’État, tout en insistant sur la nécessité de respecter les droits de l’homme et de garantir la sécurité des citoyens.

Deux ans après : vers un nouveau Gabon

Deux ans après le 30 août 2023, le Gabon se trouve à un carrefour de son histoire. La “Fête de la Libération » n’est pas seulement une commémoration du passé, mais aussi une célébration de l’espoir et de la détermination du peuple gabonais à construire un avenir meilleur. Les autorités de transition ont initié des réformes visant à restaurer la bonne gouvernance, à lutter contre la corruption et à jeter les bases d’une démocratie plus inclusive. Le chemin est encore long, mais le 30 août restera dans les annales comme le jour où le Gabon a choisi de se libérer et de prendre en main son destin.

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