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Frappes et scandale financiers à l’Eglise Evangélique du Gabon : Le Pasteur-Président Augustin Bouengoune aux arrêts!

Le Président de l’Eglis évangélique du Gabon (EEG) Augustin Bouengone.

Soupçonnés d’avoir détourné la bagatelle 228 millions de FCFA des fonds publics destinés aux frais de scolarité 2018-2019 à l’ordre d’enseignement privé de l’Eglise évangélique du Gabon, le pasteur président Augustin Bouengoune et ses autres responsables sont actuellement dans les mailles de la justice suite à leur audition par le Parquet de la République. Entre lutte contre la corruption et règlements de comptes politiques internes, les analyses vont bon train et la suite encore incertaine…

 Des justifications maladroites…

En vue de faire taire les rumeurs qui circulaient depuis des jours sur les réseaux sociaux autour d’un détournement d’une somme de 228 millions de francs au titre des subventions allouées à l’Enseignement privé protestant, le président de l’Église évangélique du Gabon (EEG), Augustin Bouengoune, avait cru qu’en tenant un point de presse mardi après-midi à Baraka le 19 novembre 2020, il parviendrait à dissiper les doutes autour du « système de frappes et de mangements » bien installés et bien huilé depuis des décennies dans cet ordre religieux. Il avait à l’époque expliqué que  « Cet argent n’a jamais été détourné, le plan d’utilisation faisant foi. Des justificatifs ont été déposés auprès des autorités compétentes et l’enquête, poursuivant son cours, nous nous abstenons de nous étaler sur le sujet ». Mieux, il avait fait une étonnante curieuse proposition celle d’inviter la Cour des comptes à faire un audit de la gestion de ces frais d’écolage au cours des 10 dernières années.

Confiée par le Parquet à la Brigade économique et financière de la Police Judicaire, l’enquête va conduire à l’audition de plusieurs responsables administratifs de l’Eglise Evangélique du Gabon. Le 15 décembre 2020, les choses vont s’accélérer. Plusieurs dirigeants en poste ou en retraite seront arrêtés ce jour-là : le président actuel de l’EEG lui-même Augustin Bouengoune, l’ancien président Jean-Jacques Ndong Ekouaghe accusé d’avoir détourné 160 millions de francs CFA en son temps, Guy Roger Mengue Amvame, l’ancien Directeur général de l’EPP et Joseph Nnang Obiang, l’ex-directeur des affaires financières pour avoir détourné 10 millions de francs CFA chacun. Parmi les personnes arrêtées, figurent également Jean Faustin Mvone Mba, actuel Directeur général de l’EPP et Jean Jules Marie Foula Foula, ancien Directeur des affaires financières.

Depuis une décennie, l’EGG est sujette à plusieurs scandales financiers. La hiérarchie se succédant à la tête de l’Eglise, d’un synode à un autre, s’est illustrée par des actes d’enrichissement rapide à la grande stupeur des fidèles alors que dans le même temps, les écoles, lycées et églises protestantes sont dans l’ensemble dans un état de délabrement avancé, à l’exemple du lycée évangélique Michel Fanguinoveny à Lambaréné.

César fouette l’église !     

 Les rapports ambigus entre l’Etat et les églises au Gabon expliquent un « monde » bizarre pour les profanes. Les églises, via les écoles, lycées et autres sont financées par l’Etat. Hormis cela, d’autres subventions à caractère cultuelle leur sont versées par l’Etat. Du coup, l’Etat sait tenir les églises (protestantes, catholiques et islamiques) par la caisse. Les hommes de Dieu très friands des biens de ce monde, dont le pognon de César, deviennent les sujets  de la loi de César. Un contrôle qui explique qu’à tout moment, l’Etat peut sévir, comme l’atteste l’arrogance du ministre de l’Intérieur Lambert Noël Matha sur l’affaire de la réouverture des églises dans le cadre de la Covid-19.

S’agissant en particulier de l’Eglise évangélique du Gabon, elle connait une profonde crise de gouvernance à tous les niveaux. Politisation, provincialisation, ethnicisation et tribalisation des postes et de la gestion financière. Quand un clan, un groupe ou une province prend le « pouvoir », c’est pour s’enrichir à son tour et promouvoir leur « réseau ». Nomination à la tête des « grandes églises », des « grands établissements ou zones scolaires »…Le tout sous fond de clientélisme et de corruption à large échelle.

Le scandale des 288 millions de FCFA est en réalité la goutte d’eau qui a débordé le vase en interne. En effet, l’élection d’Augustin Bouengoune n’avait jamais été consensuelle ou acceptée par les tenants réels de l’EEG. Du coup, des ficelles sont-elles actuellement tirées pour le faire « tomber » (et ramener le poste de président au Woleu-Ntem, avec la convocation d’un synode extraordinaire pour élire un nouveau président ?) Dans un pays où du sommet de l’Etat  aux Eglises tout le monde vole et pille les caisses placées sous sa gestion, il importe de se demander qui a « vendu » la mèche ? La Justice ira-t-elle jusqu’au bout de ce dossier en condamnant fermement le Pasteur-président de l’EEG et ses acolytes ainsi que les autres dirigeants actuellement en détention avec lui ?

L’argent est devenu le « péché mignon » des dirigeants de l’EEG, qui tous les jours que Dieu fait, traine le symbole de César dans leurs soutanes. Cette affaire va-t-elle faire exploser tout le « système » en place au sein de cette ancienne institution religieuse du pays ?

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