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Forces de défense et de sécurité du Gabon : Au service du peuple ou d’un homme ?

Sur cette image, le regard du Commandant en chef de la gendarmerie sur Ali Bongo est assez parlant. Il semble s’interroger si c’est vraiment le vrai Ali Bongo qui est assis à côté de lui.

C’est ce week-end que doivent se dérouler, à Port-Gentil, les obsèques du commandant de la Satram Aymar Mboumba, victime d’un lâche assassinat terroriste sur nos côtes. Cet acte terroriste blâmable dévoile malheureusement au grand jour la porosité de nos côtes, voire de nos frontières terrestres et maritimes et l’incapacité de nos forces de sécurité et de défense à assurer notre sécurité quand nous dormons.

Lors de notre dernière parution, nous faisions la démonstration que le Gabon est dans l’incapacité de parer à une attaque terroriste par voie maritime. D’abord parce que notre sécurité maritime n’est pas au point, ensuite et surtout parce que nous n’avons pas l’équipement adapté pour ce genre de situation. Non, le Gabon est loin d’être en sécurité à ses frontières. Et on comprend mieux le phénomène de l’immigration non ou mal contrôlée dont nous sommes victimes. Il ne s’agit finalement pas d’une volonté délibéré des autorités de laisser librement venir chez nous des étrangers illégaux, mais bien notre incapacité à contrôler cela.
Ce qui s’est passé dans la nuit du 21 au 22 décembre 2019. Dans un pays sérieux, l’assassinat d’Aymar devait emporter le ministre de la Défense nationale, celui de l’Intérieur, les patrons de l’armée et de la gendarmerie ainsi que celui de la marine marchande. Mais, comme on le dit : « la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ». En laissant ces personnalités vaquer librement à leurs occupations comme si rien ne s’était passé alors qu’il y a eu mort d’homme, la mort d’un compatriote à la fleur de l’âge, suivie de l’enlèvement de quatre (4) sujets chinois, on comprend que les responsabilités sont à un autre niveau.
Selon des informations glanées auprès des personnes au fait du dossier, c’est au large, tenez-vous bien, du port d’Owendo que les quatre Chinois ont été enlevés avec une facilité déconcertante. Et c’est sur le chemin du retour, sans le moindre accrochage, que les pirates sont tombés sur le bateau de la Satram et ont refroidi son commandant avant de pointer le cap vers le port de Douala avec leur butin… Interrogé sur la question par les consœurs des médias d’Etat lors d’une interview qu’il leur a accordée durant le nouvel an, le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale a balbutié sur la question. En 2019, le Gabon est incapable de protéger convenablement sa frontière maritime et sa population. Inacceptable !
Il faut savoir que parmi les corps qui interviennent en mer, il y a la marine nationale, la marine marchande, la brigade nautique de la gendarmerie nationale et l’unité nautique de la garde républicaine basée au port môle de Libreville. Si la mission première de la marine nationale est de protéger le pays contre toute attaque extérieure venant par voie maritime, il y a lieu de reconnaître que ce corps, basé, pour l’essentiel, à Port-Gentil, est loin d’accomplir sa mission, ce malgré la bonne formation dont font l’objet ceux qui le constituent. Le manque d’équipement et de moyens adaptés fait défaut. En dehors d’être sous le drapeau, il n’y a pas grand-chose à faire là-bas. Dans un pays où la sécurité des citoyens compte, des patrouilleurs devaient être au large de nos côtes chaque jour que Dieu fait. C’est avec deux moteurs hors-bord de puissance 260 chevaux chacun, soit une puissance cumulée de 520 chevaux, que les pirates sont venus frapper au Gabon. Quelle humiliation !
Cela nous amène à nous interroger si réellement nos forces de défense et de sécurité sont au service du pays ou à celui d’un homme ? En effet, il suffit de regarder les différents budgets votés à l’Assemblée nationale, la défense nationale dame largement le pion à l’éducation et à la santé. Où vont ces budgets colossaux votés en faveur de notre sécurité si nos frontières sont aussi perméables ? La réponse est simple, cet argent sert à surpayer les soldats, à les équiper, non pas pour défendre le pays, mais le régime et réprimer les opposants. Il aurait été intéressant de voir cette armée, qui a semé la désolation le 31 août 2016, aller affronter quelques terroristes venus se moquer d’elle à domicile sans qu’elle ne puisse lever le petit doigt. Comportement impensable. S’il s’était agi d’une marche citoyenne vers la présidence, par exemple, on allait compter des morts.
On ne peut pas marchander avec la sécurité d’un Etat. Nous avons la lourde responsabilité de faire tomber par tous les moyens démocratiques cette dictature qui nous met en insécurité tout en se protégeant elle-même.

 

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