Le Gabon marque une nouvelle étape dans sa stratégie de redressement financier en réussissant son retour sur les marchés internationaux des capitaux. Le gouvernement a annoncé, ce jeudi 30 juillet, le succès d’une émission obligataire internationale de 920 millions de dollars américains, assortie d’un coupon de 9,375 % et d’une maturité de sept ans, avec un différé d’amortissement de trois ans. L’opération, largement sursouscrite selon les autorités, témoigne du regain de confiance des investisseurs internationaux envers la signature souveraine du pays.
Cette levée de fonds intervient dans un contexte où les autorités gabonaises poursuivent leurs efforts de consolidation des finances publiques et de rétablissement de la crédibilité financière de l’État. Dix-sept mois après une opération de refinancement réalisée dans des conditions particulièrement coûteuses, avec un rendement de 12,7 %, le Gabon parvient désormais à mobiliser des ressources à un coût inférieur aux projections formulées ces derniers mois.
Les fonds mobilisés serviront à financer des projets d’investissement inscrits dans la Loi de finances rectificative 2026 ainsi qu’à apurer une partie des arriérés de paiement de l’État envers les entreprises. Selon le gouvernement, cette démarche vise à soutenir l’activité économique, améliorer la trésorerie des entreprises créancières et renforcer les conditions d’exécution des politiques publiques.
Les autorités soulignent également que cette opération s’inscrit dans une stratégie globale de gestion active de la dette publique. Elles rappellent qu’en 2025, le Gabon a honoré l’ensemble de ses engagements financiers, avec plus de 2 565 milliards de FCFA remboursés sans retard sur ses obligations internationales. Ce bilan, conjugué à la demande officielle d’un programme avec le Fonds monétaire international (FMI), déposée en mars dernier, constitue, selon elles, un signal favorable envoyé aux investisseurs.
Le gouvernement met également en avant la performance de cette émission au regard des récentes opérations réalisées par plusieurs pays d’Afrique centrale. Avec un coupon de 9,375 %, le Gabon estime avoir obtenu des conditions plus favorables que certains emprunteurs comparables de la sous-région, dans un environnement international marqué par des taux d’intérêt durablement élevés.
Si certains observateurs continuent de s’interroger sur le niveau du coût de financement ou sur les implications de cette nouvelle dette, les autorités défendent une opération calibrée en fonction des besoins réels de l’État. Elles rappellent que le montant effectivement levé demeure inférieur au plafond autorisé par le Parlement et que l’objectif est avant tout d’assainir le passif de l’État tout en finançant des investissements structurants.
À travers cette émission obligataire, le Gabon entend ainsi confirmer son retour progressif sur les marchés internationaux et poursuivre sa trajectoire de rétablissement financier, dans la perspective d’un futur programme avec le FMI et de la mise en œuvre du Plan national de croissance et de développement 2026-2030.
Par E.R



