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Maganga Moussavou humilié en Guinée Equatoriale

Dans le cadre de la 5è étape de la course cycliste Amissa Bongo, qui est passée par la ville de Mongomo, dont le président Obiang Nguema est originaire, Pierre Claver Maganga Moussavou y a effectué le déplacement le 25 janvier dernier. Au lieu d’être reçu par les autorités de son rang, c’est plutôt le Premier ministre qui lui a été envoyé par les Obiang père (président) et fils (vice-président) de ce pays. Quel discrédit !

Le passage par la ville de Mongomo (Guinée Équatoriale) de la 5è étape de la 14è édition de la Tropicale Amissa Bongo a été annoncé par la junte comme un moment historique et exceptionnel pour les deux pays. Et pour marquer l’événement, à un moment où la junte a besoin d’amis dans la sous-région pour gérer la période post-Ali Bongo, les grands moyens de l’Etat ont été mis en place pour aller sur place, sur le sol équato-guinéen (Bitam-Mongomo : 126 km), afin de montrer que les relations entre les deux pays sont excellentes. En effet, les autorités politiques du Gabon ont annoncé leur présence à la tribune officielle de cette ville. En tête desquelles le vice-président de la République Pierre-Claver Maganga Moussavou, chef de la délégation gabonaise. Il était accompagné du ministre d’État en charge des Sports, Alain-Claude Bilie-By-Nze, de Tony Ondo Mba, ministre gabonais de l’Eau et de l’Energie, du ministre délégué aux Sports, Arsène Édouard Nkoghe, et aussi du gouverneur du Woleu-Ntem, Joël Ogouma, ainsi qu’Igor Simard, l’administrateur du FNDS. Sans aucun doute, Magaganga Moussavou, qui a atteint le sommet de son destin depuis la chute du régime le 24 octobre 2018 en devenant l’interface officielle du régime, chose impensable dans sa vie d’opposant façon-façon qu’il a toujours été depuis les années 1990, a cru, comme les autres membres de sa délégation, que l’accueil allait être de taille. Et tous ceux qui connaissent le fonctionnement réel de ce petit Etat pétrolier familial d’Afrique centrale, un évènement n’est important que si au moins l’un des membres de la troïka qui le gouverne y est présent : Le capitaine-général Obiang Nguema Mbasogo, chef de l’Etat, son fils Théodorin Obiang Nguema, le vice-président de la République, ou le « Délégado del estado » Armengol Ondo Nguema. Accessoirement, un certain général Mba Nguema, autre cadet d’Obiang Nguema, peut être là pour représenter le pouvoir d’Etat. En dehors de ces personnalités, une visite diplomatique, même conduite par le pape, n’a pas d’importance en Guinée Equatoriale.
C’est ainsi que Magaganga Moussavou et sa bande se sont rendus à Mongomo, rassurés qu’ils seront pris en charge selon leurs grades et qualités. Mais, contre toute attente, c’est le Premier ministre de Guinée Equatoriale que les Obiang, aux commandes du pays, leur ont envoyé. De surcroît pour un évènement qui se déroule sur place à Mongomo, fief familial et politique des Obiang.
En effet, comment ou pourquoi un pays comme la Guinée Equatoriale, qui a un président de la République et un vice-président, voire un délégado del estado (sorte de fondé de pouvoir dans le pays en lieu et place du président de la République), peut-il avoir banalisé ainsi l’arrivée à Mongomo d’une aussi forte délégation gabonaise sur leur sol ? Il n’y a, à proprement parler, que deux raisons. La première est que le contexte de ce déplacement (une course cycliste) ne les a vraiment pas accrochés. La deuxième est que les Equato-guinéens ont estimé que, en l’absence de Boa et connaissant la réalité de ce qui se trame au Gabon, il n’y avait pas lieu de faire des vagues pour accueillir des imposteurs en quête de légitimité dans la sous-région. Théodorin Nguema Obiang aurait pu cadrer son agenda pour aller accueillir son homologue vice-président du Gabon; tout comme le père aurait pu lui-même, pour rehausser ce pseudo évènement, effectuer le déplacement. Le pouvoir de Malabo, un véritable pouvoir au sens traditionnel du terme, a donc rejeté diplomatiquement l’offre, au dernier moment, d’accueillir la Tropicale Amissa Bongo, jugeant le contexte inapproprié, voire ridicule. Et comme ils savent faire les choses chez eux pour prémunir leur dignité, que d’aucuns, au Gabon, ont perdue par cupidité et illettrisme patriotique, ils ont préféré envoyé un Premier ministre.

 

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