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Société gabonaise de gardiennage (SGS) : On tue la poule aux œufs d’or

Patrice Trivaudey

Le mot est certainement faible, mais la situation est très chaotique actuellement à la SGS où les miliciens, pardon, les agents, broient du noir. Situation préoccupante tant cette société emploie de milliers de Gabonais. Des compatriotes qui, du jour au lendemain, vont pointer au chômage avec les risques que nous connaissons tant ils savent à quoi sert une arme et qu’en situation de détresse sociale, ils peuvent illégalement en user pour se faire un peu de blé.
Gérée depuis 2012 par des cadres nationaux, la société aurait frôlé plusieurs fois la faillite, pour ne pas dire le dépôt de bilan, suite à des malversations. Suite à un mouvement d’humeur du personnel subalterne qui réclamait l’arrivée d’un manager européen comme directeur général, leur doléance a été satisfaite le 16 novembre 2015, les actionnaires ayant décidé de faire venir M. Trivaudey Fabrice. De l’avis du personnel subalterne, ses qualités managériales restent incontestables. Ainsi, à partir de cette date, le personnel a repris confiance et a cessé ses mouvements d’humeur. Mieux, de nombreux clients, qui regardaient la structure avec un brin de méfiance, lui ont refait confiance.
Aux manettes, le nouveau DG découvre un vaste réseau à ciel ouvert de la magouille de ses prédécesseurs nationaux. A alors éclaté une guerre de positionnement entre le nouveau DG Fabrice Trivaudey et les cadres gabonais tapis dans la boîte et rompus à la dolce vita, estimant que le nouveau Blanc voulait leur extraire le pain de la bouche. Inquiétés, les actionnaires ont alors saisi le tribunal de Libreville. Suite à cette saisine, le tribunal a mandaté le syndic judiciaire Athanase Ndoye Loury comme administrateur judiciaire provisoire de l’entreprise. Voilà la SGS sur la voie du redressement judiciaire dès le mois d’août 2017.

Athanase Ndoye Loury

Depuis cette date, l’entreprise connait à nouveau quelques remous suite à des nominations parfois fantaisistes sur des bases régionale, ethnique ou amicale par l’administrateur judiciaire. Suivent également des licenciements massifs. Dans cette foulée, la plupart des cadres gabonais sont virés pour détournement sans, malheureusement, mettre la justice en mouvement. Pire, certains perçoivent leurs émoluments à la maison. Le personnel, qui attendait le retour du DG Trivaudey, a été surpris d’apprendre que l’administration judiciaire provisoire, censée durer 12 mois, a été prorogée de 12 nouveaux mois. Du pain béni pour Ndoye Loury qui va continuer à prendre des décisions impopulaires à l’exemple de la suspension du collège des délégués du personnel, suspension des acomptes quinzaine, non versement des cotisations CNSS et CNAMGS malgré les moratoires, non versement des impôts pourtant amputés sur les fiches de paie… Conséquence, la CNSS a, de facto, suspendu les allocations familiales et de rentrée scolaire au personnel alors que, de son côté, la CNAMGS refuse toute prestation médicale aux agents de la SGS. Au comble de cette mauvaise gestion, les salaires du mois d’août ont été versés sans bulletin de paie, mais en main. L’ensemble du personnel qui devait bénéficier de la décoration de la médaille du travail est toujours en attente…
Les actionnaires doivent se sentir interpellés face à la situation actuelle de la SGS dont on apprend que le chef comptable, M. Sthakys Racolianaud, vient d’être suspendu. Son crime ? Avoir pondu un document comptable montrant la situation catastrophique des comptes de la boîte largement déficitaires à ce jour alors qu’elle avait pointé une embellie en 2017.
Nous y reviendrons.

 

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