Input your search keywords and press Enter.

Bruce Laccruche Alihanga : Un coup d’Etat constitutionnel au su et au vu de tous !

En tête des critiques, des analyses et de toutes formes de supputations depuis l’AVC de BOA en fin octobre 2018, Bruce Laccruche Alihanga (BLA), son Directeur de cabinet, se complaint dans un rôle politique ambiguë quitte à risquer un jour d’en rendre cruellement les comptes malgré les soutiens et contacts dont il dispose aujourd’hui aussi bien en France que dans le microcosme altogovéen et PDGiste.

Entre la direction des affaires présidentielles civiles, politiques et la prise des décisions financières engageant l’Etat, jusqu’à la présente « tournée républicaine », qui est du seul domaine du président de la République, qu’il effectue avec on ne sait quelle qualité juridique ou politique en réalité, le « blanc » apparait aujourd’hui soit comme un régent, soit comme le vrai Premier ministre du Gabon. Une chose est sûre son agitation politique n’est ni plus ni moins qu’une entorse à la Constitution, et donc un coup d’Etat !

BLA : le vrai premier ministre ?

Jamais de mémoire de Gabonais et au grand étonnement de plusieurs chancelleries africaines et occidentales basées à Libreville, un Directeur de cabinet n’est jamais autant sorti de la réserve de sa fonction administrative et bureaucratique pour prendre vulgairement les devants de la conduite de l’action gouvernementale en lieu et place des membres du gouvernement. Loin de défendre qui que ce soit, le poste de DC n’est nulle part prévu dans la Constitution gabonaise comme devant assumer à titre « temporaire » les fonctions de président de la République. C’est à un véritable coup d’Etat que l’on assiste comme si tout cela était normal. On le sait, c’est auprès de lui à la présidence que les membres du gouvernement prennent leurs instructions et c’est à lui que se réfère le PM Julien Nkoghe Bekale pour prendre certaines décisions ou positions face aux membres de son gouvernement et aux partenaires sociaux ou techniques étrangers. C’est aussi lui qui décide qui doit être nommé ou pas, ministres et hauts fonctionnaires inclus. Seulement, aucun alinéa de la Constitution ne lui donne un tel mandat durant la « vacance temporaire » du poste de président de la République, puisqu’au fond, il s’agit de cela. Il occupe de fait ce poste pour pallier à l’absence consécutive à l’incapacité physique et mentale de l’enfant-roi à diriger le pays et contraint entre deux avions à chercher à travers le monde une solution miracle à son AVC dont les séquelles sont la perte de l’aisance oratoire, les difficultés de mobilité (côté droit) et bien plus encore.

Le Directeur de cabinet assiste le président de la République dans ses prérogatives, c’est-à-dire qu’il assure l’organisation, la coordination et la surveillance du Cabinet présidentiel. Il prend part au Conseil des ministres et administre les ressources du cabinet présidentiel. Tel est le cadre général de son action. Politique, il n’est responsable de rien du tout. Ce n’est pas un élu et il ne peut facilement rendre compte devant le Parlement. La suppression du poste de Vice-président de la République en mai dernier, dans l’affaire du kevazingo, ne lui a pas non plus laissé un espace libre. Puisque la Constitution prévoit que c’est le Premier ministre, en l’occurrence Julien Nkoghe Bekale, qui assure la conduite de la politique de la Nation et rend compte devant le chef de l’Etat et le Parlement. Comment donc une simple fonction administrative va-t-elle se muer en fonction de coordination de l’action politique de l’exécutif jusqu’à organiser une tournée républicaine à travers les provinces du pays. Où sommes-nous ? Et personne, n’en parle ? Lâcheté quand tu nous tiens !

Plutôt, le régent à la place d’un BOA devenu « incapable » ?

Un régent est la personne qui exerce la charge de souverain d’un État (président, roi) quand le titulaire est trop jeune, incapable de remplir sa charge (invalidité physique), en voyage lointain (indisponibilité temporaire), ou en attendant qu’il soit désigné (transition politique). BOA n’échappe pas à l’un de ces cas. Dans une monarchie héréditaire comme c’est devenu le cas du Gabon depuis août 2009, c’est généralement un membre de la famille royale, ou impériale, princière, ducale. Le Gabon étant une « monarchie républicaine », il devient normal que des gens comme Laccruche Alihanga et consorts, soutenus par des tribalistes (comme si le pouvoir d’Etat était l’affaire d’une ethnie téké, famille Bongo ou province G2) et des égoïstes d’autres horizons pressés de s’enrichir vite et tout de suite, joue une comédie politique qui humilie tout un pays et tétanise les forces de bonne volonté. L’on comprend dès lors pourquoi ils ne veulent pas entendre parler de la vacance du pouvoir car c’est bien de cela ici l’enjeu.

Le triomphe d’un « Blanc » venu d’ailleurs et qui, comme le béninois avant lui, se rend compte qu’il est bel et bien au pays des Perreux heureux, culbute tout le monde et tel un héros se fait porter et applaudir par ces mêmes gens. Dans quel pays a-t-on vu pareil comédie se faire ? Gare au réveil violent d’une population que l’on dit « ils ne feront rien ». C’est lui qui promet nommer les cadres des provinces « assis à la maison », engager l’Etat dans la construction des routes et l’équipement de l’arrière-pays en services sociaux de bases…Il n’est ni le Vice-président, ni le Premier ministre, ni le porte-parole du président, ni un quelconque responsable d’institution constitutionnelle…Rien de tout cela. Il est qui ou plutôt quoi finalement. Dans ce cas, que Mborantsuo modifie, comme d’habitude quand cela arrange le clan Bongo et la France, la Constitution comme ce fut le cas en novembre 2018 afin de formaliser la régence de BLA.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.