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Tribune/Des irresponsables responsables de… : Rien ne bouge dans le Gabon des Bongo

Tombant d’on ne sait où, Ali Bongo Ondimba, dans une allocution laide de vacuité à l’occasion de la nouvelle année, a mis en évidence toute l’étendue de son irresponsabilité responsable du chaos du pays et des malheurs des populations.

Dans cette iconoclastie, le coup d’envoi avait été donné par le célébritissime Max Anicet Koumba, le président du groupuscule Parti des Gaulois. Il mit en mal le mieux vivre ensemble des Gabonais en accusant les « Pahouins » de bloquer le pays à travers « leur imposture et leur tribalisme ».
Ali Bongo Ondimba lui emboîta le pas le 31 décembre dernier en stigmatisant l’usage de la grève des agents de l’enseignement et des régies financières, dans son entendement, « irresponsables ». A l’en croire, les premiers prennent en otage les enfants et hypothèquent leur avenir. Les seconds mettent en mal l’économie du pays et empêchent le président par défaut, Ali Bongo Ondimba, d’assurer les fins de mois des médecins, enseignants, pensionnaires…et de pourvoir en médicaments les économiquement faibles. Qu’est-ce qu’il est généreux cet Ali Bongo Ondimba !!!

La causalité

En science, en philosophie et dans le langage courant, la causalité désigne le corrélat entre la cause et l’effet occasionné. Les pleurnicheries d’Ali Bongo Ondimba ne sont que l’étalage d’un ensemble d’effets qu’il veut soigneusement éviter de relier à leurs causes et d’en parler.
Loin de nous la prétention d’avoir la maîtrise du dossier, mais le cahier de charges de la Conasysed, déposé sur la table du gouvernement le 3 février 2020, demande :
– la réhabilitation des établissements pré-primaires, primaires, secondaires et supérieurs en désuétude à défaut d’en construire de nouveaux aux standards modernes ;
– le paiement de la Prime d’incitation à la fonction enseignante (Pife) 2015 ;
– le paiement des sommes dues et des rappels solde pour les enseignants en pré-salaires ;
– la régularisation de toutes les situations administratives (recrutement, intégration, titularisation, avancement, reclassement) ;
– le paiement des vacations d’examen 2020 ;
– l’organisation des concours d’entrée à l’Eni et à l’ENS ;
– l’octroi de la prime Covid.
Pour l’essentiel, ces revendications font partie des recommandations des états généraux de l’éducation et de la formation tenus à Libreville du 17 au 23 décembre1983 sous le haut patronage d’El Hadj Omar Bongo. Ils recommandaient, entre autres, de « considérer l’enseignant comme le moteur dans la formation de l’homme » et « de restituer la plus haute dignité morale et civique à la fonction enseignante ».
S’agissant des infrastructures, une recommandation avait porté sur l’effort de construction des établissements scolaires et des logements des enseignants. Lesdits états généraux, revêtus de l’illustre signature omarienne, exhortaient la mise en œuvre de ces mesures dans « des délais raisonnables ». Trente-huit ans après, le délai est-il toujours raisonnable ?
Les états généraux de l’éducation, de la recherche et de l’adéquation formation-emploi, tenus sous Ali Bongo Ondimba du 17 au 18 mai 2010, recommandèrent, entre autres :
– la réhabilitation, le rééquipement et la sécurisation de 4 000 salles de classe au primaire ;
– la construction et l’équipement de 331 écoles primaires avec laboratoires spécialisés (multimédia, langues, éveil scientifique), infirmerie, aménagements pour handicapés, aires de jeux ; 50 collèges d’enseignement secondaire (CES), 15 lycées d’émergence scientifique, 15 lycées techniques de 1 000 élèves ;
– la construction et l’équipement de 51 internats en CES et 6 en lycées de 200 places ;
– le recrutement et la formation de 3 654 enseignants du primaire, 9 196 du secondaire, dont 1 839 dès la rentrée 2010-2011.

Douze ans après, rien a bougé

Au regard de ce qui précède, s’’il manque des salles de classe et du matériel didactique, si les situations administratives des enseignants pataugent, si leur dignité bat de l’aile, qui est irresponsable et qui ne l’est pas ? La réponse se situe dans le regard des enseignants ou dans Anne Barrantin qui a écrit : « Ne jamais accuser les autres quand soi-même on a eu le malheur de faillir. C’est tout ce qu’on peut faire de plus intelligent ». Ayant pris l’option d’arriérer le pays, le système Bongo-PDG devrait assumer ses turpitudes, en particulier dans les domaines de l’enseignement, de la formation et de la recherche. Les détournements des moyens colossaux endettant le pays sur des nombreuses générations, les promesses fallacieuses rythment la vie des Bongo-Valentin cramponnés à un pouvoir usurpé.
En effet, du temps d’Omar Bongo Ondimba, la Banque africaine de développement (Bad) avait consenti un énorme prêt destiné à doter le Gabon de plusieurs écoles. Il n’en sortit de terre que très peu. Le gros du pactole emprunta mille et une directions. Sous Ali Bongo Ondimba, la gentille jambe de force des dictatures africaines, l’Agence française de développement (AFD) en fit autant en visant la construction et l’équipement de 500 salles de classe à Libreville et à Port-Gentil au bénéfice de 25 000 élèves. Mais, comme à l’accoutumée, les imposteurs s’en mirent plein les poches.

La mort des piliers de la souveraineté : l’éducation et l’économie

L’attaque en règle des fonctionnaires de l’éducation et des agents des régies financières n’est pas fortuite ou accidentelle. Elle découle d’un plan ourdi pour empêcher par tous les moyens la création des intelligences et des richesses conduisant au développement et à l’indépendance économique, bras importants de la souveraineté d’un pays. Tel un leitmotiv, ce plan, nous le dénonçons depuis lors. Ces retombées en monnaies sonnantes et trébuchantes atterrissent dans les paradis fiscaux des kleptomanes aux commandes de l’action politique du pays.
Au cours de l’année 2021, ils y ont transféré 441 milliards de francs cfa. Avec des cœurs d’airain et un cynisme froid, ils ont corrompu les fonds alloués à la gestion de la pandémie Covid-19. Même les kits alimentaires n’ont pas été épargnés. Pour eux, la malversation est devenue une manière de vivre, un comportement, une vie. Une nuit, une voix me disait en songe : « Mon fils, retiens ceci : où il y a chiens, il y a puces ; où il y a arachides, il y a souris ; où il y a PDGistes, il y a malversations ».
C’est pour dire que loin d’être un projet, ce plan est un dessein, un ensemble de combinaisons pour arriver au résultat visé : la mort de grands piliers de souveraineté d’un pays. Il ne fait l’ombre d’aucun doute, Ali Bongo Ondimba n’existe plus que dans l’imaginaire des PDGistes. Sinon, pourquoi, au moment où le pays est en ébullition, confier la lecture d’un texte hors contexte à un « sosie » incapable d’articuler une syllabe ?
A l’évidence, les grèves dans plusieurs secteurs et le mécontentement généralisé des populations sont les cosmétiques d’une crise larvée liée au maintien de ce dernier à la tête du pays. On ne peut pas nier la trahison flagrante d’un lobby qui s’obstine à maintenir, à tout prix, une loque à la tête du pays.

C’est une erreur de penser que le peuple est battu et ne peut plus se défendre

Depuis 2009, ce lobby se donne une peine inutile d’ignorer la haine que lui voue le peule pour sa méchanceté, sa malfaisance. La vérité est que maintenant nous sommes entrés dans la phase cruciale de l’ingouvernabilité du pays. L’éclaircie ne viendra qu’avec la restitution de la victoire volée à Jean Ping en 2016. Dans ce contexte, la Cour constitutionnelle doit prendre ses responsabilités si elle veut définitivement sortir de la liste des « irresponsables » responsables de la pauvreté structurelle occasionnée par les usurpateurs au pouvoir qui ne pensent qu’à leur bonheur.
Parler déjà de l’élection présidentielle de 2023 est une chimère.

Beauty Nana BAKITA MOUSSAVOU

 

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