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Fonds d’initiative départementale (FID) : qu’en est-il advenu 3 ans après son lancement ?

Ali Bongo, lors du lancement du FID à Franceville en avril 2018

Alors qu’Ali Bongo vient de faire une batterie de promesses aux Gabonais, à l’occasion du discours à la nation, prononcé le 31 décembre dernier, l’on se souvient encore de cette autre promesse concernant la création d’un Fonds d’initiative départementale (FID), faite lors de son adresse à la nation fin 2017, et reprise à grande pompe lors de son séjour à Franceville en avril 2018. Trois années plus tard, qu’est-il  advenu de ce FID qui avait pour objectif de réduire les inégalités  territoriales et rendre nos provinces plus attractives ?

Il y a trois ans, Ali Bongo annonçait la création d’un fonds constitué d’une enveloppe de 1 milliard par an alloué au développement de chacun des 48 départements que compte notre pays. «Aujourd’hui, les attentes des populations commandent une action publique efficace avec des projets au plus près des gabonais et mieux adaptée à leurs besoins. Des actions qui visent des résultats immédiats et perceptibles pour répondre à leurs attentes légitimes. Ces fonds seront dédiés au financement de projets communautaires dans chaque département, dans l’optique d’améliorer la qualité de vie des populations et de dynamiser le développement économique local ». Tels sont les propos d’Ali Bongo par lesquels il annonçait la création du Fonds d’initiative départemental (FID).

Pourtant trois ans après cette annonce, relayée à grand renfort médiatique, le FID semble s’évanouir progressivement dans l’esprit des gabonais auprès desquels cette idée du numéro un gabonais avait pourtant suscité engouement et espoir.  Selon son promoteur, ce fonds qui devait être piloté par les gouverneurs de province en concertation avec les préfets et autres élus locaux, faisait  en sorte que les décisions se prennent au plus près des populations en soutenant les PME, les agriculteurs, les artisans et autres entrepreneurs dans chaque département du Gabon.

On se souvient qu’en 2018, année de lancement du FID, la présidence de la République, par la voix de son porte-parole de l’époque, Ike Ngouoni,  annonçait avoir provisionné 50 milliards FCFA pour le financement du FID à la Caisse des dépôts et de consignations (CDC). Pourtant depuis cette date à ce jour, aucune action perceptible et vérifiable n’a été menée dans aucun département du Gabon dans le cadre du FID, en dehors de quelques missions à l’intérieur du pays qui se limitaient à recenser les projets de développement des populations locales. Ce qui renforce le doute que certains gabonais émettaient déjà quant à véracité de cette déclaration et sur l’origine de ces 50 milliards FCFA qui seraient détenus à la CDC. La ligne budgétaire prévue pour le FID dans le budget initial 2018 avait été purement et simplement supprimée dans la loi de finances rectificatives 2018 (LFR 2018). Plus grave, en parcourant les budgets qui se sont succédé, jusqu’à l’actuelle loi de finance 2021, aucune dotation budgétaire concernant le FID n’y est inscrite. Est-ce à dire que ce projet est déjà mis aux oubliettes par Ali Bongo et ses gouvernements successifs ? Ou ce n’était qu’une chimère de plus vendue aux gabonais qui aspirent à un développement équilibré de leur pays ?

Le gouvernement, qui est tenu de mettre en musique la politique du chef de l’Etat, gagnerait à éclairer ses compatriotes sur ce qu’est advenu du FID, placé chantier prioritaire par Ali Bongo dès son lancement.

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