La déclaration au journal de 20 heures du mercredi 7 janvier 2026, sur Gabon Télévision, de Thibault Gaël Idoumi, directeur général de l’aval pétrolier et gazier, sur les causes de la pénurie de gaz butane suscite incompréhension et scepticisme au sein de l’opinion publique. Selon ce responsable, la rareté actuelle du gaz serait principalement liée à une surconsommation conjoncturelle, directement provoquée par les fêtes de fin d’année.
Une explication qui peine toutefois à convaincre, tant elle semble en décalage avec la chronologie des faits. En effet, la pénurie de gaz butane ne date pas des festivités de décembre, mais se fait ressentir de manière aiguë depuis plusieurs mois déjà. Bien avant les célébrations de fin d’année, de nombreux ménages faisaient état de difficultés persistantes à se procurer des bouteilles de gaz, parfois contraintes de parcourir de longues distances ou de s’approvisionner à des prix largement supérieurs aux tarifs officiels.
Cette justification apparaît d’autant plus incongrue que la direction générale de l’aval pétrolier et gazier a précisément pour mission d’assurer la mise à disposition permanente et régulière des produits pétroliers et gaziers sur l’ensemble du territoire national. À ce titre, elle est chargée de veiller à la continuité de l’approvisionnement, à la bonne gestion des stocks et à la fluidité de la distribution, afin d’éviter toute rupture susceptible d’impacter les populations.
Attribuer la crise actuelle à une simple hausse ponctuelle de la demande liée aux fêtes de fin d’année revient ainsi à occulter le caractère structurel du problème. Si la consommation domestique augmente traditionnellement en période festive, elle ne saurait expliquer à elle seule une pénurie prolongée, installée bien avant cette période et qui perdure malgré la fin des célébrations.
La discordance entre le discours officiel et l’expérience quotidienne des citoyens nourrit un sentiment croissant de malaise et de défiance. Pour de nombreux observateurs, la pénurie de gaz butane renvoie davantage à des dysfonctionnements dans la chaîne d’approvisionnement et de distribution qu’à une surconsommation passagère.
Dans un contexte où le gaz butane constitue un produit de première nécessité pour la majorité des ménages, les attentes sont fortes quant à des explications plus cohérentes et, surtout, à des mesures concrètes et durables. Faute de quoi, les prises de parole officielles risquent de renforcer l’impression d’un discours institutionnel en décalage avec les réalités vécues sur le terrain, face à une pénurie devenue presque chronique.



