Une nouvelle page s’ouvre dans les relations entre le Gabon et la Guinée équatoriale. Les deux pays ont officiellement signé, lundi 28 juillet au siège de l’Union africaine à Addis-Abeba, un accord conjoint d’engagement destiné à encadrer la mise en œuvre de l’arrêt rendu le 19 mai 2025 par la Cour internationale de Justice (CIJ), mettant ainsi les deux voisins sur la voie d’un règlement pacifique de leur différend territorial.
La signature de cet accord est intervenue en marge de la 49ᵉ session ordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine (UA). Le document a été paraphé par le ministre équato-guinéen des Affaires étrangères, Simeon Oyono Esono Angue, et par le président de la Cour constitutionnelle du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono, en présence du président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, ainsi que du ministre burundais des Affaires étrangères et président du Conseil exécutif de l’UA, l’ambassadeur Edouard Bizimana.
Cette avancée diplomatique fait suite à une rencontre de haut niveau organisée sous les auspices de l’Union africaine entre le président gabonais, Brice Clotaire Oligui Nguema, et son homologue équato-guinéen, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo. À cette occasion, les deux chefs d’État avaient réaffirmé leur volonté commune de respecter et d’appliquer, dans un esprit de dialogue et de coopération, la décision rendue par la Cour internationale de Justice.
Prenant la parole lors de la cérémonie, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a salué un accord qui, selon lui, illustre la capacité des États africains à privilégier le dialogue pour résoudre leurs différends.
« Cet accord reflète un engagement commun envers le dialogue, la coopération, le bon voisinage et le règlement pacifique des différends dans l’esprit de l’unité africaine », a-t-il déclaré.
Au nom du Gabon, Dieudonné Aba’a Owono a souligné que la portée de cet engagement dépassait largement le cadre juridique.
« Au-delà de la portée juridique de cet accord, nous y voyons un acte de confiance mutuelle et un engagement politique fort en faveur de la préservation de la paix en Afrique centrale. Dans un contexte continental marqué par de multiples défis sécuritaires, cette démarche démontre que le dialogue et la coopération demeurent les instruments les plus efficaces pour prévenir les tensions », a-t-il affirmé.
Même son de cloche du côté de la Guinée équatoriale. Le chef de la diplomatie équato-guinéenne, Simeon Oyono Esono Angue, a insisté sur la responsabilité historique qui incombe aux deux États.
« Nous avons la responsabilité historique de démontrer que des États voisins peuvent mettre en œuvre une décision de justice internationale avec sérénité, responsabilité et bonne foi. L’Afrique nous regarde. Le monde nous regarde. Nos peuples nous regardent », a-t-il déclaré.
Présidant le Conseil exécutif de l’Union africaine, le ministre burundais des Affaires étrangères, Edouard Bizimana, a, pour sa part, estimé que cet accord constitue un signal fort envoyé au continent.
« L’accord signé aujourd’hui est bien plus qu’un instrument juridique. Il témoigne de la maturité politique de deux nations africaines qui ont choisi le dialogue plutôt que la confrontation, la coopération plutôt que la division et le respect de l’État de droit plutôt que le recours à la force », a-t-il souligné.
En saluant cette avancée qualifiée d’historique, l’Union africaine a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les deux États dans la mise en œuvre de leurs engagements. L’organisation continentale voit dans cette démarche un exemple concret de règlement pacifique des différends entre États africains, conforme aux ambitions de l’Agenda 2063, qui place la paix, la stabilité et l’intégration régionale au cœur du développement du continent.
Au-delà de son enjeu bilatéral, cet accord apparaît ainsi comme un symbole fort de diplomatie africaine, démontrant que le dialogue, le respect du droit international et les mécanismes africains de médiation peuvent offrir des réponses durables aux différends entre États.



