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Citoyenneté et nationalité au Gabon : Les étrangers et la ruée vers « l’or » !

L’homme d’affaire béninois Dossou Aworet, ancien patron du pétrole gabonais.

Depuis des lustres, le Gabon est un Eldorado qui suscite des convoitises. De nombreux expatriés africains et extra-africains y vivent depuis plus d’un siècle et demi. Pour eux, le Gabon est un pays où coulent le lait et le miel. L’or y abonde ! La plupart d’entre eux se conduisent honnêtement et devraient bénéficier de toute l’hospitalité inhérente à nos cultures et lois.

Ce faisant, notre solde migratoire est négatif. C’est-à-dire qu’il y a plus de gens qui entrent chez nous que de Gabonais qui sortent. Car nous sommes une communauté accueillante et très ouverte. De plus, notre géographie et notre histoire nous condamnent à l’ouverture. Dans beaucoup de pays, la citoyenneté et la nationalité vont de pair. Cela dit, selon nos coutumes tant que tu te comporteras comme un invité, tu seras toujours le bienvenu. Mais si tu commences à déranger tes hôtes, ils te le feront savoir. Et là où le bât blesse, c’est que tous les marchands de vent, VRP en superstitions et autres faux marabouts et prêtres vaudous de pacotille, ont profité de la générosité et de la naïveté des Gabonais pour faire bombance et s’ingérer dans les affaires d’Etat.
Nous avons connu, dans notre jeunesse, de nombreux étrangers avec qui nous avons grandi. C’était à peine s’ils se faisaient remarquer. Ils vaquaient à leurs occupations sans se mêler des affaires publiques. Il se trouve que la cupidité des Gabonais qui les protègent a poussé certains à marcher sur nos plates-bandes en narguant les Gabonais, en oubliant que le Gabon a ses traditions qu’il convient de comprendre. Et jamais un Gabonais vivant à l’étranger n’a cherché à supplanter les autochtones de son pays de résidence. Il est assez étonnant que des marchands d’illusions passent pour des « marabouts« . Un terme d’ailleurs ambigu. Puisque le terme désigne plutôt un guide religieux et spirituel de l’islam confrérique de rite soufi, donc des saints, originaires du Maroc que l’on retrouve en Afrique de l’ouest. Et notamment au Sénégal. Ce sont en réalité des escrocs « féticheurs » qui étalent leur richesse découlant de revenus détournés au Gabon. Des Gabonais leur ont prêté le flanc.
Le Gabon est un pays au sein duquel, depuis 52 ans, l’on peut sortir du néant jusqu’à la cime de la gloire. Ils mystifient les Gabonais dans leur posture anomique actuelle, désemparés par les affres du régime Bongo. Les Premiers ministres Jean François Ntoutoume Emane (1999-2006) et Jean Eyeghe Ndong (2006-2009), donc chefs de l’administration, devaient savoir au détail près qui occupe les hautes fonctions publiques. Donc qui fait quoi, comme l’exige la loi. Mais ils n’ont jamais sonné le tocsin sur ce sujet pourtant sensible. Au contraire, ils ont préféré ne pas bousculer le « fils du patron » et ménagé la susceptibilité de leur maître Obo afin de préserver leur poste. Donc leurs ressources, alors qu’il était notoire qu’un étranger dont l’arrivée au Gabon est connue et qui a détourné des milliards de nos francs en toute impunité. Fut-il chef de cabinet au ministère de la Défense occupé par Boa, un secteur aussi sensible, lequel le nouveau roi du Dahomey, Maixent Nkani, né Accrombessi, avait été ensuite érigé par le même Boa au grade de DCPR. Et il avait pratiquement dirigé le Gabon pendant tout un septennat. Et comme il le répétait à ses compères : « le seul titre que je n’ai pas c’est celui de président de la République« . Une vraie « raspoutinisation » du pouvoir gabonais sous leurs gardes. Ils doivent impérativement s’expliquer. Car Il y a une conspiration du silence ici.

Les Gabonais doivent savoir

Le popo et roi du Dahomey Maixent Accrombessi, Nkani de Bongoville. Milliardaire béninois du Gabon.

Les Etats-Unis sont le pays le plus ouvert au monde. Mais il y a des secteurs qui sont interdits aux naturalisés. Même si ce n’est pas dans la loi. Ce sont des règles non écrites. C’est pour éviter cette intrusion que les pères fondateurs américains avaient prévu une disposition interdisant à un naturalisé de devenir président. Il faut être né Américain. Car ils craignaient qu’un Anglais puisse se naturaliser Américain, être élu président et rétrocéder la colonie au roi Georges III. Georges Romney, né à Mexico (en 1907) de parents américains mormons émigrés au Mexique, et John McCain, né en 1936 sur un navire de la marine américaine (son père amiral commandait le navire) dans le canal de Panama, ont dû bénéficier d’une disposition du Sénat fédéral pour confirmer leur nationalité américaine et valider leurs candidatures en 1968 et 2000. Les Anglais, quant à eux, ont déposé au cours de leur glorieuse révolution de 1688 un roi catholique : James II. Ils en avaient assez que les catholiques les gouvernent. En France, la « Loi Salique » interdisait aux femmes de monter au trône, au motif que la reine pourrait épouser un prince étranger qui gouvernerait la France. Pourquoi Manuel Valls a-t-il échoué aux primaires socialistes en 2016 ? Car les socialistes le savaient Catalan naturalisé en 1982. Au Bénin, sous Mathieu Kerekou, son féticheur officiel malien, Mohamed Amadou Cissé, érigé au rang de ministre d’Etat avait mis à mal toute la République béninoise faisant et défaisant des carrières. Jusqu’à ruiner une banque commerciale. Dans le même pays, Lionel Zinzou, franco-béninois et ancien Premier ministre, avait perdu l’élection présidentielle face à Patrice Talon (2016), car on lui reprochait les origines de sa mère française. L’affaire des frères Gupta, sous Jacob Zuma en Afrique du Sud, ou des deux frères indiens Kamani au Kenya sous Arap Moï avaient eu le même effet boomerang.
Nous avons pourtant des nganga au Gabon, mais aucun d’entre eux n’a jamais fait fortune en devenant milliardaire au point de rouler carrosse, de construire un village entier, comme on l’a vu de la part d’un Malien, Seydou Kane, qu’ils surnomment au Mali « l’homme de Libreville« , dont on ne sait comment est-il arrivé au Gabon, ni comment a-t-il pu amasser une telle fortune en vendant au marché. Ce qu’aucun ministre ou haut fonctionnaire gabonais n’a jamais fait. Il sort et revient au Gabon nonobstant ses tribulations judiciaires en France sans être inquiété.
En Asie, c’est l’opulence de minorités chinoises qui génère les conflits politiques. Par exemple, les Chinois sont 1 % de la population vietnamienne, mais ils contrôlent 80 % de l’économie. En Indonésie, ils sont 3 % de la population et contrôlent 90 % de l’économie. Cela fait des dégâts politiques et humains. L’ouverture n’est pas la porosité.
Notre générosité n’est guère une faiblesse. La faute incombe aux Gabonais qui ne sont jamais capables de remettre chacun à sa place et n’ont aucun sens de la patrie. Ils sont prêts à livrer leur pays à n’importe quel bonimenteur et vendeur d’illusions pour peu qu’il leur promette le paradis avec ses fétiches. Le Gabon est le royaume des charlatans. La sagesse des Gabonais a beaucoup joué à ce jour. Il est temps de sonner le tocsin dans ce domaine. Comme dans bien d’autres. Nous demeurons une communauté accueillante, mais la vigilance devrait être de mise quand il s’agit d’affaires d’Etat. Sécurité nationale et cohésion sociale obligent. Les Gabonais semblent relégués dans leur propre pays. Cela doit cesser.
Aristide Mba

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