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Trois questions au président du PGP, Joseph Benoît Mouity Nzamba « Il n’y a aucun honneur à être le chien de garde d’un régime qui a sinistré le pays »

Notable de la République et ami intime de Me Pierre-Louis Agondjo Okawé, Benoît Mouity Nzamba, alias Fidèle Castro, reconnaissable à sa petite taille et à sa barbe blanche, signe de sagesse, trône à la tête d’un parti historique qui a perdu de sa superbe au fil des ans, non seulement par le décès de ses leaders charismatiques, mais aussi par l’action toxique du régime en place. A cela s’ajoutent les évolutions politiques qui font actuellement qu’au Gabon ne peut exister, comme leader d’un parti d’opposition, que celui qui a un compte en banque bien garni. Conséquence, la nouvelle opposition, constituée d’anciens du régime Bongo-PDG, a pris le pas sur l’opposition historique incarnée par des notables comme Luc Bengono Nsi, Benoît Mouity Nzamba… Il nous parle ici non seulement de la vie de son parti, mais aussi de son attachement à Jean Ping, le président élu du Gabon et militant du PGP.

 

Mingoexpress : A la suite de votre déclaration du 25 avril dernier pour marquer votre soutien aux travailleurs gabonais à l’occasion de la fête du travail du premier mai écoulé, principalement au Pr Jean Rémy Yama, président de Dynamique unitaire, emprisonné depuis deux mois, le quotidien l’Union, dans un article y consacré, avoue finir par croire à la disparition de votre parti dans le paysage politique national. Que vous n’êtes plus que l’ombre de vous-même. Que répondez-vous à cette assertion ?

 

Joseph Benoît Mouity Nzamba : Le Parti gabonais du progrès (PGP) avait apporté son soutien à Dynamique unitaire dans sa lutte pour la libération immédiate et sans condition du président Jean Rémy Yama au cours d’une rencontre entre une délégation de Dynamique unitaire et le bureau national du PGP. La déclaration du 25 avril 2022, incriminée par des chroniqueurs de l’Union, reprenait les termes d’une décision du bureau national du PGP en sa séance du 23 avril. Après avoir « constaté le blocage généralisé de la vie politique du Gabon, l’aggravation du chômage, plus particulièrement chez les jeunes, la situation catastrophique des structures sanitaires et de formation…», le bureau national réaffirmait son attachement à la défense de la souveraineté du peuple gabonais librement exprimé en août 2016 et qui a vu l’élection, à près de 67 % du suffrage, de Monsieur Jean Ping, président de la République. Les efforts soutenus de résistance pacifique sous la direction de M. Jean Ping sont un démenti cinglant de toutes les manœuvres ourdies par le pouvoir en place et ses alliés de l’intérieur comme de l’extérieur. Cette réalité est incontournable et le PGP continuera d’y contribuer.
Par ailleurs, le bureau national du PGP « constate et regrette le maintien arbitraire en prison de M. Jean Rémy Yama depuis deux mois. Le bureau national s’insurge contre cette attestation et exige sa libération sans condition. De même, sa radiation de la fonction publique, en violation de tous les droits de l’intéressé, … à suffisance le peu de crédit que le système PDG fait des droits des citoyens. Le PGP apporte son soutien à DU et au Snec dont Jean Rémy Yama est président ». Telle est la position du PGP. Position qu’il assume comme son soutien aux travailleurs gabonais, aux retraités civils et militaires victimes d’un système fait d’injustices intolérables et de déni de droit. C’est la raison même de son existence. Il est vrai que sa pratique politique est aux antipodes de l’agitation éphémère et stérile des prébendiers qui s’excitent le temps de retrouver une place autour de la mangeoire ou de la pseudo opposition recevant les ordres des maîtres du système oligarchique. Non, le PGP suit sa voie, celle de la défense intransigeante des intérêts du peuple, de la souveraineté du peuple en liaison avec les autres patriotes et démocrates sincères. Puisque vous citez le quotidien L’Union, rappelons que ce journal a traité du PGP dans son édition du samedi 30 et dimanche 1er mai 2022, ainsi que dans celle du mercredi 4 mai suivant. Quel honneur, serions-nous tentés de dire ! Trêve de plaisanterie, il fut un temps où ce journal faisait du semi-professionnalisme, mais depuis quelques années, il fait du journalisme de bureau. Comprenne qui pourra !
Les honnêtes gens qui suivent la vie politique gabonaise savent que nos militants sont sur le terrain, que des coordinations provinciales existent, se réunissent régulièrement, s’organisent pour les batailles futures comme elles sont présentes et actives au sein de la Coalition pour la nouvelle République (CNR). L’un des chroniqueurs note ceci : « Excepté la dernière élection présidentielle durant laquelle cette écurie avait soutenu bec et ongles le porte-étendard de la CNR, Jean Ping, de quel pedigree politique peut se prévaloir leader du PGP ? ». On peut comprendre l’agressivité de ce commis en mission. Les Progressistes ne sont pas de son bord et ne visent pas les mêmes objectifs. Il n’y a aucun honneur à être le chien de garde d’un régime qui a sinistré le pays et qui fait honte à l’écrasante majorité du peuple. Notre ambition inébranlable est celle d’une nouvelle République. République des citoyens libres et égaux. Une certaine élite émergente n’a que faire des valeurs qui fondent le patriotisme conséquent, l’attachement à l’intérêt général, au bien commun.

 

Le président Jean Ping est militant du PGP, formation politique que vous présidez. Dans une interview accordée à France 24 il y a quelques mois, il a encore martelé qu’il va récupérer sous peu la victoire de l’élection présidentielle de 2016 que Monsieur Ali Bongo lui a volée. Depuis lors, c’est le silence radio. Pouvez-vous nous dire, en tant que président du PGP, ce qui se passe ?

 

Le PGP avait apporté son soutien au président Jean Ping dès sa déclaration de rupture d’avec le PDG, sa rupture d’avec le régime en place. Le PGP s’était ensuite fortement impliqué dans le choix du président Jean Ping comme candidat unique de l’opposition. Choix des forces du travail, choix des patriotes et des démocrates dans leur écrasante majorité. Choix qui est aussi et surtout celui du peuple gabonais souverain. Le PGP est très honoré de compter le président Jean Ping parmi ses militants. Un militant discipliné, sincèrement engagé dans la lutte pour le triomphe de la démocratie et de la souveraineté du peuple et ce, jusqu’au bout. Il a le soutien du parti dans ce combat difficile qu’il mène avec intelligence et détermination. Vous le savez bien, le chemin vers la liberté est long, mais avec le soutien actif de l’ensemble du peuple gabonais, Jean Ping arrivera à instaurer la nouvelle République.

 

Quels sont les projets du PGP dans les prochains jours ?

 

Les militants du parti poursuivent l’implantation des structures sur l’ensemble du territoire avec méthode, patience et en faisant preuve d’esprit d’initiative et de sacrifice. Le 23 mai, date emblématique qui nous rappelle le triste souvenir du lâche assassinat de notre premier secrétaire général, Joseph Rendjambé Issani, sera commémoré. Journée du souvenir. Souvenir de tous nos morts, souvenir de tous les patriotes et démocrates qui, par leur sacrifice, ont montré et tracé le chemin à suivre, celui de la libération de notre peuple.

Propos recueillis par C.O.

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