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Suspicion de tentative de viol au CHU d’Owendo (CHUO) : Arnaud Marie Emane Ngye, interne ou pervers ?

Accusé de tentative de viol par une patiente enceinte le lundi 27 juillet 2020, Arnaud Marie Emane Ngye, étudiant à l’Université des sciences de la santé (USS) et interne en gynécologie au Centre hospitalier universitaire d’Owendo, a été arrêté puis écroué il y a deux semaine, au pénitencier de Libreville.

L’interne Arnaud Marie Emane Ngye séjourne depuis quelques jours à la prison centrale de Libreville. Livré comme un agneau que l’on mène à l’abattoir par son administration qui était sensée pourtant le protéger après avoir au moins écouté sa version. Ce qu’elle ne fit pas. Lui ôtant de fait, le sacrosaint principe de la présomption d’innocence.
Et pourtant, en remontant l’affaire par des témoignages pris sur place et auprès de ses collègues, « ce frère en Christ » n’est pas reconnu d’avoir un penchant pervers, encore moins de violeur. On lui reconnait plutôt d’avoir une vie chrétienne très rangée.
Le comble c’est que cette situation arrive juste à un moment où avant cela, un autre interne de l’USS avait assassiné et démembré sa concubine. Le prévenu risque donc de trinquer pour un crime dont il est difficile de croire qu’il aurait commis, tant l’environnement ne permettait pas pareil forfait. Malheureusement, il n’est l’enfant de personne, pour ne pas dire qu’il n’a aucun parent bien placé, ce qui n’est pas rien dans ce pays.
En fait, il subsiste un doute dans ce qui s’est passé ce vilain lundi au service de gynécologie obstétrique du CHUO. En attendant la version officielle que va certainement nous livré la justice via le parquet, celle-ci nous a été donnée par un témoin : « Aux environs de 9h 10h ce lundi, une dame (des corps habillés) se présente en consultation, référée d’une clinique pour terme dépassé sur toxémie gravidique. L’interne l’examine, le mari est resté dehors. Après son examen, il demande à la dame d’aller uriner dans un pot, dans les toilettes de la salle d’examen. Il l’entend se plaindre qu’il n’y a pas de lumière. Il va vers elle (probablement pour montrer l’interrupteur). Là elle remarque que sa braguette est ouverte. Elle tente de saisir son sexe à travers le sous vêtement. L’interne la repousse. Elle hurle tu veux me violer !!! Elle crie pour que son mari vienne.
Le résident entre en premier et voit la scène. Il voit la braguette qui est cassée et tente de calmer la dame tout en bloquant la porte pour que le mari n’entre pas. Mais il entre quand même. S’en suit tout un tapage. Le chef de service débarque et tente de calmer tout le monde.
Ça finit en salle de réunion avec la DG, le DAM, la DRH, le SG de la fac, la police... ». Lors de cette audition à sens unique, seule la version de la dame est reçue. Elle aurait dit ceci : « je voulais pisser. Il n’y avait pas de lumière, après j’ai senti qu’on touche mes fesses. Je me retourne, il avait baissé sa braguette… ». Demandant à son tour de prendre la parole, le jeune Emane Ngye se voit conseiller de garder le silence. Il est arrêté et conduit au poste de police. Toutefois, avant la fameuse réunion, il aurait fait constaté au résidant que sa braguette était cassé. Normal donc que l’on puisse voir le dessus de son dessous le pantalon. Toutefois, son sexe n’était pas à l’extérieur pour penser à un début de suspicion de viol. Il y a ici, une forte dose de doute sur cette grave accusation.
Doute qui ne convainc malheureusement pas l’administration du CHUO qui a tout de suite conclut avant même que la Justice se prononce, à la culpabilité du prévenu, si on s’en tient à la missive signée de la sainte main du Directeur général du CHU d’Owendo, Dr Elise Eyang Obame et adressée « A Monsieur le Doyen de la faculté de médecine et des sciences de la santé ». Et avec pour objet : « Mise à disposition d’un étudiant. » On peut lire ceci : « Nous venons par la présente remettre à votre disposition, l’interne de 6ème année dénommé Emane Ngye Arnaud M. affecté au service de gynécologie obstétrique de notre structure.
En effet, ce dernier a été reconnu coupable de comportement déviant à l’encontre d’une patiente… ». Si ce que nous lions ici est vrai, nous demandons à dame Elise où et quand s’est tenu le procès reconnaissant le prévenu « coupable de comportement déviant » et quelle peine lui été infligée par le tribunal ?

Avant même que la justice gabonaise ne se prononce sur le cas du présumé innocent Arnaud Emane, celle du CHU d’Owendo s’est déjà prononcée et a déclaré le prévenu coupable des faits de « comportement déviant à l’encontre d’une patiente ». Voilà qui devrait inspirer la justice gabonaise qui met trop de temps à rendre ses décisions.

Par contre, croyant à l’innocence de leur collègue, les étudiants internes se sont mobilisés pour organiser une collecte afin de lui trouver un bon avocat. L’affaire suit son cours. Sauf que dans ce genre de dossier sensible, trouver un avocat ne suffit malheureusement pas pour se sortir du guêpier. Il y en a qui se sont trouvés deux ou trois avocats et qui croupissent en prison parfois pendant des années, alors qu’au regard du dossier, leur culpabilité est loin d’être établi et qu’au moment du procès, le juge prononce la relaxe tout de suite.
Voici un jeune compatriote qui, si on n’y prend garde, risque sa carrière qui pourrait être brisée, tout simplement parce que le sort a joué contre lui. Cela n’est ni normal, encore moins acceptable. Il y a lieu d’interpeler ici, le ministre de la Justice afin que toute la lumière soit faite sur cette affaire. Tout comme le nouveau jeune ministre de la Santé Guy Patrick Obiang Ndong de son côté, doit jeter un coup d’œil dans ce qui se passe avec les internes aux différents CHU du Grand Libreville. Voilà des jeunes qui sont exploités comme des bêtes de somme, mais qui par la suite sont jetés en pâtures par les administrations de ces CHU. Cela n’est ni tolérable, encore moins acceptable. Aujourd’hui, dame Vane au CHU de Libreville et dame Elise Eyang Obame du CHU d’Owendo ont très mauvaise presse de la part de l’ensemble des internes. Il va falloir, afin de sauver ce qui peut l’être encore, écouter les internes pour voir avec eux, ce qui ne marche pas avec les administrations des CHUO.
Lors d’une assemblée générale du Caducée tenue le mardi 04 août dernier et dont nous avons reçu copie du PV, on peut y lire ceci : « le Président n’a pas omis d’évoquer la situation actuelle de l’Interne Arnaud affecté au Centre Hospitalier Universitaire d’Owendo (CHUO) et actuellement incarcéré. A tour de rôle, le Délégué des Internes du CHUO et le Président du CADUCÉE ont exposé les faits et les démarches entreprises jusqu’à ce jour. Il en ressort que l’affaire a été prise en main par l’avocat choisi par les Internes pour défendre l’Interne en cause. L’évolution de la situation est décrite quotidiennement par le Bureau des Internes du Gabon (BIG), en général via un communiqué chaque soir. Le Délégué des Internes du CHUO a insisté sur la nécessité de s’appesantir sur la question du Statut juridique des Internes, impliquant leur sécurité juridique et leur traitement dans les hôpitaux. Cette position a été partagée par l’ensemble des Internes présents et également les externes, futurs Internes. Pour cela, le président du CADUCEE, a signifié qu’il s’entretiendra à ce sujet avec les autorités compétentes, notamment Madame le Vice-doyen 2 de la Faculté de Médecine (FM), en coordination avec les démarches initiées par le BIG à ce sujet… ».
Il est encore temps, pour les différentes autorités, de prendre la mesure du traitement des internes dans les différents CHU, ceci avant que ces derniers ne donnent de la voix !

 

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