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Gabon/Réquisition des stades : En pleine crise sanitaire, le régime s’en souvient !

Dans une note datée du 20 mai 2020, le ministre des Sports a réquisitionné le Stade de l’amitié sino gabonaise (Angondjé), quelques temps après le Palais des sports, dans la perspective de la mise en place d’un hôpital de campagne dédié à la prise en charge des malades du Covid-19. Dans quel état sont ces infrastructures aujourd’hui ?

Des infrastructures onéreuses à l’abandon aujourd’hui

Présentés comme les fleurons de l’émergence en 2012, les Coupes d’Afrique des Nations (Can) organisées au Gabon (2012 et 2017) et leurs stades ont absorbé des centaines de milliards de Fcfa. Dans la propagande du régime à l’époque, les voix qui osaient contester ces choix hasardeux étaient perçues comme des « ennemis publics ». Or, la critique était objective. La priorité de l’Etat gabonais, avec la hausse des cours du pétrole à l’époque, devait-elle être d’engloutir autant d’argent pour la construction de stades alors que le pays n’a pas d’hôpitaux dignes de ce nom, ni d’écoles, ni de logements sociaux et, encore moins, de routes bitumées.
De plus, connaissant la mentalité du régime PDG-Bongo, quel allait être l’avenir de ces infrastructures une fois les Can 2012 et 2017 passées ? Ces interrogations, qui avaient l’air de ressembler à des stupidités aux yeux des « émergents », occasionnent aujourd’hui un tabou au plus haut niveau de l’Etat PDG-Bongo. Personne n’ose plus publiquement en parler ni assumer ces mauvais choix parce que le résultat est là : abandon des stades faute d’entretien. Des investissements qui ont coûté une fortune au contribuable et englouti de faramineux montants :
– stade omnisports Omar Bongo (toujours en construction depuis 2006, inopérationnel pour les compétitions). Coût : 100 milliards ;
– Stade de l’amitié sino gabonaise d’Angondjé (inexploitable). Coût : 30 milliards ;
– Stade Engong d’Oyem (inexploitable). Coût : 48 milliards ;
– Stade Michel Essonghe de Port-Gentil (inexploitatble). Coût : 56 milliards ;
– Stade Rénovation de Franceville (exploité et bien entretenu). Coût : 50 milliards.
Ainsi, à l’abandon depuis la fermeture par le gouvernement de l’Agence nationale de gestion et d’exploitation des infrastructures sportives et culturelles (Anageisc), qui avait très mal géré les moyens qui était à sa portée pour entretenir ces stades, toutes ces infrastructures tombent les unes après les autres en ruines. C’est le cas, notamment des stades de l’Amitié d’Angondjé (hautes herbes, installations électriques et climatisation défectueuses, espace de jeu complètent détérioré) et du stade d’Oyem (20 000 places). Pour ce dernier stade, tout comme pour celui de l’Amitié, l’aire de jeu a laissé place à de hautes herbes et arbustes. Un état honteux qui aurait poussé, d’après une vidéo mise en circulation le 20 avril 2020, un groupe se présentant comme la cellule du grand nord (CGN), à mettre le feu à la loge présidentielle de l’Engong stadium.
Restés inexploités depuis près de trois ans après la Can 2017, ces stades sont la parfaite illustration des éléphants blancs d’Ali Bongo : des ouvrages de grand prestige devenus inutiles a posteriori et dont, finalement, l’entretien devient une charge financière lourde et superflue. Ne pouvant, en effet, l’entretenir ni y laisser se jouer des petits matchs locaux, l’État gabonais (ministère des Sports de Franck Nguema) a préféré laisser ces infrastructures à l’abandon sans même la sécurité (gardiennage) parce que les travailleurs ont été licenciés faute d’argent pour assurer leurs salaires.

Le Covid-19 et le souvenir mythique des stades…

Pour beaucoup de Gabonais : « On ne mange pas les stades …vos stades ne soignent pas le Covid-19 …vos stades c’est pas l’école …vos stades c’est pas la route ». En ordonnant la réquisition du Stade de l’amitié dans un tel état, après le désherbage qui avait été fait il y a quelques mois, le gouvernement mesure, toute honte bue, que l’entretien des biens ou des édifices publics en temps normal peut servir au pays en temps de crise. Là on a le Covid-19. Les capacités hospitalières ne peuvent pas supporter les 1 300 cas encore actifs (non déclarés guéris) du Covid-19 sachant qu’il se dit que le pic épidémiologique est à venir (mi-mai à mi-juin 2020). Et, de l’autre côté, les hôpitaux suscitent déjà une grande peur. Les populations hésitent à y aller actuellement pour ne pas se faire déclarer par malchance atteint par le Coronavirus et pour ne pas y contracter ce virus par manque d’hygiène. Ce qui explique de plus en plus de contaminations parmi le personnel médical lui-même (médecins, infirmiers).

 

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