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SATRAM : l’ancien directeur général, Olivier Constant Nzue, condamné à deux ans de prison ferme

L’affaire opposant la direction de la société Alogis, héritière des actifs et du passif de SATRAM-EGCA, à une partie de ses employés a connu un nouveau rebondissement judiciaire avec la condamnation par le tribunal de Port-gentil de l’ancien directeur général de SATRAM, Olivier Constant Zué, à cinq ans de prison, dont deux ans ferme et trois ans avec sursis.

Cette décision intervient dans un contexte marqué depuis plusieurs mois par de vives tensions sociales au sein de l’entreprise, confrontée à des difficultés financières et organisationnelles consécutives à son placement en redressement judiciaire, avant la suspension de cette procédure par la Cour Commune de Justice et d’Arbitrage (CCJA) d’Abidjan.

Le 15 mai 2026, une délégation d’Alogis conduite par son directeur d’exploitation, Mboumba Badaï, avait été reçue à Libreville par le ministre de la Justice, Garde des Sceaux et chargé des Droits humains, Augustin Emane.
Au cours de cette rencontre, les responsables de l’entreprise avaient exposé les difficultés auxquelles la société est confrontée, notamment la persistance de mouvements sociaux sur plusieurs sites d’exploitation. Selon la délégation, ces tensions seraient liées à la contestation de travailleurs dont les droits sociaux et financiers sont en cours de liquidation dans le cadre de la restructuration de l’entreprise.

Les dirigeants avaient alors dénoncé ce qu’ils considéraient comme une non-application de certaines décisions de justice ordonnant la cessation des occupations et mouvements de protestation sur les installations de la société.

C’est dans ce contexte particulièrement tendu qu’aurait été prise la décision ayant conduit à l’ouverture de poursuites judiciaires contre Olivier Zué.

Selon les éléments présentés aux autorités, le dirigeant aurait sollicité l’intervention d’individus encagoulés venus de Libreville afin de déloger des employés qui observaient un sit-in pour réclamer le respect de leurs droits sociaux et professionnels.

Cette initiative, largement contestée, a provoqué l’intervention des autorités judiciaires et conduit à l’interpellation du responsable d’Alogis, avant son placement en détention à la prison centrale de Port-Gentil.

Une incarcération que les responsables de l’entreprise considéraient comme préjudiciable au fonctionnement de la société et qui avait motivé leur démarche auprès du ministère de la Justice.

La fermeté du gouvernement sur les droits des travailleurs
Lors de son échange avec la délégation, le ministre de la Justice avait adopté une position prudente, tout en rappelant les principes fondamentaux du droit du travail.

Augustin Emane avait notamment souligné que le différend relevait avant tout d’un conflit social nécessitant l’implication des administrations compétentes, notamment le ministère du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social, de la Formation professionnelle et de la Paix sociale, ainsi que le ministère des Transports, de la Marine marchande et de la Logistique.

Le membre du gouvernement avait insisté sur la nécessité pour l’entreprise de privilégier le dialogue et le respect des droits des travailleurs, estimant que seule une résolution équitable des revendications sociales permettrait de restaurer durablement la stabilité et l’équilibre financier de la société.

La condamnation d’Olivier Zué marque une étape importante dans ce dossier qui mêle enjeux économiques, sociaux et judiciaires.
Au-delà du cas individuel de l’ancien dirigeant, cette affaire met en lumière les défis auxquels sont confrontées les entreprises en restructuration au Gabon, notamment en matière de gestion des conflits sociaux et de respect des procédures légales.

Elle rappelle également la volonté des autorités de faire prévaloir le dialogue social et l’État de droit dans le règlement des différends entre employeurs et salariés, dans un contexte où la protection des droits des travailleurs demeure un enjeu majeur pour la stabilité du tissu économique national.

Alors que les différentes parties restent appelées à trouver une solution durable à cette crise, cette décision de justice pourrait constituer un précédent important dans la gestion des conflits sociaux au sein des entreprises stratégiques du pays.

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