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Département de la Lopé/Booué : Quand la gendarmerie sème la terreur !

Le retraitable général Ekoua devra visiblement mettre de l’ordre au sein de ses hommes.

Le département de la Lopé, qui a pour chef-lieu Booué, est le théâtre depuis quelques années de violences et brutalités, braquages et autres voies de faits impliquant des gendarmes, allant jusqu’à la mort d’homme. L’un des derniers faits en date, l’agression sauvage et les sévices corporels cruels perpétrés sur les jeunes étudiants Aboghe Evrad et Zambe Martial, dans la soirée du 1er juillet 2018, en vacances scolaires dans leur village.

Ce jour-là (qui reste un choc inoubliable pour ces jeunes citoyens), ils se rendaient dans un village pour rejoindre la famille pour cause de deuil à bord du véhicule de leur oncle. Sur un barrage de gendarmes situé au village « Bisso bilam », non loin de Booué, ils sont interpellés par des agents en faction, notamment un certain Beka Megne et son collègue, tous de service ce soir-là. Le motif est le défaut de port de ceinture. Une infraction, rappelons-le, qui n’a pas à ce jour un texte de loi ou un décret qui la qualifie comme un délit ou quasi délit et donc comme une infraction pénale, mais une simple coutume administrative… Les agents « demandent » aux jeunes la somme de 48 000 Fcfa qui correspond à l’amende du Trésor public. Puis, les trouvant peu solvables, les gendarmes exigent des jeunes de « donner » ce qu’ils ont pour retrouver la liberté. Entre-temps, le contrôle des pièces du véhicule et le permis de conduire de celui qui était au volant sont réguliers. Ce qui n’est pas sans décevoir les agents de la gendarmerie qui voulaient sauter sur cette aubaine pour aggraver la peine des étudiants en vacances chez eux. Non comptant à la fois de ce que les papiers des jeunes étudiants étaient en règle et de ce qu’ils n’avaient aucun sou à leur donner, l’un des agents demande le permis de conduire pour le garder. Ce qui, visiblement, ne rencontrera pas l’assentiment des jeunes.

Règlements de comptes contre…

Contre tout attente, lesdits gendarmes commencent à se montrer menaçants et de dire que ce sont eux qui auraient fait partir des affaires les anciens ministres Raphaël Ngazouzet et Pascal Missongo et qu’ils sont sur le point d’en découdre fatalement aussi avec Guy Mamiaka. Des noms dont la parenté est établie avec les jeunes étudiants. Une altercation verbale s’ensuit parce que les jeunes leur auraient demandé le quittancier du Trésor public. Sieur Beka Megne et son collègue l’avaient très mal pris, estimant que comme ce sont des étudiants, ils pensent leur apprendre leur travail.
Dans un premier temps, ils chassent les jeunes en leur demandant de revenir le lendemain « délivrer » la voiture. A peine 500 mètres de marche à pied en retournant sur Booué, n’étant plus en mesure de rallier le village où se trouve le reste de la famille, ils sont poursuivis par des inconnus dans une zone inhabitée et lugubre. Lorsque les jeunes enjambent le pas pour regagner le plus proche village, leurs assaillants crient derrière eux « voleurs, voleurs, assassins… ». Les habitants de ce village sortent des maisons et sans demander des explications se mettent à lyncher les jeunes étudiants, car le spectre des crimes rituels dans la contrée met tout le monde aux aguets. In extremis, un des riverains parvient à calmer la foule un tant soit peu. Les gendarmes rejoignent à leur tour le village. Séance tenante, ils s’acharnent sur les jeunes étudiants et les rouent de coups comme de vulgaires malfrats surpris en flagrant délit. Tout y passe : injures, coups de rangers, crosse de Kalachnikov, gifles… Pire, ils ligotent même les jeunes et les ramènent à leur poste. Avertis tard dans la nuit, les parents tenteront en vain de les voir. Ce n’est que le lendemain qu’ils parviendront à les libérer contre une « caution » de 20 000 francs cfa remise à main propre à des gendarmes.

Des certificats médicaux…

Conduits d’urgence et placés en soins intensifs au centre médical de Booué, les deux jeunes seront par la suite évacués sur Libreville par leurs familles pour passer des examens plus approfondis. Les certificats médicaux établis le 02 juillet 2018 par le médecin chef sont sans appel : « contusion lombaire (hématomes) avec des douleurs atroces rebelles aux antalgiques et anti-inflammatoires, sujets présentant une impotence fonctionnelle et criant au moindre toucher et des douleurs oculaires, une myalgie des cuisses et une vive douleur mandulaire ». Le médecin-chef avait donc prescrit un arrêt médical (incapacité de travail) de 45 jours pouvant être prolongé si des complications se faisaient jour.

…à la saisine du chef d’Etat-major de la gendarmerie nationale

Apres avoir déposé une première plainte au commandement de la gendarmerie de Booué, les parents des victimes de cette barbarie vont vite se rendre compte que rien n’est fait sur place. Tout au contraire, une espèce de solidarité tendant à « couvrir » les criminels habillés en tenue de gendarmes se faisait sentir. Une plainte a finalement été déposée au commandement en chef de la gendarmerie nationale à Gros-Bouquet pour qu’une enquête soit enfin ouverte avec des sanctions exemplaires. Ce qui, seul, peut permettre aux « gendarmes ripoux et hors-la-loi » de Booué et ses environs de se rappeler que « nul n’est au-dessus de la loi ».
Chargée de veiller à la sécurité des personnes et des biens sur l’ensemble du territoire national, puisque c’est le corps des forces de défense et de sécurité qui quadrille, mieux que tout autre (police, armée de terre, etc.), le territoire national (cantons, villages, villes), la gendarmerie nationale, surtout depuis les recrutements opérés vaille que vaille depuis 2010, est inondée de vils individus sans foi ni loi qui sont devenus plus dangereux en tenue que lorsqu’ils étaient des civils, pour ne pas dire des ripoux.

 

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