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Groupe parlementaire PDG à l’Assemblée nationale : Mabala a peut-être dit tout haut ce que…

A la mort de Léon Mba Minko, Albert-Bernard Bongo, en arrivant au pouvoir dans les années 1960, décida de restructurer le Bloc démocratique gabonais (BGD) en demandant à tous les militants de ce dernier de lui faire allégeance. Tous ceux qui ne se soumettraient pas à cette engeance connaîtraient les affres de la prison, la paix du cimetière, ou la solitude de l’exil.

Ce qu’il faut toutefois retenir de cette période charnière du passage de témoin entre Léon Mba et ABB, c’est que la volonté du nouvel homme fort du Gabon était à la fois de rassembler des forces ethnicisées possiblement centripètes et de se libérer des contraintes statutaires du BDG qui auraient pu constituer quelques entraves pour que lui, Albert-Bernard Bongo, en prenne la direction. Il lui fallut donc repartir à zéro en créant une autre organisation politique : le Parti démocratique gabonais (PDG) avec un cercle de nouveaux compagnons et des statuts adaptés.
A la mort d’Omar Bongo Ondimba, Ali Bongo aurait pu s’inspirer de l’esprit tacticien de son « père » pour procéder aux réformes du parti laissé par son prédécesseur tout en en saisissant les rênes et en conservant le plus de monde autour de lui. Mais il n’en fit rien. Au contraire, dès le 10ème congrès du PDG, premier congrès sans Omar Bongo Ondimba, les « vieux » furent débarqués, Boukoubi, lui-même, secrétaire général du PDG, manqua de peu de passer sur le billot – heureusement que Guy Nzouba Ndama intercéda pour lui, laisse-t-on entendre. Le Mogabo vit le jour sous l’œil plus que bienveillant d’Accrombessi. Par après, le groupe Renaissance, de Manfoumbi, l’APR de Guy-Bertrand Mapangou, sans oublier l’Ajev qui, en à peu près deux ans, s’est amassé une fortune au vu et au su de tout le monde. Depuis son arrivée à la tête du pays, Abo n’a eu de cesse d’alimenter et de déclencher des guerres intestines au sein de son propre parti tout en laissant des mains indélicates se servir impunément dans les caisses de l’Etat. Ce qui a développé un esprit fractionniste multipliant la constitution de clans avides de pouvoir et d’argent. Ce qui a développé aussi une méfiance certaine au sein même du PDG. Il ne faut donc pas chercher de réponse là où l’on chute, mais plutôt dans les causes de la chute.

Une affaire style Mabala sous Obo ?

Impensable ! Mais le PDG n’est plus ce qu’il était, alors tenu par une main tout à la fois de gant de velours et de fer. Celle d’Omar Bongo. Deux qualités qui lui furent utiles pour maintenir la cohésion dans ses rangs. Et cela a duré 42 ans. En une dizaine d’années seulement Abo s’est séparé des « vieux » qui sont, pour l’essentiel, tous passés à l’opposition. Il a favorisé la création de nombreuses fractions politiques : Mogabo, APR, Renaissance, Ajev et, aujourd’hui, Sylvia-Nourredin. Une logique de fractionnements s’est donc instaurée au sein du pouvoir et a, bien souvent, eu, en ligne de mire, le vieux parti laissé par Obo.
Le PDG fut la cible du directeur de cabinet Accrombessi dont les principaux alliés n’étaient autres que le Mogabo et Renaissance. Il connut aussi l’emprise du distingué Brice Laccruche Alihanga, véritable calife à la place du kalife, sans que personne n’eut l’audace d’effleurer la question de l’absence du vrai distingué. Omerta. Ces guérillas internes ont certainement transformé le PDG en un chat échaudé. Si l’intervention de Mabala, chef du groupe parlementaire du PDG à l’Assemblée nationale, apparaît, pour l’heure, comme une initiative personnelle qui n’aurait pas rencontré l’assentiment des autres députés PDG, il n’en demeure pas moins qu’elle intervient dans un climat où le Distingué camarade n’intervient quasiment plus. Pourquoi, pour recadrer Mabala, a-t-on choisi la voie de la polémique en recourant au secrétaire national du PDG chargé des Arguments et de la Riposte, Michel-Philippe Nze, au lieu d’en laisser le soin à Dodo Bouguendza Eric ? C’est le billet « Makaya » du quotidien L’union 18 février dernier qui, à propos de cette déclaration de Mabala, posait la question suivante : « Et puis, que pensent le parti et son chef ? ». Pas Michel Philippe Nze. Le chef du parti.
Le même « Makaya », dont le quotidien préféré – il n’y en a qu’un au Gabon – ne savait pas encore si le président Mabala parlait au nom de tous les députés PDG, a pris un ton péremptoire pour s’adresser à l’ensemble de la représentation nationale PDG à l’Assemblée nationale : « Selon ce groupe, soupçonné de défendre des intérêts personnels et des « positions », « le changement de gouvernement ne constitue en rien une solution aux nombreux problèmes du pays ». « Ah bon ? Pense-t-il que tout le monde partage ce point de vue ? ». Le ton montre bien qu’au sein du pouvoir – L’Union en est la preuve – on n’est pas tout à fait sur la même longueur d’ondes. Peut-être Mabala ne fait que dire tout haut les inquiétudes que la plupart des autres députés PDG pensent tout bas. En effet, est-il si erroné de penser que « le changement de gouvernement ne constituant en rien une solution miracle aux nombreux problèmes que connaît notre pays, l’heure est donc au travail et au travail d’ensemble dans un climat de paix sociale et de stabilité politique et institutionnelle… » ? Dixit Mabala. De Léon Mebiame à Julien Nkoghe Bekale, que de Premiers ministres qui ont finalement servi à quoi ?

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