Pendant trois jours, Lambaréné a renoué avec son histoire, ses traditions et son identité. Du 24 au 26 juillet 2026, la première édition de la Fête des Cultures de l’Ogooué, initiée par la mairie de Lambaréné, a transformé la capitale provinciale du Moyen-Ogooué en une véritable scène de célébration du patrimoine gabonais. Au terme d’un week-end riche en découvertes, en émotions et en partage, le rideau est tombé sur une édition inaugurale unanimement saluée comme une réussite.
Dès les premières heures de la cérémonie d’ouverture, une foule venue des quatre coins du Moyen-Ogooué a investi la Place des Fêtes. Familles, jeunes, anciens, autorités administratives et traditionnelles, acteurs culturels et visiteurs ont répondu à l’appel d’un rendez-vous appelé à s’inscrire durablement dans le calendrier culturel national.
En lançant cette manifestation, le maire de Lambaréné, Guy Pierre Biteghe, concrétisait l’un de ses engagements de campagne. Ce qui n’était encore qu’un projet est devenu, en quelques jours, une réalité fédératrice.
Le ton était donné avec un impressionnant défilé des groupes socioculturels, offrant au public une mosaïque de danses, de costumes traditionnels, de chants et de rites qui illustrent la richesse des peuples du Moyen-Ogooué. Une démonstration éloquente de la diversité culturelle qui fait la singularité de cette province.
Dans son discours, Guy Pierre Biteghe a invité l’assistance à observer une minute de silence en mémoire des disparus avant de rappeler que le Moyen-Ogooué est une terre de brassage où peuples autochtones et communautés venues d’ailleurs ont bâti, au fil du temps, une identité commune.
Pour le premier magistrat de la commune, la Fête des Cultures de l’Ogooué ne se limite pas à une succession de spectacles. Elle ambitionne de devenir un puissant levier de valorisation du patrimoine, de promotion du tourisme, de transmission des savoirs et de développement économique local.
« La culture est le véhicule de notre identité », a-t-il affirmé, tout en remerciant les partenaires, les mécènes, les associations et les bénévoles qui ont contribué au succès de cette première édition.
Tout au long des festivités, les visiteurs ont parcouru les stands d’exposition mettant en valeur l’artisanat local, dégusté les spécialités culinaires du terroir et assisté à des conférences-débats consacrées aux traditions, à l’histoire et aux enjeux de la préservation du patrimoine culturel gabonais.
Dans les mairies d’arrondissement comme sur les différents espaces d’animation, les spectacles de danse, les prestations musicales et les démonstrations de savoir-faire traditionnels se sont succédé, attirant un public nombreux et enthousiaste.
Au-delà de l’aspect festif, cette première édition a permis aux générations de se rencontrer autour d’une même mémoire collective, tout en offrant aux plus jeunes l’occasion de redécouvrir des pratiques et des expressions culturelles parfois méconnues.
Pour refermer cette parenthèse culturelle, les organisateurs avaient réservé un final à la hauteur des attentes. La soirée de clôture s’est achevée par un grand concert populaire qui a rassemblé une foule compacte dans une ambiance électrique.
Sur scène, des figures bien connues de la musique gabonaise, parmi lesquelles Stéphanie Afene, Thomos, Axel Agamboué, Michel Madingo, Agnès A et plusieurs autres artistes, ont enchaîné les prestations, revisitant avec talent des sonorités qui font partie de la mémoire collective des Gabonais. Les refrains, repris en chœur par un public conquis, les danses improvisées et l’enthousiasme communicatif des festivaliers ont offert un spectacle à la fois chaleureux et chargé d’émotion.
Cette communion entre les artistes et le public a constitué le point d’orgue d’une manifestation qui aura su rassembler les générations autour d’un même héritage culturel.
Pour une première édition, la Fête des Cultures de l’Ogooué aura largement dépassé les attentes. Par la qualité de son organisation, la diversité de sa programmation et l’engouement populaire qu’elle a suscité, elle s’impose déjà comme un événement culturel majeur au Gabon.
Lambaréné vient ainsi de poser les bases d’un rendez-vous appelé à grandir au fil des années, avec l’ambition de faire de la ville une vitrine incontournable de la richesse culturelle de l’Ogooué et, plus largement, du patrimoine gabonais.
Par Rodrigue Adjé



