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Détournement de 25 milliards aux impôts : Le mollah Ogouma gagne une bataille, mais pas la guerre

Le généreux mollah à l’époque où il régnait politiquement au PDG à Lambaréné.

Dénoncé par les journaux de son ancien allié aux impôts (Alphonse Ongouo), le mollah Ogouma s’est empressé de saisir la Haute autorité de la communication afin d’obtenir d’elle des sanctions énergiques contres deux organes de presse membres du groupe Oloumambé : La Loupe et Moutouki. En fin de semaine dernière, Raphaël Ntoutoume Nkoghe et son équipe ont accédé à sa demande. Mais le problème reste entier.

Le mollah a-t-il, oui ou non, volé les 25 milliards que son prédécesseur, Mpega Michel, avait laissés dans la caisse pour la construction de l’hôtel des impôts ? A cette question Ogouma ne souffle mot, même pas dans son journal rapidement réanimé après une période d’hibernation pour venir insulter Richard Auguste Onouviet. D’ailleurs, ne voulant plus trop claquer, le mollah a sommé son équipe de rédaction d’aller imprimer au quartier où la qualité fait malheureusement défaut. Passons !
La Hac a aboulé au mollah Ogouma, rubis sur l’ongle, le scalp de La Loupe, qui écope d’une interdiction de paraître durant un trimestre, alors que Moutouki écope d’un mois. Du travail bien fait. Le mollah est satisfait. Il semble que nous allons aussi passer à la trappe bientôt. Nous nous inclinons à cette volonté du mollah de réduire au silence toute presse qui s’en prendrait désormais à lui.
Comme on le voit, cet intégriste ne se limite plus à faire casser les urnes à Lambaréné, à agresser de paisibles compatriotes dans son journal et à verser dans le terrorisme économique, car au-delà des fameux 25 milliards qui font du bruit en ce moment, le mollah a tout de même été cité dans une affaire d’argent mal acquis au Canada, au même titre que Marie Madeleine Mborantsuo et Lin Mombo. Ne pouvant s’arrêter en si bon chemin, le mollah sème désormais la terreur dans le monde de la presse. A lui seul il a réussi l’exploit de faire interdire deux journaux. Sauf que ces deux journaux sont la propriété de quelqu’un qui, hier encore, a rendu de nombreux services à Ogouma. Il a certainement oublié ces moments-là.
Le comble est que, depuis un moment, les proches d’Ogouma inondent certaines rédactions de virements, via Airtel money, de 200 mille. Si le mollah n’a rien à se reprocher, d’où vient cette générosité de son entourage envers certaines rédactions pour vouloir, en contrepartie, dédouaner le mollah ?
Nous faisons nôtres ces préoccupations du site Gabonmédiatime qui écrit : « Disons-le tout net ! Cette désormais affaire de l’hôtel des impôts « non construit » met en lumière un fait terriblement inquiétant : la légèreté avec laquelle sont utilisés les fonds publics. Du coup, l’affaire est sur toutes les lèvres, car en dépit des tentatives de réponse apportées ces derniers jours par les proches de Joël Ogouma, sur la supposée restitution des fameux 25 milliards dans les comptes du Trésor public, de nombreuses zones d’ombre subsistent. Ce qui pourrait amener les autorités judiciaires, notamment la Cour des comptes et la Cour criminelle spéciale, à interpeller les différents responsables de l’administration fiscale de l’époque.
Dans cette veine, pour comprendre l’imbroglio régnant autour de cette affaire, un magistrat de la Cour des comptes – ayant requis l’anonymat – relève que la première erreur commise par les anciens responsables de la direction générale des impôts, en l’occurrence Michel Mpega et Joël Ogouma, serait l’ouverture d’un compte bancaire et le dépôt de cet argent dans un établissement bancaire privé en violation des dispositions du décret n° 15/PR/MINECOFIN du 6 janvier 1976 portant règlement général sur la comptabilité publique qui précise, en son article 21, que « les fonds publics sont obligatoirement déposés au trésor, sauf dérogations autorisées par le ministre de l’Economie et des Finances. Ils ne sont pas générateurs d’intérêts et ils sont insaisissables ».
Pour le moment, ce sont ses proches qui sont montés au créneau pour, non seulement confirmer l’existence des 25 milliards de Fcfa au moment de sa prise de fonction, mais également tenter d’expliquer que cet argent aurait servi à la fois au fonctionnement de la direction générale des impôts et à d’autres projets d’investissement. Mais quid du budget de fonctionnement alloué par l’Etat ? Contacté par notre rédaction, un inspecteur central des impôts, autrefois proche de Joël Ogouma, nous fait remarquer : « Michel Mpega a réussi à recouvrer 25 milliards de Fcfa issus des pénalités et autres amendes infligées aux contribuables par la DGI. Après son départ, les activités de la DGI se sont-elles arrêtées au point de justifier la disparition des 25 milliards au titre, entre autres, du fonctionnement de cette administration ? ».
Avant que les sanctions de la Hac ne s’abattent sur nous, nous posons une énième fois la question au mollah : où est passé l’argent ? Rappelons tout de même qu’à ce jour les différentes directions provinciales des impôts sont en grève pour 22 mois de loyers impayés. Donc c’est bien au mollah Ogouma qu’incombent ces dettes. Au lieu de faire profil bas, il traine les journaux à la Hac. Mais qu’il sache que tout combat contre la presse est un combat perdu d’avance. Tôt ou tard Ogouma sera inquiété. Il peut se le prendre pour dit.

 

 

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