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Haine et humiliation dans le Haut-Ogooué : Lemboumba victime de sa prise de liberté

Le 23 août dernier à Okondja, dans le département de la Sébé-Bricolo (Haut-Ogooué), la maison de Jean-Pierre Lemboumba Lepandou, ancien ministre d’Omar Bongo et ancien conseiller politique d’Ali Bongo, a été réduite en cendres par un incendie. Volontaire ou accidentel ? Les causes de cet incendie sont pour l’heure inconnues. Fait curieux, il est survenu dans la foulée de la tournée perturbée de Barro Chambrier dans cette partie du Gabon. Lemboumba et Barro sont des anciens PDGistes entrés en dissidence contre Ali Bongo pour rejoindre l’opposition. Les actes de banditisme d’Etat d’Okondja ont donc une origine politique.

Jean Pierre Lemboumba Lepandou, alias Coffre-fort, n’a plus d’endroit où poser sa tête à Okondja. Sa luxueuse et somptueuse résidence a été réduite en cendres par des loubards PDGistes de sa localité natale qu’il alimentait pourtant hier. Mais les Bongo ont toujours vécu chaque départ de leur régime comme un humiliant acte de défiance. Et les coupables payent toujours le prix fort. Bertrand Zibi en sait quelque chose. Notons que le feu s’est déclenché dans la foulée de la virée politique d’Alexandre Barro Chambrier dans le haut-Ogooué et lors de l’étape d’Okondja. Sa présence là-bas a été perturbée par de jeunes loubards du PDG arborant fièrement des tee-shirts à l’effigie du dictateur émergent Ali Bongo Ondimba.
Le site en ligne Gabonclic.info est allé plus loin en pointant du doigt des gens venus de la capitale gabonaise « émargeant à la mairie centrale de (Libreville) pour la plupart ». Ils ont monté une «opération digne des commandos d’opérette en garant une camionnette de marque Canter et en démontant ses roues sur le pont du ruisseau Louri», bloquant ainsi la circulation entre deux agglomérations de la localité. Malheureusement pour eux, «Barro Chambrier et sa suite ont préféré sillonner la commune d’Okondja. Sans le savoir, ils ont échappé à ce piège tendu par les ennemis de la démocratie ». La ‘’remontada’’ de ces jeunes pas du tout démocrates aurait-elle des relents tribalistes ? Et ceci expliquerait-il cela ? La question reste entière tant même si Alexandre Barro Chambrier n’a pas fait une escale dans la maison vide de Lemboumba à Okondja. Seule une enquête minutieuse devrait permettre de donner une réponse à cette interrogation. En attendant, l’opinion estime que ces violences politiques ne sont pas spontanées. « Il y a une intelligence qui exerce des manipulations et c’est vraiment dommage », a commenté un observateur. Alors, incendie criminel ou accidentel ? «On n’en sait rien. La petite équipe de gendarmes d’Okondja n’étant pas équipée pour mener des investigations sur ce genre de catastrophe, il est difficile de découvrir la vérité à ce stade », relativise un proche de l’ancien ministre des Finances joint au téléphone.
Son exil actuel est le prix de son soutien au ‘’Chinois d’Omboué’’ qu’il n’est sans doute pas prêt à assumer préférant jouir de son statut d’opposant entre différents salons feutrés de Paris pour clamer la victoire jamais reconnue de Jean Ping et financer, selon certaines indiscrétions, l’opposition et des activistes gabonais. Là-bas, cet ex-ministre des Finances possèderait plusieurs biens immobiliers acquis à la sueur de ses « services rendus à la Nation ». Assez pour ne pas regretter la maison réduite en cendres ce 23 août ?
Sous le ciel gris de son exil parisien, il s’exprime très peu. Le sinistre d’Okondja ce 23 août, dont les causes restent à élucider, pourrait peut-être lui arracher quelques mots. Si cette option reste hypothétique, il est à noter qu’Alexandre Barro Chambrier n’a pas manqué de lister le propriétaire de la villa brûlée parmi les personnalités de cette contrée condamnées à vivre en exil. Et selon certaines indiscrétions, Jean-Pierre Lemboumba Lepandou figure parmi les personnalités politiques gabonaises en exil en France avec lesquelles le leader du Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) s’est entretenu lors de son récent séjour parisien en juillet dernier. Assez pour énerver les loubards du pouvoir ? Rien n’est moins sûr. Mais ce qui est certain, c’est que dictateur émergent affectionne la violence politique.

Laurent Lekogo

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