L’opération dite “méga marché”, organisée samedi 25 mai dernier, au stade d’Angondjé, par la Centrale d’achat du Gabon (CEAG), a suscité un vif engouement populaire tout en révélant certaines limites. Pensée comme une réponse immédiate à la hausse des prix des produits de première nécessité, l’initiative a permis à de nombreux consommateurs de réaliser des économies substantielles, mais a également laissé apparaître des attentes en matière de diversité de l’offre.
Dès les premières heures de la journée, l’esplanade du stade d’Angondjé a été prise d’assaut par des centaines de consommateurs venus de Libreville, d’Akanda et d’Owendo. Lait, riz, produits d’entretien, volailles ou encore conserves y étaient proposés à des prix réduits, avec des baisses estimées entre 15 % et 30 % par rapport aux tarifs pratiqués dans les circuits de distribution classiques. Pour de nombreux visiteurs, l’initiative a été perçue comme une véritable bouffée d’oxygène.
Présent sur le site, le ministre de l’Économie et des Finances, chargé de la Lutte contre la vie chère, Thierry Minko, a rappelé que cette opération s’inscrit dans une volonté politique impulsée au plus haut niveau de l’État. Selon lui, la mise en place de la CEAG vise à rendre accessibles des produits essentiels à des prix encadrés, tout en luttant contre les pratiques spéculatives observées sur le marché.
Au-delà de cette opération ponctuelle, les autorités ambitionnent de structurer un réseau de distribution pérenne dans le Grand Libreville, avec des points de vente labellisés proposant les mêmes produits aux mêmes prix. À terme, ce dispositif devrait être étendu aux principales villes de l’intérieur du pays afin de garantir un accès équitable aux denrées de base.
Cependant, malgré l’enthousiasme général, certaines voix se sont élevées pour pointer des insuffisances. Plusieurs consommateurs ont regretté l’absence de produits frais tels que les tomates, le poisson ou encore la viande.
Face à ces critiques, le ministre a reconnu que la liste des produits proposés n’était pas exhaustive. Il a assuré que le gouvernement entend progressivement élargir la gamme, tout en maintenant des critères de qualité et d’accessibilité. L’objectif affiché reste de toucher un plus grand nombre de ménages et de répondre à un éventail plus large de besoins essentiels.
En intervenant sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement – de l’importation à la distribution, en passant par le stockage et le contrôle qualité – la CEAG se veut une réforme structurelle destinée à réguler les prix et à améliorer durablement l’accès aux produits de première nécessité.
Si cette première édition du “méga marché” apparaît globalement comme un succès populaire, elle met également en lumière les défis à relever pour inscrire cette initiative dans la durée et répondre pleinement aux attentes des consommateurs gabonais.



