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Evénements de Ndjolé : Témoignage de Clotilde Avognon, épouse Nang Eko

La conférence de presse animée par les représentants des familles des détenus politiques suite aux violences politiques survenues dans la ville de Ndjolé a permis à Madame Clotide Avognon d’apporter un éclairage sur cette affaire qui sent désormais le roussi et gêne les autorités administratives, politiques et judiciaires à Lambaréné. Nous publions intégralement son témoignage.

« Mon époux et 60 autres personnes sont présentement et arbitrairement détenus à la prison centrale de Lambaréné suite aux élections législatives locales et municipales dans la commune de Ndjolé. Je voudrais ici préciser que mon époux est un honnête citoyen qui, à la demande forte et pressante de la population de Ndjolé et sans appartenance de parti politique, a accepté de se présenter aux élections municipales du 06 octobre 2018.

Les faits

A ce jour, leur détention arbitraire à la prison centrale de Lambaréné repose sur le fait qu’on les accuse injustement et sans preuve d’avoir incendié la mairie de Ndjolé comme l’indique le communiqué du procureur de la République de Libreville. Rappelons les faits.
Tout commence le samedi 06 octobre aux environs de 21 heures où les résultats issus des dépouillements avaient été transmis au CGE dont les bureaux étaient situés dans l’immeuble de la mairie de Ndjolé.
Les résultats ainsi déclarés deux jours plus tard, alors qu’ils auraient pu l’être le même jour, n’avaient curieusement pas tenu compte du bureau de vote de Bingoma-centre, fief de Monsieur Dieudonné Nang Eko. Ce qui a complétement faussé les donnés, offrant ainsi le spectre de tripatouillage électoral et donnant une victoire douteuse à la partie adverse. Or, J’ai en main les vrais résultats consignés par voie d’huissier de justice qui donnent une victoire éclatante et sans bavure à la liste du candidat indépendant conduite par Monsieur Dieudonné Nang Eko.
Bien qu’ayant gagné les élections et impuissant face à cette injustice criarde, le candidat indépendant Dieudonné Nang Eko avait pris la décision de rallier Libreville sans faire recours. Consigne a été ainsi donnée à tous ses partisans d’accepter les résultats ainsi proclamés dans le calme et la sérénité.
Sur le chemin du retour, vers 20 heures, on lui annonce par téléphone que la mairie a pris feu et que les forces de l’ordre chargées de la sécurité des lieux n’ont rien fait. Pourquoi ?
De surcroît, chemin faisant, il reçoit l’appel téléphonique d’une haute autorité de la République (Etienne Makaga – ndlr) lui demandant de se rendre à la DGR pour faire une déposition alors qu’aucune procédure judiciaire n’avait été ouverte. Ce qu’il a fait. Mais, malheureusement. Il a reçu des menaces verbales dudit ministre, il a été accusé par ce dernier d’être l’auteur de l’incendie, traité de pyromane, menacé de détruire sa vie, de ne plus rien représenter dans ce pays. Toujours pour montrer sa bonne foi, Monsieur Dieudonné Nang Eko s’est rendu avec trois (3) membres de sa famille, à savoir Charlie Mendome, Jean Parfait Sakamadang et Stéphane Letsindja, à la DGR pour se soumettre aux ordres de la haute autorité de l’Etat.

Ce qui reste de l’hôtel de ville de Ndjolé.

Dénonciation

A l’issue de cela, ils ont été gardés à vue à la gendarmerie de Gros-Bouquet pendant huit (8) jours consécutifs. Ce qui est un déni de droit. Jusqu’à ce jour, ils ne sont plus retournés chez eux. Plus de soixante (60) autres personnes, citoyens de Ndjolé, jeunes, femmes, personnes du troisième âge, injustement arrachés à leurs familles pour seul motif d’avoir voté la liste du candidat indépendant sont en ce moment arbitrairement détenus à la prison de Lambaréné dans des conditions exécrables. A cela, s’ajoutent des cas de maladie ayant nécessité des hospitalisations pour hausse de tension et déprime.
Un huissier de justice mandaté a interrogé des personnes détenues qui ont nommément cité les personnes vues avec des bidons d’essence. Pourquoi ces personnes ne sont-elles pas interpellées ? Pourquoi l’incendie n’éclate que deux 02 heures après la proclamation des résultats ? Pourquoi les membres de la liste PDG ne sont-ils pas entendus par les services judiciaires ? Pourquoi le président local du CGE est-il porté disparu ? Et pourquoi sa responsabilité pénale n’est-elle pas engagée conformément au code électoral… ?
Pourquoi les gardés à vue de Gros-Bouquet étaient-ils, pendant presque toute une semaine, interdits de parler à leurs avocats sous prétexte que des supposées instructions auraient été données par les autorités ?
Quelle responsabilité ont le commandant de brigade de gendarmerie de Ndjolé ainsi que les différents chefs d’unités des forces de l’ordre qui étaient chargés de la sécurisation de la préfecture et de la mairie de Ndjolé et qui ont livré la mairie aux pillards avant qu’elle soit incendiée… ? Que disent les différents services de renseignement qui ont certainement été envoyés en renfort dans cette petite ville qui ne parvenait pas à rendre publics les résultats électoraux deux jours après l’ensemble du territoire national ? A-t-on pensé qu’au-delà des personnes innocentes emprisonnées injustement, ce sont des familles entières qui sont privées de sources de revenu, d’emplois ? Autant de questions qui nous montrent que le droit et la justice n’ont pas été appliqués. A-t-on pensé qu’au-delà des personnes innocentes emprisonnées injustement, ce sont des familles entières qui sont privées de sources de revenu, les parents étant en prison, des étudiants « bloqués » ?
Deux moteurs hors-bord appartenant à Monsieur Dieudonné Nang Eko ont été saccagés par incendie au lendemain de ce même scrutin électoral. Qui en sont les auteurs et les commanditaires ?
Toutes ces questions nous prouvent suffisamment qu’il s’agit là de détentions arbitraires à caractère politique. Il s’agit là d’une victime incriminée. Je puis vous assurer que le tempérament et l’amour que Dieudonné Nang Eko a pour sa ville ne lui auraient jamais permis ni de faire ni d’encourager les populations à faire du mal à une ville qu’il a tant aimée.
J’en appelle à la relaxe pure et simple de mon époux Dieudonné Nang Eko et des 60autres personnes détenues arbitrairement à la prison de Lambaréné, surtout les femmes, les enfants et les personnes âgées.
Je vous remercie ».

Avec un Ali Bongo loin du pays, Denise ne peut rien craindre pour le moment. Elle a fait un travail d’artiste parfait. Ses otages sont au frais et personne ne peut les sortir de là. Mais il y a un Dieu.

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