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Spoliation des orphelins du défunt Bengou-Makaya Paulin : Comme une odeur de magouille au tribunal de Libreville

Bengou-Makaya Paul de son vivant.

Les rejetons de feu Bengou-Makaya Paulin ne savent plus à quel saint se vouer, tant ils sont encore groggy par le coup fumant que leur a infligé leur belle-mère, veuve Bengou, née Nzagoubounga Léontine Claire, qui a réussi l’exploit d’obtenir du tribunal de première instance de Libreville deux décisions différentes d’homologation du procès-verbal du conseil successoral le même jour par le même tribunal.

L’affaire peut prêter à rire, mais aussi à pleurer selon qu’on se trouve du côté de la veuve effarouchée ou des orphelins spoliés. Pour la petite histoire, comme tout homme responsable, Paulin Bengou-Makaya, qui sa vie durant, a travaillé pour le futur de sa progéniture, a laissé, à son décès, le 17 juillet 2016, un patrimoine considérable. Patrimoine qui, théoriquement, aurait pu mettre à l’abri du besoin la veuve et les orphelins. Jusque-là, rien d’anormal.
En date du 19 décembre 2016, la veuve introduit au tribunal de première instance de Libreville une demande d’homologation du procès-verbal successoral. Le 24 février 2017, soit deux mois après, le tribunal rend sa décision où on peut y lire dans le dispositif : « Par ces motifs : statuant contradictoirement en matière civile gracieuse et en premier ressort, tous les héritiers de la succession ayant comparu en audience en cabinet devant le juge ; homologue le procès-verbal du conseil successoral réuni à Libreville, le 19 décembre 2016, suite au décès de Bengou Makaya Paulin ;
Conformément audit procès-verbal :
Désigne dame Bengou, née Nzagoubounga Léontine Claire, et dame Diahou Nadia Romyline, veuve et fille du cujus, en qualité de mandataires familiaux de la succession… ».
C’est donc satisfait que les héritiers quittent le tribunal de Libreville. Seul hic, personne n’a en sa possession la décision que vient de rendre le juge Gina Audrey Ntame Effaga, vice-président du tribunal.
A également apposé sa signature, dame Malanda Carine Nicoletta, greffier civil. La décision de justice est inscrite au répertoire n° 119/2016-2017.
Voilà qu’à la suite de la douleur causée par la disparition de leur père, les enfants Bengou vont se voir infliger une autre douleur par celle-là même qui a partagé la vie de leur père, la veuve Bengou Léontine. Il se trouve qu’on ne sait pas trop par quel tour de passe-passe cette dernière a sortir le grand jeu en réussissant à truquer la première décision du tribunal pour remettre à sa co-mandataire une autre décision identique, sauf que sur cette dernière décision extraordinaire, signée du seul greffier civil, dame Malanda, le nom de dame Diahou Nadia Romyline a miraculeusement disparu pour être remplacé, chose illégale et invraisemblable, par celui de Koumba Mathieu, le frère du défunt et oncle des orphelins. Pire, la durée du mandat, fixée primitivement à 24 mois dans l’ancienne décision, est ramenée à 18 mois. Magouille quant tu nous tiens !…
Question : au regard des dispositions du code civil nouveau, les oncles font-ils encore partie des héritiers légaux ? On en doute. En outre, par quel miracle la veuve a-t-elle pu se procurer deux décisions différentes pour spolier les enfants laissés par son défunt mari, donc ses propres enfants, même si elle n’en est pas la génitrice ?
Voilà un dossier qui doit intéresser au premier point le ministère des Affaires sociales qui devrait le regarder de plus près. Mais aussi le ministère de la Justice qui, logiquement, devrait ouvrir une enquête interne pour comprendre comment une même instance peut produire le même jour une même décision avec des modifications de taille. A ce niveau, le greffier civil, Maître Carine Nicoletta Malanda, devrait dire quelque chose, vu que sa signature apparait dans les deux décisions. On pourra également interpeller la première dame, Sylvia Bongo, qui fait du dossier des veuves et des orphelins une priorité…
Quoi qu’il en soit, les enfants de feu Bengou Makaya Paulin sont actuellement dans une situation de fragilité. Les autorités administratives et juridiques devraient travailler pour leur rendre justice au nom du respect de la mémoire de leur défunt père.

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