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La chronique politique de Guy Nang Bekale : L’avenir en « clair-obscur » de la restauration des institutions

Au moment où le CTRI se prépare à organiser une importante rencontre dite dialogue, ou concertation nationale inclusive sous la direction d’un pouvoir d’exception fait d’un mélange de militaires et de civils au sein de l’Exécutif ; de Pédégistes, d’opposants et d’acteurs d’une partie de la société civile, dans le Parlement, malgré la consigne du président du CTRI qui a suspendu momentanément l’existence des partis politiques durant la transition, il faut bien observer ce qui se dessine.
Le pouvoir exécutif gabonais est actuellement formé d’un militaire, général de brigade, chef d’Etat, et d’un économiste Premier ministre, chef du gouvernement. C’est la première fois qu’un tel attelage, que l’on peut rarement trouver ailleurs, est fait au Gabon après le fameux triumvirat proposé pour la vacance du pouvoir lors de l’absence d’Ali Bongo pour cause de maladie. Cette cohabitation militaro-civile ne doit pas déboucher sur des divergences de conceptions et de vues sur la durée, le contenu et les modalités de la restauration des institutions qui est le « programme d’actions » proposé par le CTRI et pas celui du Premier ministre qui a attendu la journée d’hier jeudi 07 décembre pour faire sa présentation de politique générale devant les députés.
La cohabitation entre les militaires et les civils, au sommet du pouvoir d’Etat, est un mélange des genres qui peut à tout moment se révéler inefficace, devenir conflictuel ou inopérant et inefficace si les deux personnalités ne font pas preuve de modération, d’humilité, de discernement et de sagesse parce que le pouvoir « est une forme de drogue » et la politique est « un domaine où l’erreur est facile et où les ressentiments, sous ses diverses formes, sont quasi présents ».
Pour restaurer le institutions, il faut commencer par normaliser et respecter les comportements, les décisions et les actes qui ont été posés comme préalables ou conditionnalités dans la charte du CTRI : Comité-(1) pour la transition (2) et la restauration des institutions (3). La transition pour la restauration des institutions républicaines doit être une audacieuse et rigoureuse réforme améliorante, porteuse de progrès, de développement et de fierté pour le Gabon et sa population. Elle passe, avant tout, par une restauration des mentalités et des comportements.

1- Le comité : par définition et essence, un comité est constitué d’un petit nombre de personnes déléguées par un groupe plus important. Le comité consulte, décide et agit pour ses mandants. Le CTRI représente les forces de sécurité, de défense, d’autres forces et, par ricochet, le peuple gabonais. Malgré le fort soutien populaire, le CTRI est un appendice et non une émanation du peuple souverain.

2- La transition : nous l’avons caractérisée dans une publication passée. La transition se situe entre deux situations et dans le court terme. Au Gabon, c’est une étape intermédiaire, préparatoire du futur dialogue national inclusif à venir ; futur dialogue qui doit avoir pour mission d’élaborer une stratégie de développement de la société à très long terme. Cette stratégie pourrait avoir pour objectifs la planification des actions à insérer dans un vaste et durable chantier national ; l’affirmation des principes de la démocratie et de la bonne gouvernance politique, économique, financière et sociétale ; les propositions relatives à la réorganisation administrative et politique du pays ; la fixation de bases légales pour des élections propres, transparentes, justes et crédibles ; la valorisation de l’identité et de la culture multidimensionnelles gabonaises ; la prise en charge d’un pan de l’économie gabonaise par les nationaux, etc.

3- La restauration des institutions : c’est une réforme, une entreprise de long terme qui consiste à matérialiser la stratégie de développement à travers une programmation séquentielle des actions et des projets identifiés à exécuter.
Logiquement, la restauration des institutions sera l’œuvre du pouvoir post-transition qui sera démocratiquement élu au suffrage universel tandis que la transition est l’œuvre à court terme du CTRI ; œuvre qui pourrait se déployer sur le long terme par la suite suivant le contexte politique post-transition.

La post-transition : ce sera une période très importante dans l’actuelle virage historique politique du Gabon parce que quatre (4) puissantes forces seront en présence : les soldats patriotes du CTRI ; les patriotes civils des partis politiques ; ceux de la société civile et des autres entités sociales ; les personnalités politiques de l’Etat français et le peuple gabonais dont le pouvoir souverain demeure introuvable. Toutes doivent se mobiliser pour que le passage de la transition à la nouvelle République se fasse convenablement, dans la paix, sans cris, pleurs, larmes, sang et violences.

Autres faits
Les lenteurs administratives : le remboursement des sommes payées par les candidats pour les cautions aux élections législatives et locales vient de faire la démonstration des incohérences et des lenteurs administratives. Trois entités sont concernées par le remboursement de ces cautions qui sont les propriétés des déposants. Ce sont le ministère de l’Intérieur, le trésor public et la Caisse des dépôts et consignations (CDC) qui traînent à restituer aux candidats et aux partis politiques leur argent. De plus, l’Etat, qui n’a pas donné de franc électoral légal, doit tenir compte des dépenses engagées par les candidats pour financer leur campagne électorale. Tous les candidats indépendants et des partis politiques attendent la réaction des pouvoirs publics concernant cette situation.
L’un des exemples à suivre est celui la mairie du 3ème arrondissement sise à l’avenue Cointet. Le maire et ses collègues et collaborateurs sont souvent présents au poste et disponibles. Ils légalisent des documents sans délai excessif. La célérité d’exécution a pour conséquence d’attirer beaucoup d’administrés et, donc, un trop-plein de demandes qui engorgent les services de la mairie et provoquent l’effet inverse. La saturation des services n’est pas le fait de la lenteur, mais de celui du travail bien accompli. Bravo, Monsieur le maire !

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