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Fonds Bleu du Bassin du Congo : Brice Clotaire Oligui Nguéma plaide pour un nouveau partenariat mondial

Réuni à Brazzaville en marge des 61es Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguéma a pris part à la première table ronde des bailleurs du Fonds Bleu pour le Bassin du Congo, un rendez-vous stratégique destiné à mobiliser des financements internationaux pour la préservation et la valorisation durable du deuxième massif forestier tropical de la planète.

Organisée sous le haut patronage du président congolais Denis Sassou N’Guesso, président de la Commission Climat du Bassin du Congo, cette rencontre a rassemblé chefs d’État, partenaires techniques et financiers, institutions multilatérales et acteurs du secteur privé autour d’un objectif majeur : lever 5,32 milliards de dollars américains pour financer 63 projets structurants dans 17 pays membres du mécanisme régional.

La participation du chef de l’État gabonais illustre la volonté du Gabon de jouer un rôle central dans les débats internationaux sur le climat et le financement du développement durable. À travers son intervention, Brice Clotaire Oligui Nguéma a défendu une nouvelle approche des relations entre l’Afrique et ses partenaires internationaux, rompant avec la logique traditionnelle d’assistance.
« Nous ne sollicitons pas une aide. Nous proposons un partenariat reposant sur des principes de confiance, de l’effet de levier par son attractivité et de durabilité », a déclaré le président gabonais, insistant sur la nécessité de reconnaître la contribution écologique majeure du Bassin du Congo à la stabilité climatique mondiale.

Deuxième forêt tropicale au monde après l’Amazonie, le Bassin du Congo représente un immense réservoir de biodiversité et un important puits de carbone. Pour le Gabon, cet espace ne doit plus être perçu uniquement comme une zone à protéger, mais comme un véritable levier de transformation économique et de souveraineté africaine.

Dans cette dynamique, Libreville inscrit son action dans le cadre du Plan National de Croissance et de Développement 2026-2030, qui vise à diversifier l’économie nationale et à promouvoir une croissance verte, inclusive et résiliente.

Le Gabon a ainsi intégré quatre projets prioritaires au portefeuille initial du Fonds Bleu : la gestion des conflits homme-faune, la restauration des mangroves, la valorisation des produits forestiers et l’allocation durable des terres et des ressources en eau.

Au-delà des enjeux environnementaux, cette table ronde constitue également un moment diplomatique majeur pour les pays du Bassin du Congo. Dans un contexte mondial marqué par la contraction de l’aide publique au développement, la compétition pour les financements internationaux et les tensions géopolitiques, les États africains cherchent à renforcer leur poids dans les négociations économiques et climatiques internationales.

Le président gabonais a ainsi plaidé pour une reconnaissance plus équitable des efforts consentis par les pays africains dans la lutte contre le changement climatique.
« Pendant trop longtemps, l’Afrique s’est vu demander de préserver davantage tout en se développant moins. Cette équation n’est plus soutenable », a-t-il affirmé.

Brice Clotaire Oligui Nguéma a également insisté sur la nécessité de transformer les engagements politiques en actions concrètes.
« Le temps des promesses doit laisser place au temps des engagements. Et le temps des engagements doit conduire au temps des réalisations », a-t-il déclaré.

À travers cette participation active à Brazzaville, le Gabon confirme son ambition de devenir l’un des principaux défenseurs des intérêts climatiques et économiques du Bassin du Congo, tout en consolidant son positionnement diplomatique au sein de la CEMAC, de la CEEAC et des grandes négociations internationales sur le climat et la finance mondiale.

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